‹ Douze preuves de l’Inexistence de DieuChapitre 2 sur 4 · L’être immuable ne peut avoir créé

L’être immuable ne peut avoir créé

Si Dieu existe, il est immuable. Il ne change pas ; il ne peut pas changer. Tandis que, dans la Nature, tout se modifie, se métamorphose, se transforme, tandis que rien n’est définitivement et que tout devient, Dieu, point fixe, immobile dans le temps et l’espace, n’est sujet à aucune modification, ne connaît et ne peut connaître aucun changement.

Il est aujourd’hui ce qu’il était hier ; il sera demain ce qu’il est aujourd’hui. Qu’on envisage Dieu dans le lointain des siècles révolus ou dans celui des siècles futurs, il est constamment identique à lui-même.

Dieu est immuable.

Je prétends que, s’il a créé, il n’est pas immuable, parce que, dans ce cas, il a changé deux fois.

Se déterminer à vouloir, c’est changer. De toute évidence, il y a eu un changement entre l’être qui ne veut pas encore et l’être qui veut.

Si je veux aujourd’hui ce que je ne voulais pas, ce à quoi je ne songeais même pas, il y a quarante-huit heures, c’est qu’il s’est produit en moi ou autour de moi une ou plusieurs circonstances qui m’ont déterminé à vouloir. Ce vouloir nouveau constitue une modification : il n’y a pas lieu d’en douter : c’est indiscutable.

Pareillement : se déterminer à agir, ou agir, c’est se modifier.

Il est, en outre, certain que cette double modification : vouloir, agir, est d’autant plus considérable et marquée, qu’il s’agit d’une résolution plus grave et d’une action plus importante.

Dieu a créé, dites-vous ? — Soit. Alors il a changé deux fois : la première fois, lorsqu’il a pris la détermination de créer ; la seconde fois, lorsque, mettant à exécution cette détermination, il a accompli le geste créateur.

S’il a changé deux fois, il n’est pas immuable.

Et s’il n’est pas immuable, il n’est pas Dieu, il n’existe pas.

L’Être immuable ne peut avoir créé.

sixième argument :

Dieu ne peut avoir créé sans motif ;
or, il est impossible d’en discerner un seul

De quelque façon qu’on l’envisage, la Création reste inexplicable, énigmatique, vide de sens.

Il saute aux yeux que, si Dieu a créé, il est impossible d’admettre qu’il ait accompli cet acte grandiose et dont les conséquences devaient être fatalement proportionnées à l’acte lui-même, par conséquent incalculables, sans y être déterminé par une raison de premier ordre.

Eh bien ! Quelle peut être cette raison ? Pour quel motif Dieu a-t-il pu se résoudre à créer ? Quel mobile l’a impulsé ? Quel désir l’a pris ? Quel dessein a-t-il formé ? Quel but a-t-il poursuivi ? Quelle fin s’est-il proposée ?

Multipliez, dans cet ordre d’idées, les questions et les questions : tournez et retournez le problème ; envisagez-le sous tous ses aspects ; examinez-le dans tous les sens ; et je vous mets au défi de le résoudre, autrement que par des balivernes ou de subtilités.

Tenez : voici un enfant élevé dans la religion chrétienne. Son catéchisme lui affirme, ses maîtres lui enseignent que c’est Dieu qui l’a créé et mis au monde. Supposez qu’il se pose à lui-même cette question : « Pourquoi Dieu m’a-t-il créé et mis au monde ? » et qu’il y veuille trouver une réponse sérieuse, raisonnable. Il n’y parviendra pas. Supposez encore que, confiant dans l’expérience et le savoir de ses éducateurs, persuadé que, par le caractère sacré dont, prêtres ou pasteurs, ils sont revêtus, ils possèdent des lumières spéciales et des grâces particulières, convaincu que, par leur sainteté, ils sont plus près de Dieu que lui et mieux initiés que lui aux vérités révélées, supposez que cet enfant ait la curiosité de demander à ses maîtres pourquoi Dieu l’a créé et mis au monde, j’affirme que ceux-ci ne peuvent faire à cette simple interrogation aucune réponse plausible, sensée.

En vérité, il n’y en a pas.

Serrons de près la question, creusons le problème.

