‹ Dictionnaire érotique moderneChapitre 5 sur 80 · V. MILLAN.

V. MILLAN.

BAUME DE VIE (_ou de vit_). La semence de l’homme,—que donne le _vit_ et qui donne la _vie_.

C’était pour me procurer mille morts délicieuses, qu’il ménageait avec art ce baume précieux qui donne la vie.

(_Félicia._)

BAZAR. Bordel,—qui est en effet un endroit où l’on expose la femme comme marchandise.

Je suis la patronne de ce bazar, la mère de dix-huit petites dames.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

BEAU CORPS (Elle a un). Se dit de toute femme laide de visage, quand on veut s’excuser d’avoir couché avec elle une fois ou d’y coucher tous les jours.

BEAUTÉ VÉNALE. Femme qui fait métier et marchandise de ce qu’elle devrait donner pour rien,—l’homme, après tout, ne faisant pas payer les services de sa pine, qui valent bien ceux du con.

_O vous, vénales beautés A l’humeur aventurière, Vainement vous présentez Le devant ou le derrière A l’abbé La Bédollière, L’abbé Qui sera flambé._

EMILE DE LA BÉDOLLIÈRE.

BEAUTÉS OCCIDENTALES. Les fesses d’une femme, dont les tétons sont les beautés orientales.

BEAUTÉS POSTÉRIEURES. Les fesses.

Le grand camarade, tourmenté de ses désirs, se mettait préalablement au fait des beautés postérieures de la soubrette... et cherchait à s’établir en levrette, mais de petits coups de cul le dénichaient comme sans dessein.

(_Mon noviciat._)

BÉBÉ. Nom d’amitié que les filles donnent depuis quelques années aux hommes avec qui elles baisent,—maquereaux ou michés.

Théodore, c’est mon bébé; M. Martin, c’est mon monsieur.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

_Un mot dont on nous favorise, Mot aux nourrices dérobé, C’est, aurait-on la barbe grise: —Comment ça va? Bonjour, bébé._

FR. DE COURCY.

BÉCOT (Donner un). Baiser la tête d’un vit comme on baise le bec d’une clarinette. Cette aimable action ne faisant aucun bruit, on peut aller longtemps: d’abord _moderato_, puis _allegretto_, _vivace_..... chaque pause vaut un soupir.

_Et quand je lui donne un bécot, Comme il lève la tête, Jacquot!_

AL. DALÈS.

BÉCOTTER. Donner des bécots.

_Petit bossu Noir et tortu, Qui me bécottes Et fripes mes cottes; Petit bossu, noir et tortu, De me baiser, finiras-tu?_

BÉRANGER.

BÉGUIN (Avoir un). Avoir envie de coucher avec un homme lorsqu’on est femme, avec une femme lorsqu’on est homme.

Ah! je ne sais pas quand il se passera, mais j’ai un fier béguin pour toi, va!

LEMERCIER DE NEUVILLE.

BELINER. Faire l’acte vénérien, l’acte bestial par excellence,—_belluinus_.

BELLE EN CUISSES. Galanterie que les gens du peuple adressent volontiers à une femme—dont ils n’ont pas encore relevé la robe.

J’ prendrais bien quéque chose, moi... Et toi, la belle en cuisses?

LEMERCIER DE NEUVILLE.

BELLE ENFANT. Nom que l’on donne à une jolie fille, tant qu’elle est en âge de faire _l’enfant_, ou de faire _un enfant_.

_Ma belle enfant!_

Cette expression se trouve dans tous les drames possibles et impossibles, depuis la _Pie voleuse_, jusqu’à la _Grâce de Dieu_, etc., etc. Dans cette dernière pièce, elle s’adresse à mademoiselle Clarisse Miroy, qui a 46 ans et est grosse comme mademoiselle Georges:—_La belle enfant!_

BELLE SOUS LE LINGE (Être). Ne rien perdre de ses séductions en se mettant nue devant un homme qui vous a trouvée belle habillée.

Il y avait à côté de son nom: bonne créature, assez belle sous le linge, mais gauche et sans mouvement.

LA POPELINIÈRE.

BELUTER. Faire l’acte copulatif, pendant lequel on remue beaucoup,—_volutare_.

BÉNIR DES PIEDS. Se dit des spasmes amoureux, pendant lesquels l’homme et la femme gigotent des jambes, comme s’ils voulaient envoyer leur bénédiction _urbi et orbi_.

BÉNITIER. La nature de la femme, que nous emplissons de sperme bénit—par elle.

_Je crois bien que notre gros vicaire Aura mis le doigt au bénitier._

BÉRANGER.

_... Aussi, ma foi, Laissez-moi mettre un doigt Au bénitier de ma belle Lise._

EMM. DELORME.

BÉQUILLE DU PÈRE BARNABA (La). Le membre viril de tous les hommes, sur lequel s’appuient si volontiers toutes les femmes. Expression employée dès l’époque de la régence dans de nombreuses chansons.

_J’ai perdu ma béquille, S’écriait Barnaba; Quelle est l’honnête fille Qui la rapportera?_

COLLÉ.

_Marc une béquille avoit Faite en fourche, et de manière Qu’à la fois elle trouvoit L’œillet et la boutonnière._

GRÉCOURT.

