‹ Dictionnaire érotique moderneChapitre 40 sur 80 · L. DE NEUVILLE.

L. DE NEUVILLE.

MADAME. Nom que les filles d’un bordel donnent à leur abbesse, pour laquelle elles ont le respect qu’elles n’auront jamais pour la vertu.

Ce sont nos petits bénéfices, à nous, pauvres filles... Madame nous prend tout et ne nous laisse rien.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

MADAME MANICON. Surnom que le populaire donne volontiers aux sages-femmes,—on devine pourquoi.

MAGASIN DE BLANC. Bordel—où l’on dépose en effet des quantités considérables de sperme.

MAIN EXPERTE (Avoir la). Savoir bien branler les hommes, chose difficile, en effet, et pour laquelle toute femme galante doit faire un apprentissage fort long et très minutieux,—manutieux, dirait Commerson.

J’ai les deux mains expertes, Entrez dans mon boudoir.

A. MONTÉMONT.

MAIN LÉGÈRE (Avoir la). Se dit d’une femme versée dans l’art de la volupté, qui branle un homme avec une telle dextérité qu’il jouit sans savoir à quoi attribuer sa jouissance, à une bouche ou à une main.

MAISON À GROS NUMÉRO. C’est le Lupanar des anciens et le Bordel des modernes. Sur le premier étaient peintes les armes parlantes du dieu de Lampsaque—une pine gigantesque et ses deux agréments. Sur le second est peint un énorme numéro qui engage les passants libertins à y entrer.

C’est l’infecte maison où l’effroi se promène, L’auberge dont l’enseigne est un gros numéro.

A. GLATIGNY.

MAISON À PARTIES ou DE PASSE. Maison particulière, d’apparence honnête, où les filles libres viennent tirer leurs coups avec les michés qu’elles ont levés en route.

MAISON DE TOLÉRANCE. Bordel, que non-seulement la préfecture de police tolère, mais encore qu’elle autorise pour la satisfaction des besoins du public célibataire—et surtout marié.

MAÎTRE-AUTEL. Le mont de Vénus, universel objet d’adoration de la part des fidèles qui y voient resplendir leur Dieu—ou plutôt leur déesse.

Elle est belle, ma Joséphine! elle a un chouette maître-autel!... un riche tabernacle!...

TISSERAND.

MAÎTRESSE. Fille ou femme dont on est le maître,—quand on n’en est pas l’esclave battu, cocu et content; épouse illégitime à laquelle on est plus fidèle qu’à l’épouse légitime, et qui se moque de vous tout autant que celle-ci; la femelle du marlou.

Le maître de quelques-unes, c’est leur mari, espérons-le, pour l’honneur de la morale; le maître d’un plus grand nombre, c’est leur caprice; le maître de toutes, c’est leur luxe... Quant à l’amant, il n’en saurait être question ici... D’ailleurs, quand une femme a un amant, elle est sa maîtresse: ce n’est donc pas lui qui en est le maître.

H. DE PÈNE.

Pour la femme, soyez bon! Prouvez-lui votre tendresse! C’est ce bougre de Léon Qu’est l’amant de ma maîtresse.

G. NADAUD.

Et moi, nom d’un... quoi que j’ possède?... Un pantalon, qu’ le commissaire m’a déjà fait dire qu’on voyait c’ que j’ portais; des gilets, j’en manque, j’en ai jamais évu avec toi: des bottes qui r’niflent, quand j’ marche pas sus ses tiges... Et j’ai une maîtresse!

H. MONNIER.

MALADIE (La). C’est celle qui n’a pas besoin de nom—quoiqu’elle en ait un—pour être sue de ceux qui lisent les affiches des Charles-Albert, des Giraudeau de Saint-Gervais, des Ollivier, et autres Fontanaroses modernes. C’est celle que Pline appelait morbus sonticus, et Celse major morbus!

Le soir, ils vont voir des gueuses Qu’ils baisent dessus leurs lits. Pour leurs femm’s (les malheureuses!) Ils y donn’nt la maladie.

GUICHARDET.

MÂLE (Le). L’homme.

Je préfère en amour une certaine pose: Le mâle, sur le dos, sous la femme est placé.

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