Par la pensée, examinons Dieu avant la création. Prenons-le dans son sens absolu. Il est tout seul ; il se suffit à lui-même. Il est parfaitement sage, parfaitement heureux, parfaitement puissant. Rien ne peut accroître sa sagesse ; rien ne peut augmenter sa félicité ; rien ne peut fortifier sa puissance.

Ce Dieu ne peut éprouver aucun désir, puisque son bonheur est infini ; il ne peut poursuivre aucun but, puisque rien ne manque à sa perfection ; il ne peut former aucun dessein, puisque rien ne peut étendre sa puissance ; il ne peut se déterminer à aucun vouloir, puisqu’il ne ressent aucun besoin.

Allons ! Philosophes profonds, penseurs subtils, théologiens prestigieux, répondez à cet enfant qui vous interroge et dites-lui pourquoi Dieu l’a créé et mis au monde !

Je suis bien tranquille ; vous ne pouvez pas répondre à moins que vous ne disiez : « Les desseins de Dieu sont impénétrables », et que vous ne teniez cette réponse pour suffisante.

Et sagement vous ferez en vous abstenant de répondre, car toute réponse, je vous en préviens charitablement, serait la ruine de votre système, l’écroulement de votre Dieu.

La conclusion s’impose, logique, impitoyable : Dieu, s’il a créé, a créé sans motif, sans savoir pourquoi, sans but.

Savez-vous, camarades, où nous conduisent forcément les conséquences d’une telle conclusion ?

Vous allez le voir.

Ce qui différencie les actes d’un homme doué de raison des actes d’un homme frappé de démence, ce qui fait que l’un est responsable et l’autre pas, c’est qu’un homme de raison sait toujours, en tous cas peut toujours savoir, quand il a agi, quels sont les mobiles qui l’ont impulsé, quels sont les motifs qui l’ont déterminé à agir. Quand il s’agit d’une action importante et dont les conséquences peuvent engager lourdement sa responsabilité, il suffit que l’homme en possession de sa raison, se replie sur lui-même, se livre à un examen de conscience sérieux, persistant et impartial, il suffit que, par le souvenir, il reconstitue le cadre dans lequel les événements l’ont enfermé, qu’en un mot, il revive l’heure écoulée, pour qu’il parvienne à discerner le mécanisme des mouvements qui l’ont fait agir.

Il n’est pas toujours très fier des mobiles qui l’ont impulsé ; il rougit souvent des raisons qui l’ont déterminé à agir ; mais, que ces motifs soient nobles ou vils, généreux ou bas, il parvient toujours à les découvrir.

Un fou, au contraire, agit sans savoir pourquoi ; son acte accompli, même le plus chargé de conséquences, interrogez-le ; pressez-le de questions ; insistez ; harcelez-le. Le pauvre dément balbutiera quelques folies et vous ne l’arracherez pas à ses incohérences.

Donc, ce qui différencie les actes d’un homme sensé des actes d’un insensé, c’est que les actes du premier s’expliquent, c’est qu’ils ont une raison d’être, c’est qu’on en distingue la cause et le but, l’origine et la fin ; tandis que les actes d’un homme privé de raison ne s’expliquent pas, qu’il est incapable lui-même de discerner la cause et le but, qu’ils n’ont pas de raison d’être.

Eh bien ! si Dieu a créé sans but, sans motif, il a agi à la façon d’un fou et la Création apparaît comme un acte de démence.

Deux objections capitales

Pour en finir avec le Dieu de la création, il me paraît indispensable d’examiner deux objections.

Vous pensez bien qu’ici les objections abondent ; aussi, quand je parle de deux objections à étudier, je parle de deux objections capitales, classiques.

Ces deux objections ont d’autant plus d’importance qu’on peut, avec l’habitude de la discussion, ramener toutes les autres à celle-ci :

Première objection :

« DIEU VOUS ÉCHAPPE »

On me dit :

« Vous n’avez pas le droit de parler de Dieu comme vous le faites. Vous nous présentez un Dieu caricatural, systématiquement rapetissé aux proportions que daigne lui accorder votre entendement. Ce Dieu-là n’est pas le nôtre. Le nôtre, vous ne pouvez le concevoir, car il vous dépasse, il vous échappe. Sachez que ce qui serait fabuleux pour l’homme le plus puissant en force, en sagesse et en savoir n’est, pour Dieu, qu’un jeu d’enfant. N’oubliez pas que l’Humanité ne saurait se mouvoir sur le même plan que la Divinité. Ne perdez pas de vue qu’il est aussi impossible à l’homme de comprendre la façon d’opérer de Dieu qu’il est impossible aux minéraux d’imaginer les modes d’opérer des animaux et aux animaux de comprendre les modes d’opérer des hommes.