BERLINGOT. Le membre viril.

BESACE. Tétons flasques et pendants, comme une besace dont les toiles se touchent; ou bien le ventre d’une fille enceinte.

_Finalement, v’là Boniface Qui s’ présente et veut m’épouser: Comme il faut qu’ chacun port’ sa b’sace, Je m’ promets bien d’ l’utiliser. Un mal de cœur, suit’ d’un’ scène amoureuse, Rendit bientôt ma position chanceuse..._

PH. VIONET.

BESOGNE. L’acte vénérien, que nous accomplissons sans douleur—mais non sans fatigue. C’est ce que Fourier appelle le _travail attrayant_.

Quand ils ont bien travaillé et qu’ils sont saouls de la besogne.

TABARIN.

_De le faire cent coups, voire à beau cul levé, Avec votre Brillant, qui besogne en crevé._

TROTTEREL.

_La belle en train de bien apprendre, Serrait Lucas, qui, las de besogner, Par un air abattu lui fit assez comprendre Qu’on ne peut toujours enseigner._

VIDA.

BESTIALITÉ. Crime honteux que l’on commet avec une bête.

«Rien ne fut plus commun au moyen-âge que ce crime que l’on punissait de mort quand il était patent et confirmé par le tribunal.—Les registres du Parlement sont remplis de ces malheureux qu’on brûlait avec leur chien, avec leur chèvre, avec leur vache, avec leur pourceau, avec leur oie!—On aurait volontiers pardonné à la bête plutôt qu’à l’homme; mais on la tuait de peur qu’elle ne vint à engendrer un monstrueux assemblage de la bête et de l’homme.»

PIERRE DUFOUR.

La lutte s’engage, les coups se portent, la bête devient l’égale de l’homme, Sainte est embestialisée... ensinginée.

ALFRED DE MUSSET. (_Gamiani._)

BÊTE (La). La femme,—après l’homme.

_Le plus sot animal, à mon avis, c’est l’homme._

BOILEAU.

_Si je veux croire les railleurs, Elle a fort peu de cheveux à la tête; Les sujets qu’on en dit ne sont pas des meilleurs; Ce n’est pas bien l’endroit par où j’ai vu la bête, Mais elle en a beaucoup ailleurs Où elle est souvent arrosée Par la plus douce des liqueurs._

(_Le Zombi du grand Pérou._)

_Ciel! poursuit-il, quand est-ce qu’on Pourra désabuser le monde De foutre ces bêtes à con Des animaux le plus immonde._

COLLÉ.

BÊTE À DEUX DOS (Faire la). Faire l’acte vénérien, pendant lequel les deux fouteurs, collés ensemble par le ventre, ont l’air de n’avoir que des dos.—L’expression a de l’usage. Coquillart s’en est servi, Rabelais après lui, et, après Rabelais, Shakespeare—dans la première scène d’_Othello_:

Your daughter and the Moor are now making _the beast with two backs_...

On s’en sert toujours avec avantage dans la conversation.

BÊTISES (Dire des). Tenir des propos gaillards, qui font rougir—et godiller—les dames.

BÊTISES (Faire des). Patiner une femme, peloter un homme; baiser; sodomiser.

Sois bien sage et bien raisonnable, mais pas trop cochon; si nous voulons, nous ferons des bêtises.

H. MONNIER.

_Lors le prélat, relevant son étole, Après m’avoir caressé le menton, M’ fit des bêtis’s au pied du Capitole: J’ai, mes amis, toujours été cochon._

(_Parnasse satyrique._)

BIBI. Jouvenceau, mignon qui sert aux plaisirs libertins des vieillards—le _giton_ du Satyricon, le _Ganymède_ de Jupiter, l’_officiosus_ des bains publics, à Rome;—ou mignon de dame.

BIBITE. Le membre viril—quand il n’est plus ou quand il n’est pas encore assez viril.

_Ta pine n’est plus qu’une humble bibite Indigne d’entrer dans mon entonnoir._

ANONYME.

... _Il est appelé... La bibite au petit par la bonne d’enfant._

LOUIS PROTAT.

BICHETTE. Le membre viril,—ou plutôt, pour lui restituer son véritable sexe, la pine.—Cette expression, maintenant répandue à Paris, appartient à Nadar, à qui l’on prête des conversations intimes avec Mlle Bichette. Un couplet d’Alexandre Pothey la consacre:

_Avis aux dam’s! qu’on se le dise! Nadar a l’ sac, et pour de bon! Le Monstre Vert, Frisette, Élise, Jusqu’à l’antique Pavillon, Pour célébrer ce jour de fête, S’en vont fair’ la cour à Bichette! D’être avalée elle a le trac! Nadar a l’ sac!_

BICHON. Jeune homme qui sert aux plaisirs d’un homme mûr. C’est le giton moderne.—C’est aussi l’amant de cœur, le petit chien complaisant des femmes qui aiment à se faire _bichonner_, c’est-à-dire, lécher le cul.

BIDAULT. Vieux mot hors d’usage employé dans un sens obscène pour désigner:

1º Le membre viril.

Celle-là vouloit bien avoir de vous autre chose que le bidault.

P. DE LARIVEY.

2º La nature de la femme.

