‹ Dictionnaire érotique moderneChapitre 30 sur 80 · L. PROTAT.

L. PROTAT.

GAMIN (Faire le). Quand une femme a bien fait la patte d’araignée, collé un joli bécot sur le bout du vit d’un homme, quand, enfin, elle a usé de toutes les _gamineries_ capables de le faire bander, elle n’a plus qu’à s’enfourcher sur le glorieux priape façonné par elle,—pour elle.—Alors: Hue! dada!... notre _gamin_ allant au trot, puis au galop: patatrot, patatrot!—comme s’il sautait sur les genoux de son grand-père,—se bourre le vagin à sa fantaisie, jusqu’à ce que plaisir s’ensuivant, le cavalier tombe épuisé sur sa monture.—C’est du nanan!—Voir le _Tire-bouchon américain_.

GANDIN. Imbécile bien mis qui paie les filles pour qu’elles se moquent de lui avec leurs amants de cœur.

Il reste une consolation aux gandins qui grappillent dans les vignes amoureuses après ces maraudeurs de la première heure, c’est de se dire:

_Qu’importe le flacon, pourvu qu’on ait l’ivresse!_

A. DELVAU.

_Nous soupions au sortir au bal. Quelques gandins, Portant des favoris découpés en jardins, Faisaient assaut d’esprit avec des femmes rousses._

TH. DE BANVILLE.

GANTS. Ce qu’on donne aux femmes galantes comme supplément au prix convenu pour les baiser, qu’elles vous demandent avant de vous ouvrir leurs cuisses et qu’il est prudent de ne leur donner qu’après avoir joui—si elles vous ont fait jouir. Ce sont nos anciennes _épingles_, la _drinkgeld_ des Flamands, le _paraguantes_ des Espagnols et la _buona mancia_ des Italiens—à propos de laquelle on pourrait dire, avec Rabelais, que ces sortes de femmes aiment mieux la manche que le bras.

_Leurs vêtements sont élégants, Mais toujours quelque chose y cloche: Dans leur bourse elles ont leurs gants, Et leur corset est dans leur poche._

A. DELVAU.

Employé dans un sens obscène pour désigner la virginité.

Elle fit toutes les grimaces que ses parents lui avaient dit de faire, pour lui faire croire qu’il en avait eu les gants.

(_La France galante._)

_Mainte fille a perdu ses gants._

LA FONTAINE.

Je puis donc m’attendre, dit Potiron, que si j’épouse cette demoiselle, je n’en aurai pas les gants.

VOISENON.

GANYMÈDE. Ce que l’on nommait anciennement un giton et que les Parisiens appellent une _tante_.

GARCE. Mot qui, dans le vieux langage, a signifié fille pucelle, et qui, dans le langage moderne, signifie—tout le contraire.

_Car il n’affiert à garces diffamées, User des droits de vierges bien famées._