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Chapitre 13

Bientôt, par malheur, la prose intervint et coupa court au royal festin d’amour qu’égoïstement, sans rien compromettre pour sa part, se laissait offrir cette âme bourgeoise.
On n’échappe pas à la physiologie, régulatrice cruelle parfois des romans longtemps prolongés.

Huit jours durant, vers la fin d’avril, Domnine crut être enceinte. Semaine atroce pour la pauvre fille, car Médéric se révéla.

Donc, en un instant, pouvait se perdre ce droit à la fierté, conquis par un si long effort. Comme Rochegude rirait d’elle ! D’autres ayant failli, l’opinion leur avait presque pardonné. On ne pardonnerait pas à Domnine. Les gamins, de nouveau, allaient lui chanter la chanson :

Laisse-la passer, la belle Mandre...

Elle se voyait comme ses sœurs Irma, Gusta, revenue à la honte du Grand Couvert. Jamais plus lourdement, plus inexorablement, n’avait pesé sur elle la fatalité de sa vie.

Médéric cependant se désolait, songeant à lui-même, non à Domnine. Incapable d’une généreuse décision, pour tout réconfort à ses angoisses, il parlait de départ, de délivrance clandestine, d’autres louches moyens encore… Et Domnine avait peur de lire dans l’eau trouble de ses pensées.

Puis quand Domnine lui annonça qu’elle s’était effrayée à tort, il laissa voir la joie d’un soulagement misérable.

Cette alerte passée, leur existence recommença pareille. Mais le beau Médéric s’était promis de rompre. Les liaisons avec d’honnêtes filles sont décidément trop dangereuses. Il en voulait presque à Domnine de n’être pas comme tant d’autres. Un si parfait désintéressement, une fidélité si grande, devaient cacher quelque calcul.

Il s’éloigna donc peu à peu de Domnine ; et Domnine, le devinant, souffrit, mais ne le retint point.

Un jour, elle lui demandait :

— Qu’est devenu l’anneau de verre !

Il répondit brutalement :

— Voilà beau temps qu’il est cassé.

— Adieu alors, Médéric !

— Adieu, Domnine !

Ce fut la fin de leurs amours.

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