_Si j’avois vu votre bidault, Je serois guéri, ce me semble, Mais pour voir un peu s’il ressemble A celui de ma ménagère._

(_Farces et Moralités._)

BIDET. 1º Cuvette de forme ovale, ordinairement enchâssée dans un tabouret de même forme, au-dessus de laquelle la femme se place à califourchon pour se laver—après le coït.—Ce meuble indispensable, essentiel, était connu des Romains, qui se lavaient _post rem veneream, et quasi religiose_. Sa forme était à peu près la même qu’aujourd’hui.

_Des coups de Pincecul, quelques coups de bidet, Enlèveront bientôt, et la trace, et l’effet._

LOUIS PROTAT.

_Femme prudente se sauve, A dada sur son bidet._

A. JACQUEMART.

2º Le membre viril, dada que les femmes enfourchent pour aller au bonheur.

_Il est d’une vigueur que rien ne peut abattre Que ce drôle était bien mon fait! Trois fois sans débrider il poussa son bidet._

(_Les Plaisirs du cloître._)

_A dada, à dada, A dada sur mon bidet._

JACQUEMART.

_Il la jeta d’abord sur sa couchette, Lui présenta son pétulant bidet._

(_Le Cosmopolite._)

_Chaque père en voyant cette jeune fillette, Sent son bidet tout prêt à rompre sa gourmette._

PIRON.

BIEN SERVIR UN HOMME. Le faire bien jouir par des mouvements de croupe habiles et par toutes les fioritures amoureuses connues des femmes savantes.

_Les dames de nos bourgeois, Et j’en eus vingt dans un mois, M’auraient mieux servi cent fois._

BÉRANGER.

BIGARREAU ROUGE (Le). Le gland, lorsqu’il n’est plus recouvert par la peau du prépuce et qu’il montre aux regards des jeunes filles sa tête chauve, source de volupté pour elles.

A force de se bander comme je dis, il y a une peau vers le haut qui se retire contre le ventre et découvre une tête qui est faite comme un gros bigarreau rouge.

MILILOT.

BIJOU. La nature de la femme, pour l’homme; le membre viril, pour la femme,—deux choses précieuses.

_Qu’il soit pauvre, avare ou brutal, Un père au moins donne à sa fille Pour en jouir, soit bien, soit mal, Un petit bijou de famille._

E. DEBRAUX.

_Non, je l’avoue; aussi je te rends grâce, Lui dit-il, en tirant un vigoureux bijou._

VADÉ.

_Répondez-moi, tendres amis des dames, Si vous me manquiez du plus beau des bijoux, Par quels moyens, hélas! leur plairiez-vous?_

E. T. SIMON.

BIJOU ARTIFICIEL. Phallus de cuir,—_vulgo_ godemiché.

_J’ai des bijoux artificiels D’une forte structure Qui, dans les cons superficiels Remplacent la nature._

(_Chansons anonymes modernes._)

_Certain bijou, qui d’un sexe chéri Offre l’image et le trait favori, Sert de Zoé la langueur amoureuse._

PARNY.

BISCOTTER UNE FEMME. La baiser, acte pendant lequel on se remue fortement,—de l’italien _scuotere_, étymologie tirée par les poils.

Il aimait mieux dépuceler cent filles que biscotter une veuve.

RABELAIS.

_Lucrèce fait bien de la sotte Et ne veut pas qu’on la biscotte._

THÉOPHILE.

C’est celui à qui l’on biscotte la femme.

NOEL DU FAIL.

BISSAC. La nature de la femme, qu’elle tend si fréquemment à l’homme, pour qu’il l’emplisse—de sperme.

_Le texte dit que foullando, En foulant et fesant zic, zac, Le galant se trouve au bissac._

(_Ancien Théâtre français._)

_Après cinq ou six bons mots Fait entrer Genfrey au bissac._

(_Farces et Moralités._)

BISTOQUER. Vieux mot hors d’usage, signifiant se servir du bistoquet, espèce de queue de billard, employé dans un sens obscène pour faire l’acte vénérien.

_Notre mignon lui répondit Que deux fois l’avait bistoquée._

(_Recueil de poésies françaises._)

_Mais au moins, dites-moi, l’a-t-il point bistoquée?_

P. DE LARIVEY.

BISTOQUETTE. La pine.

_Savez-vous, bons citadins, Ce que le dieu des jardins A bien plus gros que la tête? Turlurette, C’est la bistoquette._

LOUIS FESTEAU.

BLAGUES À TABAC. Se dit des tétons qui ne se tiennent pas assez.

_Ceux qui disent que les tétons Flottent au vent comme des vagues, Suzanne, sont des polissons: On voit bien que ce sont des blagues._

ANONYME.

BLANCHISSEUSE DE TUYAUX DE PIPE. Fille ou femme galante qui, d’une _pipe_ en terre rouge, fait en un tour de cul ou de main une _pipe_ en écume.

BLONDE. Maîtresse,—quelle que soit la couleur de ses cheveux ou de son poil.

_Puissé-je... Cramper dans le cul De ma blonde!_

EMILE DEBRAUX.

BLONDIN. Séducteur, quelle que soit la couleur de ses cheveux.

