CL. MAROT.
_Allons, la garce, haut la quille! Mon vit est crânement drissé._
A. KARR.
GARDE NATIONALE (Être de la). Avoir des habitudes pédérastiques.
Il s’approche, je crois qu’il en veut à ma montre que je m’empresse de préserver; il s’approche davantage, avance sournoisement la main vers l’objet chéri des dames: je vis qu’il était de la garde nationale, et alors...
J. LE VALLOIS.
GARS À POIL. Homme qui a des couilles au cul et passe pour un rude jouteur.
... Mon aîné?... c’est un gars à poil, et qui vous a une vraie pine de famille. Il foutra votre femme, vos deux filles, et vous enculera par-dessus le marché, histoire de dire qu’il a mis un pied chez vous.
(_Les Deux Beaux-Pères._)
GAUPE. Fille légère—comme chausson.
GAZON DE LA FEMME. Les poils de sa motte.
_Nature t’a fourni un corsage bien fait, Mais un con refrogné, dont l’ouverture ronde Assise est platement et sans aucun gazon._
THÉOPHILE.
_Mais nos peintres, tondant leurs toiles Comme des marbres de Paros, Fauchent sur les beaux corps sans voiles Le gazon où s’assied Eros._
TH. GAUTIER.
GENDARME. Concubine ou femme légitime qui, toujours pendue au bras de son _homme_, ou sur ses talons, le suit partout—et quand même.
GÉNITEUR. Homme qui ne peut baiser une femme sans lui faire un enfant,—_genitor_.
GÉNITOIRES. Les couilles, qui contiennent la liqueur de la génération.
Mes doigts, légèrement promenés sur les fesses, les cuisses et les génitoires de l’Adonis, paraissaient lui faire grand plaisir.—Oh! oui, comme cela, chatouille, mon petit ange, chatouille-les bien!...
A. DE NERCIAT.
Et le montrait, voyant tout chacun ses génitoires.
(_Les Cent Nouvelles nouvelles._)
_Un roi dans les grecques histoires, Sachant des siens la trahison, Voulut, pour en tirer raison, Qu’on leur coupât les génitoires._
(_Cabinet satyrique._)
GENTILLE (Être bien). Bien arranger un homme, le faire jouir à gogo.
Joli garçon, viens avec moi, tu ne t’en repentiras pas... je serai bien gentille...
LEMERCIER DE NEUVILLE.
GENTILLE AU DODO (Être bien). Promesse que vous fait une fille en vous raccrochant; cela consiste à vous faire jouir comme jamais vous n’avez joui avec aucune femme, soit en vous suçant, soit en vous branlant, soit en se laissant enculer par vous, soit en vous faisant postillon pendant que vous la foutez,—et tout cela pour arriver à vous faire tirer un pauvre petit coup de deux liards qui ne vous remue pas autant que le premier baiser de votre première bonne amie.
GIBERNE. Le fessier d’une femme, qui est, si on le veut, une boîte à cartouches. Allusion à la place ordinaire de la giberne.
Elle a une crâne giberne, ton adorée, faut lui rendre justice. Tout est-il à elle, dis?
CHARLES MONSELET.
GIBIER D’AMOUR. Jolie fille que l’on chasse—pour mieux la tenir et la posséder.
_Vrai gibier d’amour, Colette, Par moi fut prise au collet._
VAUBERTRAND.
GIBIER DE BORDEL. Petite drôlesse qui fréquente avec les polissons de son âge, en attendant que les vieux polissons fréquentent avec elle,—ce qui la conduira fatalement au bordel.
GIBIER DE SAINT-LAZARE. Fille publique, qui mérite toujours, peu ou prou, d’aller passer quelques jours ou quelques mois dans cette prison.
GIGOLETTE. Drôlesse de quinze à seize ans qui débute dans la vie en même temps que dans le vice et qui est du bois—pourri—dont on fait les putains.
La gigolette est une adolescente, une muliéricule... qui tient le milieu entre la grisette et la gandine,—moitié ouvrière et moitié fille.
A. DELVAU.
GIGOLO. Le mâle de la gigolette—comme le pierrot est celui de pierrette, comme le maquereau celui de la maquerelle.
Le gigolo est un adolescent, un petit homme... qui tient le milieu entre Chérubin et don Juan,—moitié nigaud et moitié greluchon.
A. DELVAU.
GIGOTS SANS MANCHE. Les cuisses et les fesses d’une femme, qui n’ont de manche que le vit que l’on peut y mettre.
_De Montrouge un noir habitant Repoussant la jeune Glycère Qui veut le conduire à Cythère, Lui dit:—A Sodome on m’attend. Vous avez la peau fine et blanche; Mais un certain défaut vous nuit: Apprenez qu’un gigot sans manche A notre four n’a jamais cuit._
BLONDEL.
GIGOTTER. Remuer, saccader, osciller et jouer des reins; danser la gigue sur les reins, ayant un homme entre les cuisses.—Dans un autre cas, on dit gigotter, pour manger du gigot. D’où cette facétie:
J’aime le lapin; ma femme préfère le gigot. Or, quand nous dînons dehors, chacun son goût: je prends mon plat de chat, mon lapin, et elle son gigot.—Quand je _lapine_, ma femme _gigotte_.
GIMBLETTE (Faire la). Se donner mutuellement des douceurs, entre pensionnaires:—se masturber.—Dans le tableau de Frago, c’est une jeune fille qui se fait lécher le con par un chien qu’elle attire avec une gimblette (petite pâtisserie appelée ainsi).
GITON. Fils d’Hermès et d’Aphrodite, d’après M. de Chompré—qui avait lu le _Satyricon_ de Pétrone; nom du jeune homme qui est devenu celui de tous les jeunes hommes—du même sexe que celui qui servait aux plaisirs d’Ascylte et d’Encolpe.
_Pour dérouter mon amant Du goût qui l’attache, De son giton prudemment Je prends quelquefois la tâche, Quoiqu’il soit bien dur au con Qu’on foute son compagnon Jusque sous sa moustache!_
COLLÉ.
GLAIRE. Sperme qui sort du membre viril, et qui ressemble, en effet, à une spermosité crachée par le trou de la pine.—On dit aussi: _Pousser son glaire_, pour introduire son membre dans la nature de la femme.
GLAND. La partie supérieure du membre viril,—ainsi nommée à cause de son exacte ressemblance avec le fruit du chêne et du hêtre. On prend souvent cette partie du membre pour le membre lui-même.
_Comme le gland d’un vieux qui baise Flotte son téton ravagé._
ANONYME.
GLOBES (Les). Les tétons, sur lesquels les lèvres voyagent sans se lasser;—quelquefois les fesses ou les testicules.
_Et sa gorge charmante, au lieu d’être enfermée Dans un affreux corset qui l’aurait déformée, Montrant à découvert ses deux globes polis, Se tenait d’elle-même et sans faire aucuns plis._