‹ Divertissements: poèmes en versChapitre 37 sur 48 · XII - XIII

XII - XIII

LES ROSES DANS L’ORAGE

Les roses pâles sont blessées Par la rudesse de l’orage, Mais elles sont plus parfumées, Ayant souffert davantage. Mets cette rose à ta ceinture, Garde en ton cœur cette blessure, Sois pareille aux roses de l’orage. Mets cette rose en un coffret Et souviens-toi de l’aventure Des roses blessées par l’orage, L’orage a gardé son secret, Garde en ton cœur cette blessure.

INSCRIPTIONS CHAMPÊTRES

Printemps, ô frêle et bleue anémone Dans la langueur pâle de tes yeux clairs L’amour a mis son âme éphémère, Le vent te donne un parfum d’automne.

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Été, quand l’orgueil des roseaux sur la rive Marque le cours du fleuve vers la mer, le soir On voit dans l’eau des ombres se coucher pensives: Lents et doux, les bœufs s’en vont à l’abreuvoir.

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Automne, il pleut des feuilles, il pleut des âmes, Il pleut des âmes mortes d’amour, les femmes Contemplent l’Occident avec mélancolie, Les arbres font dans l’air de grands gestes d’oubli.

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Hiver, femme aux yeux verts tombés sous le linceul des neiges, Tes cheveux sont poudrés de gel, d’amertume et de sel, O Momie, et ton cœur vaincu, docile aux sortilèges, Dort, escarboucle triste, au fond de ta chair immortelle.