_L’autr’ jour, en rentrant chez moi, J’ trouv’ la clé dans la serrure... J’entre et j’ vois ma femm’ près d’un grand blondin, Tout autre aurait pris la mouche soudain..._

J. E. AUBRY.

_De certain blondin la binette Me faisait mazurker le cœur._

S. TOSTAIN.

BLOUSE. La nature de la femme, qui, au jeu de billard amoureux, reçoit les deux billes de l’homme—avec la queue.

_Que je voudrais avoir aussitôt un écu, Voire deux, voire trois, dans ma pauvre fouillouse, Comme on a mis de coups dedans votre belouse._

TROTTEREL.

BOBOSSE. Entreteneur, miché sérieux.

_Mais parlez-moi d’ ces vieux bobosses Qui sans façon vous font présent D’une guimbarde et de deux rosses: C’est du nanan._

ÉMILE DEBRAUX.

BOC, BOCAN, BOUCAN ou BOCARD. Bordel,—dans l’argot militaire ou populaire.—Voir aussi BOXON et BOUSIN.

_Le meilleur bocan du Marais Devient presque une solitude._

CYRANO DE BERGERAC.

_Chez la grosse Cateau, vas-tu donc au bocan?_

LA FONTAINE.

BOIRE AU GOULOT. Sucer un homme.

_Mais, grossier comme un matelot, Par le rustre je fus forcée De boire à même le goulot._

MARCILLAC.

BOIRE DANS LE MÊME VERRE. Baiser à plusieurs la même femme,—qui heureusement a le soin de se rincer après que chacun de ses amants a bu.

BOIRE SEUL. Se masturber, ce qui est jouir en égoïste, sans trinquer avec un vagin.

V’là que j’bande... Ah! n’ craignez rien... J’ n’ai jamais eu c’ défaut-là... Un Français ne... boit... jamais seul...

TISSERAND.

BOIRE UN COUP. Gamahucher une femme après l’avoir baisée, pour se préparer au second coup. La femme ne s’étant pas lavée, on est obligé d’ingurgiter le résultat de la première émission. Ce qui est _rentrer dans son bien_... avec intérêts. Voici à ce sujet une anecdote qui explique la chose:

M. Z., couché avec une actrice de la Comédie-Française, Mademoiselle X, avait déjà, courant la poste, fait une course... féconde. La fantaisie lui vint de gamahucher. Il invita donc la dame à passer au lavabo. Celle-ci, craignant le froid, ou ne tenant au sacrifice que pour plaire au sacrificateur, ne daigna pas se déranger, et, parodiant un vieux proverbe, elle s’écria en riant:

«Ah! bah!... quand le _coup_ est _tiré_, il faut _le boire_!»

BOÎTE. Sous-entendu: à jouissance, ou bien encore, boîte à pines. Fille publique.

BONDON. Employé dans un sens obscène pour désigner le membre viril.

A peine sont-elles aussi grandes qu’un tonneau qu’elles veulent avoir le bondon.

TABARIN.

_C’est mon tonneau, j’en porte le bondon._

VOLTAIRE.

BONHEUR. ALLER AU BONHEUR. Employé dans un sens obscène pour désigner l’acte vénérien.

Il ne répondit aux reproches qu’on lui faisait qu’en achevant son bonheur.

DIDEROT.

BONNEAU. Homme serviable qui se charge—moyennant finance—d’aplanir les difficultés que pourraient éprouver à se rencontrer une femme mariée et son amant. Son obligeance va même jusqu’à procurer des amants à celles et des maîtresses à ceux qui en désirent.

BONNE ENFANT (Être). C’est, pour une putain, se prêter à tous les caprices libertins de l’homme qu’elle a raccroché.

_Déboutonn’-toi, tu verras comme J’ s’rai bonne enfant: j’ t’amus’rai bien._

HENRY MONNIER.

BONNES FORTUNES. Coups qu’un homme tire avec le sexe: autant de femmes, autant de bonnes fortunes.

Une jeune fille dira sans rougir, d’un jeune homme:—Il a eu tant de bonnes fortunes.—Mais elle se croirait déshonorée si elle disait de lui:—Il a foutu tant de femmes. Et pourtant, c’est exactement la même chose.

A. FRANÇOIS.

_Chacun rencontre sa chacune, Nul ne fut sans bonne fortune._

VOITURE.

BONNET ou BONNET À POIL. La nature de la femme, que l’homme place sur la tête de son priape à la grande satisfaction de celui-ci. Il y a des bonnets pour toutes les têtes et des têtes pour tous les bonnets.

_Ma Lisa, ma Lisa, tiens bien ton bonnet._

E. DEBRAUX.

_Tu vas me dire, je le gage, Que la chaleur de ton bonnet Fera transpirer son... visage_

GUILLEMÉ.

_Un bonnet à poil, je te jure, Aujourd’hui ferait son bonheur; Pour faire admirer sa tournure, Coiffe mon petit voltigeur._

GUILLEMÉ.

_Mon ourson ne servit plus guère; Car, comm’ disait notre aumônier: J’ connais c’ pays qu’on prône, Novi, Florence, Ancône; Mais l’Italien, peu guerrier, Rarement coiffe—un bonnet d’ guernadier._

HENRI SIMON.

BONTÉS. Coups tirés avec un homme. Expression chaste, sens obscène.

