Chapitre 42
Trabuc languit à l’hôpital presque une semaine et mourut. Le bruit courait que, se voyant pris, il s’était fait justice lui-même. Pourtant, on ne l’enterra pas dans le coin des suicidés.
Cependant Médéric revenait à la vie, soigné par Dolinde, qui ne quittait plus son chevet.
Circonvenue par les Guisolphe, la vieille Mme Mireur acceptait Dolinde. Le petit Hercule semblait vouloir l’aimer.
On disait dans la société :
— Dolinde se montre parfaite !
Le bourgeois, quand ses intérêts n’entrent pas en jeu, est fort sensible au romanesque.
Dès lors, par un brusque revirement d’opinion, tout Rochegude estima naturelle et touchante l’union jusque-là discutée de Dolinde avec Médéric.
Quelques jours auparavant, dans l’humble cimetière rocheux où le fossoyeur use tant de pics, on avait porté la Civadone.
Quatre personnes seulement, car ni le père ni la mère ne se montrèrent, accompagnaient son cercueil : petit Gabri, resté seul sur terre à la suite du drame où le destin le fit involontaire acteur ; Irma et Gusta, débarquées le matin de Marseille dans une toilette de deuil dont la somptuosité fut pour la morte une dernière injure ; enfin – qu’on juge du scandale – sœur Nanon pleurant sous ses coiffes, oui ! sœur Nanon des Sept Soleils, qui pria pour Domnine, au nom de Marie-Magdeleine, et qui, seule peut-être avec le vieux Trabuc, avait deviné obscurément le long martyre et la grandeur de cette pauvre âme passionnée.
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Une édition
Achevé d'imprimer en France le 5 Novembre 2016.