Vous êtes un ingrat: je regrette d’avoir eu des bontés pour vous, et de vous avoir ainsi donné le droit de me mépriser.

J. DU BOYS.

BORDEL. Couvent de femmes qui ont fait vœu de lubricité. C’est le _ganea_ (γάνος, joie) des Anciens, ordinairement situé loin de la ville, et la _Borde_ (petite maison) des Modernes, située aussi dans la campagne, loin des regards indiscrets.

L’on envoie sa conscience au bordel, et l’on tient sa contenance en règle.

P. CHARRON.

_Misérable Philis, veux-tu vivre toujours Un pied dans le bordel, l’autre dans la taverne?_

MAYNARD.

_Cependant vengeons-nous Sur la grosse Cateau, qui tient bordel infâme._

LA FONTAINE.

BORDEL AMBULANT. Fiacre, dont les stores baissés permettent aux amoureux, qui l’ont pris à l’heure pour aller plus doucement, de faire leurs petites affaires de cul.

BORDELIER ou BORDELIÈRE. Homme ou femme qui hante les bordels.

BOSSOIRS (Les). Les tétons, par allusion aux deux grosses pièces de bois qui servent à suspendre et à hisser les ancres d’un navire et qui font saillie au-dessus de l’éperon, à l’avant.—D’où cette facétie libertine: «Les bossoirs (beaux soirs) font les belles nuits.»

_Rembarque-moi ces bossoirs, Quoi qu’ tu fais d’ ces morceaux d’ tripe?_

(_Parnasse satyrique._)

BOTTE FLORENTINE. Enculage d’un homme ou d’une femme,—par allusion aux habitudes pédérastiques, vraies ou supposées, des habitants de Florence, une façon de Sodome.

Peut-être aussi le plus bizarre de tous les goûts pour une femme... fait-il qu’elle ne prend aucune précaution contre la botte florentine qui pourrait la menacer.

(_Les Aphrodites._)

BOUCHE D’EN BAS (La). La nature de la femme,—si éloquente dans son langage muet.

D’autres femmes y a-t-il, qui ont la bouche de là si pâle, qu’on dirait qu’elles y ont la fièvre.

BRANTÔME.

_Pour récompenser mon mérite, Arrachant les dents bien à point, Permettez que je vous visite Votre bouche qui n’en a point._

(_Cabinet satyrique._)

BOUCHE IMPURE (La). Le trou du cul,—qui parle plus souvent qu’on ne voudrait, et dont le langage n’est en odeur de sainteté qu’auprès des pédérastes.

Déjà le comte, dans un moment de délire assaisonné des exclamations les plus passionnées, est allé jusqu’à déposer un baiser fixe et mouillant sur cette bouche impure de laquelle, en pareil cas, il serait disgracieux d’obtenir un soupir.

ANDRÉA DE NERCIAT.

BOUCHÈRE EN CHAMBRE. Fille ou femme galante, qui pèse la viande—masculine—avec la main.

BOUCHERIE. Bordel, où abondent les gros morceaux de viande,—humaine.

Je vais connaître cette maison et savoir quelle viande il y a à son étal, à cette boucherie-là.

LEMERCIER DE NEUVILLE.

BOUCHER LA SERRURE. Mastiquer le vagin de la femme à force de décharger dedans, et le rendre impropre à la fécondation.

BOUCHER UN TROU, UNE BRÈCHE, UNE FENTE. Introduire le membre viril dans le vagin d’une femme, sous prétexte d’en mastiquer les fissures.

_Plus loin, j’ trouvons madam’ vot’ mère Sous not’ aumônier Goupillon; J’ dis: Vous bouchez un’ brèch’, not’ père, Par où pass’rait un bataillon._

BÉRANGER.

BOUCHON. Le membre viril, que la nature a destiné à fermer hermétiquement le goulot de la femme.

BOUDER. Joli mot, sotte chose, a dit Commerson.—Laisser voir, par l’expression de son visage, qu’on a de l’humeur ou du ressentiment contre quelqu’un.

_On ne saurait bouder longtemps Quand on boude contre son ventre._

(_Improvisateur français._)

Tu sais que ta ci-devant femme, quant à ce qui est d’ça (foutre), n’aime à bouder ni contre son ventre, ni contre son bas-ventre.

SOPHIE ARNOULD.

BOUDIN ou BOUDIN BLANC. Le membre viril,—dont toutes les femmes voudraient bien avoir dix aunes dans le corps.

Qu’est-ce que vous voulez faire du boudin de mon mari. N’avez-vous pas assez du vôtre?

D’OUVILLE.

Il se retourna vers moi et me fit voir comme un bout de boudin blanc qui était assez long, dont je m’émerveillai que je n’en avais point de pareil.

MILILOT.

BOUDINER. Baiser.—Se dit aussi d’une femme qui se sert d’un boudin, au lieu d’un membre viril, pour se faire jouir.

BOUDOIR. L’endroit réservé, discret, mystérieux, parfumé, où toute femme qui sait vivre reçoit l’homme dont elle veut être aimée—à couillons rabattus.

Eh bien, Montade, n’est-il pas joli, mon boudoir!—Il le sera davantage quand nous l’aurons appelé par son vrai nom, foutoir.

LA POPELINIÈRE.

BOUGEOIR (Le), ou la BOUGIE. Le membre viril—qu’on allume lorsqu’on va se coucher avec les femmes.

_J’ai beau te presser le bouton, De mon travail, le croirait-on? Tu restes spectatrice. Pour le coiffer d’un éteignoir, As-tu jamais pris mon bougeoir? Hé! zon, zon, zon, Prends-le moi, Suzon, Il faut que ça finisse._

H. SIMON.

BOUGRE. Pédéraste,—en souvenir des hérétiques albigeois et bulgares qui, en leur qualité d’ennemis, étaient chargés d’une foule d’iniquités et de turpitudes par le peuple, alors ignorant—comme aujourd’hui.

_Des soins divers, mais superflus, De Fiévés occupent la vie: Comme bougre il tache les culs, Comme écrivain il les essuie._

ANONYME.

BOUGRERIE. Péché contre nature que commettent, non seulement les pédérastes, mais même quelquefois les honnêtes gens avec les femmes.

_Un peu de bougrerie Est dans la vie Quelquefois de saison._

COLLÉ.

BOUGRESSE. Gourgandine, femme qui aime l’homme.

BOUILLON CHAUD. Sperme, au moment de son introduction dans le vagin de la femme.

BOUILLON POINTU. Lavement spermatique; enculage.

Dieu! qu’est-ce que je sens?—L’apothicaire poussant sa pointe: c’est le bouillon pointu.

(Parodie de _Zaïre_.)

BOULETTES. Les testicules,—qu’on ne jette pas aux chiens, mais sur lesquels se jettent ces chiennes enragées d’amour qu’on appelle les femmes.

Ceux-là que tu voulais dire qui ne déchargent point, sont les châtrés, à qui on a coupé les deux boulettes et qui ne sont bons à rien qu’à bander quelquefois.

MILILOT.

BOURDON. Le membre viril,—sur lequel s’appuie si volontiers la femme qui va en pèlerinage à Cythère.

_La croix et le bourdon en main._

B. DE MAURICE.

Extasiée, fendue par l’énorme grosseur du vigoureux bourdon de mon dévirgineur, les cuisses ensanglantées, je restai quelque temps accablée par la fatigue et le plaisir.

(_Mémoires de miss Fanny._)

BOURRIQUER. Baiser une femme comme l’âne saillit sa femelle, avec la même impétuosité et la même absence de précautions—et de délicatesse.

_... Aux champs, le paysan bourrique._

LOUIS PROTAT.

BOURSAVIT. La nature de la femme, qui est en effet une bourse à vits—ou, pour parler plus pudiquement, une bourse à glands.

Elle avait corps féminin jusqu’aux boursavits.

RABELAIS.

BOURSES. Les testicules, qui contiennent la véritable fortune de l’homme—que peut cependant lui enlever cette banqueroute amoureuse qu’on appelle la vérole.

_... Un banquier, un agent De change, un financier, disent qu’ils ont des bourses._

LOUIS PROTAT.

BOUSIN, BOUSINGOT. Bordel, petit bordel. D’où, par extension: _Faire du bousin_, pour: Faire du bruit,—les bordels n’étant pas précisément des Paraclets.

_Un soir, dans la rue aux Fèves, Près d’un bousingot, Un’ putain me suc’ les lèvres, M’ fait l’offr’ du dodo._

SCHANNE.

BOUT. Le membre viril, qui ressemble à un bout de quelque chose—de bien agréable pour la femme.

_Le pauvre monsieur Cabout, Dont le bout Est toujours petit et mou._

TALLEMANT DES RÉAUX.

BOUTE-FEU, BOUTE-JOIE. Le membre viril, parce qu’il met à feu et à flamme l’amadou féminin.

Cependant, je ne laissais pas de redouter l’instant où mon nouvel enfileur m’incrusterait son formidable boute-joie, mais je m’armai de courage.

(_Mon noviciat._)

BOUTIQUE. Employé dans un sens obscène pour désigner la nature de la femme.

Oh! ma mie, venez ici, et fermez la boutique, c’est aujourd’hui fête.

(_Moyen de parvenir._)

_J’avais pourtant encor bonne pratique, Et pour cela ne fermai la boutique._

J. DU BELLAY.

_Bien souvent à telle pratique Les femmes ouvrent leur boutique._

(_Variétés historiques et littéraires._)

Vertu de ma vie! c’était une belle boutique.

TABARIN.

BOUTON. L’extrémité de chaque téton, qui est d’une sensibilité telle, qu’en le pressant un peu des lèvres ou des doigts on en fait sortir un flot de jouissance.

_Ce beau sein sur ma bouche, Qu’il est pur! Ce bouton que je touche, Qu’il est dur!_

GUSTAVE NADAUD.

BOUTON. L’extrémité du clitoris, qu’il suffit de toucher de la langue, du doigt ou de la pine pour ouvrir à la femme la porte des félicités divines.—Voir aussi SONNER LE BOUTON.

Laisse mon bouton... mon tit bouton...

HENRY MONNIER.

_Tout s’ouvre: le bouton des roses, Et celui des femmes aussi._

(_Parnasse satyrique._)

BOUTONNIÈRE. La nature de la femme, en opposition à l’anus, que MM. les pédérastes appellent l’œillet.

BOXON. Bordel, probablement parce que, comme on y va gris, on s’y boxe souvent,—et non comme l’avance Francisque Michel, sans preuves à l’appui, parce qu’il y avait autrefois, à la porte de ces maisons-là, comme à la porte des cabarets, un rameau de buis (en lat. _buxus_).

_Y dit qu’ dans tous les boxons On le r’çoit en paillasson._

DUMOULIN.

BOXONNER. Aller de bordel en bordel; fréquenter les filles publiques. Se dit aussi pour: Baiser.

_Du dieu Vulcain quand l’épouse mignonne, Va boxonner loin de son vieux sournois._

(_Parnasse satyrique._)

BOXONNEUR. Coureur de bordels.

BOYAU. Le membre viril, qui semble sortir du ventre—et qui y rentre quelquefois, au grand déplaisir de la femme.

_Lorsque je bande, Je me demande Si j’ai dans le boyau pinal Tous les sabres de l’arsenal._

(_Chanson moderne._)

_Adieu! et jamais plus ne t’advienne entreprendre De faire le vaillant, toi qui ne saurais tendre. Adieu! contente-toi, et ne pouvant dresser, Que le boyau ridé te serve pour pisser._

REMY BELLEAU.

BRAGUETTE. Le membre viril,—par corruption de _brayette_, fente de la culotte par laquelle maître Jean Frappart met le nez à la fenêtre quand il a trop chaud ou qu’il a envie d’éternuer.

_De l’image de la braguette Qui entre, corps, oreille et teste Au précieux ventre des dames._

(_Ancien Théâtre français._)

_L’insecte prend le bon moment: Il mord si dru, qu’à sa braguette Le Saint-Père porte la main, Et, sur son auguste roupette, Du morpion bénit l’hymen._

B. DE MAURICE.

BRAISE, BRAISER, ABOULER DE LA BRAISE, de l’argent, dans le langage des filles, parce que ce métal brille comme charbon allumé—surtout lorsque c’est de l’or,—et que c’est avec cela qu’on les _chauffe_.

BRANDON et BRANDILLOIRES. Le membre viril, et les testicules, qui brandillent si voluptueusement sous une main de femme.

Levant mes jupes, il me fit voir un superbe brandon..., qu’il fit agir avec toute l’impétuosité qu’un long jeûne de mer pouvait lui fournir.

(_Mémoires de miss Fanny._)

BRANDOUILLER. Branler doucettement quelqu’un ou quelqu’une, pour le—ou la—faire bander et l’exciter à jouir.

_Qui n’invoque point le secours D’une main qui vous le brandouille._

(_Satan et Eve_, 47.)

_Le roi disait à la reine Victoire: Si tu voulais, Une heure ou deux, me brandouiller l’histoire, Je banderais..._

_Plus d’une fois, une main sous ta cotte, Tandis que l’autre écartait ton fichu, Je caressais et brandouillais ta motte... Dis-moi, Marton, dis-moi, t’en souviens-tu?_

(_Chansons anonymes modernes._)

BRANLER. Employer la masturbation pour faire jouir les hommes quand on est femme, ou les femmes quand on est homme.

Prends-le donc, petite coquine... Là... à poignée!... Branle! branle! pour le remettre en train.

LA POPELINIÈRE.

_... ... J’ai vu rarement Une putain sachant branler parfaitement._

LOUIS PROTAT.

_Un jour que madame dormait, Monsieur branlait sa chambrière._

(_Cabinet satyrique._)

BRANLER (Se). Se servir de la main entière quand on est homme, et seulement du doigt médium quand on est femme, pour arriver à jouir sans collaboration.

_On n’est jamais si bien branlé que par soi-même._

GÉRARD DE NERVAL.

_Maintenant je suis réduite, farouche, A me branler, moi! Que je te maudis!_

(_Parnasse satyrique._)

BRANLER DU CUL, ou BRANLER LA CROUPIÈRE. Remuer des fesses, de façon à faire jouir l’homme qui vous a payée pour cela.

_Philis veut avoir un écu Pour branler une heure du cu_

THÉOPHILE.

_Cette jeune espicière Que vous cognoissez bien Pour branler la croupière A gagné tout son bien._

(_Chansons folastres._)

BRANLEUR, ou BRANLEUSE. Paillard ou femme qui n’est pas assez belle ou qui n’est plus assez jeune pour être baisée, ou qui redoute de l’être à cause des enfants, et qui fait son métier de branler les hommes.

_... On ne devient pas, il faut naître branleuse_

LOUIS PROTAT.

BRANLOTTE. Action de branler ou de se faire branler.

Colle-toi sur moi; faisons-nous une bonne branlotte.

LA POPELINIÈRE.

BRANLOTTER LE PRÉPUCE. Oter et remettre le petit chapeau de chair qui le protége et le rend si tendre au moindre contact.

_Te souvient-il de ta sœur Luce Qui me branlottait le prépuce?_

(_Parnasse satyrique._)

BRAQUEMARD. Le membre viril,—par allusion à l’épée courte et large dont on se servait au moyen-âge: c’est avec le braquemard, en effet, qu’on blesse les femmes au ventre.

De tant de braquemarts enroidis qui habitent par les brayettes claustrales.

RABELAIS.

Mettant la main sous les draps, et trouvant son braquemard.

(_Moyen de parvenir._)

_Il est nommé. . . . . . . . . . . Jacques par le farceur, braqmard par l’étudiant._

LOUIS PROTAT.

BRAQUEMARDER. Baiser une femme avec énergie et conviction.

BRAS. Le membre viril, qui nous sert à prendre les femmes par le—sentiment.—On dit aussi un bras d’enfant pour donner une idée de la longueur et de la grosseur de l’objet.

BRASIER. La nature de la femme, où règne une chaleur à faire fondre les pines les plus solides.

Tant plus mon mari me brûle en mon brasier.

BRANTÔME.

BRÈCHE. La nature de la femme, par laquelle l’homme entre dans le paradis.

Et passant la main à la brèche.

(_Moyen de parvenir._)

_Madame, n’entendez plus rien, Laissez donner à votre brèche._

THÉOPHILE.

BRICOLER UNE FEMME. La baiser, lui mettre la bricole masculine dans le vagin.

Se trouvant en lieu d’assignation où cinq ou six se trouvaient pour la bricoler.

(_Moyen de parvenir._)

_Et du tout pour avoir bricolé Avec une jeune guenon._

(_Recueil de poésies françaises._)

_Lorsque l’on est las de Catin, On embrasse Nicole, Qu’on abandonne le matin Pour Suzon, qu’on bricole._

COLLÉ.

BRIGADIER DE L’AMOUR (Le). Le doigt médium,—à cause de l’assistance qu’il prête aux amants dans les jeux libertins, puisque c’est avec lui qu’on branle une femme.

_Quand amour perd de sa flamme, Ce doigt la réveille en vous; Lorsque aussi près d’une dame Le dieu cueille un beau laurier Ce doigt est son brigadier._

(_Chansons anonymes modernes._)

BRIMBALLER. Vieux mot hors d’usage signifiant _sonner les cloches_, employé dans un sens obscène pour faire l’acte vénérien.

Seulement il ne voyoit sa femme brimballant.

RABELAIS.

_Et que sur le tombeau, où je reposerai, Neuf fois par neuf matins il brimballe des filles, Et de neuf coups de cul son vit je bénirai._

THÉOPHILE.

BRIMBORIONS (Les). Les testicules,—qui ont l’air de pendre à la queue de l’homme comme les pompons à la tête d’un mulet.

_Peux-tu, me dire aussi tous les différents noms Que l’on donne parfois aux deux brimborions Qui sont pendus après?..._

LOUIS PROTAT.

BROQUE, ou BROQUETTE. Le membre viril—avant qu’il soit viril.—Monstrelet parle d’une statue d’enfant (le modèle de _Mannekenpis_) qui «par sa broquette donnait eau rose.»

Allons, mon petit ami, sors ta broquette pour que je la baise.

J. LE VALLOIS.

_Lorsque d’Adam en paradis Ève soulevait la breloque, Qu’importait à son clitoris Un nœud, une pine... une broque!_

PAUL SAUNIÈRE.

_Ici-bas, voilà notre état: A coup de cul il faut qu’on broque. Le plus pauvre sur son grabat Se démène à grands coups de broque; Rois, juges, soldats valeureux, Musulmans, païens, chacun broque; Et le Saint-Esprit amoureux Nous a faits chrétiens par la broque._

PAUL SAUNIÈRE.

_... L’avenir m’inquiète... De Pincecul, hélas! l’exécrable broquette Peut n’être pas..._

LOUIS PROTAT.

BRÛLER, ou BRÛLER UN CIERGE. Être très amoureux. Tirer un coup avec une femme,—qui se charge de vous faire couler.

_Vénus, à ta charmante loi Mon cœur n’est point rebelle: Je me sens presque malgré moi Brûler pour chaque belle._

ARMAND GOUFFÉ.

BUISSON (Le). Les poils qui ornent le mont de Vénus et qui défendent souvent l’entrée du vagin, quand ils sont mal peignés et mal lavés.

_C’est là-d’ssus qu’ la vieill’ femm’ se r’jette: Son buisson est large et touffu; N’eût-on plus d’ cheveux sur la teste, Il faut avoir du poil au cul._

AUGUSTE LEFRANC.

BURETTE (Petite). Le membre viril, qui contient l’huile essentielle de l’amour, cette «bonne eau» (de vit) dont parle Brantôme en ses _Dames galantes_, et «qui est si douce sans sucre.»

_Va... ferme! que rien ne t’arrête... Fais-moi cadeau d’ ta p’tit’ burette_

H. MONNIER.

J’y vas d’ma burette tous les matins et tous les soirs.

LEMERCIER.

BUT D’AMOUR, ou BUT DU DÉSIR, ou BUT MIGNON DE FOUTERIE (Le). La nature de la femme, à laquelle tendent tous les membres suffisamment virils.

Et lorsqu’il vit le but d’amour.

(_Moyen de parvenir._)

_Et quand ma main approche Du but de mon désir, J’attrape une taloche Qui fait toujours plaisir._

COLLÉ.

Et qu’en cela presque paraissait le but mignon de ficherie.

(_Moyen de parvenir._)