« Dieu plane à des hauteurs que vous ne sauriez atteindre ; il occupe des sommets qui vous restent inaccessibles.

« Sachez que quelle que soit la magnificence d’une intelligence humaine, quel que soit l’effort réalisé par cette intelligence, quelle que soit la persistance de cet effort, jamais l’intelligence humaine ne pourra s’élever jusqu’à Dieu. Rendez-vous compte enfin que, si vaste qu’il puisse être, le cerveau de l’homme est fini et que, par conséquent, il ne peut concevoir l’infini.

« Ayez donc la loyauté et la modestie de confesser qu’il ne vous est pas possible de comprendre, ni d’expliquer Dieu. Mais de ce que vous ne pouvez ni le comprendre, ni l’expliquer, il ne s’ensuit pas que vous ayez le droit de le nier. »

Et je réponds aux déistes :

Vous me donnez, Messieurs, des conseils de loyauté auxquels je suis tout disposé à me conformer. Vous me rappelez à la modestie légitime qui sied à l’humble mortel que je suis. Il me plaît de ne pas m’en écarter.

Vous dites que Dieu me dépasse, qu’il m’échappe ? Soit. Je consens à le reconnaître ; et affirmer que le fini ne peut ni concevoir ni expliquer l’Infini, c’est une vérité tellement certaine, et même évidente, que je n’ai pas la moindre envie d’y faire opposition. Nous voilà, jusqu’ici, bien d’accord et j’espère que vous êtes tout à fait contents.

Seulement, Messieurs, permettez que, à mon tour, je vous donne les mêmes conseils de loyauté ; souffrez que, à mon tour, je vous rappelle à la même modestie. N’êtes-vous pas des hommes, comme j’en suis un ? Dieu ne vous dépasse-t-il pas, comme il me dépasse ? Ne vous échappe-t-il pas comme il m’échappe ? Auriez-vous la prétention de vous mouvoir sur le même plan que la Divinité ? Auriez-vous l’outrecuidance de penser et la sottise de déclarer que, d’un coup d’aile, vous avez gravi les sommets que Dieu occupe ? Seriez-vous présomptueux au point d’affirmer que votre cerveau fini a embrassé l’Infini ?

Je ne vous fais pas l’injure, Messieurs, de vous croire frappés d’une telle extravagante vanité.

Ayez donc, tout comme moi, la loyauté et la modestie de confesser que, s’il m’est impossible de comprendre et d’expliquer Dieu, vous vous heurtez à la même impossibilité. Ayez donc la probité de reconnaître que si, de ce que je ne puis concevoir ni expliquer Dieu, il ne m’est pas permis de le nier, puisque vous ne pouvez, vous non plus, ni le comprendre ni l’expliquer, il ne vous est pas permis de l’affirmer.

Et gardez-vous de croire, Messieurs, que nous voilà, désormais, logés à la même enseigne. C’est vous qui, les premiers, avez affirmé l’existence de Dieu ; c’est donc vous qui, les premiers, devez mettre fin à vos affirmations. Aurais-je jamais songé à nier Dieu, si, alors que j’étais tout petit, on ne m’avait pas imposé de croire en lui ? Si, adulte, je ne l’avais pas entendu affirmer tout autour de moi ? Si, devenu homme, mes regards n’avaient pas constamment observé des Églises et des Temples élevés à Dieu ?

Ce sont vos affirmations qui provoquent et justifient mes négations.

Cessez d’affirmer et je cesserai de nier.

seconde objection :

« IL N’Y A PAS D’EFFET SANS CAUSE »

La seconde objection paraît autrement redoutable. Beaucoup la considèrent encore comme sans réplique. Elle nous vient des philosophes spiritualistes.

Ces Messieurs nous disent sentencieusement : « Il n’y a pas d’effet sans cause ; or, l’Univers est un effet ; donc cet effet a une cause que nous appelons Dieu. »

L’argument est bien présenté ; il paraît bien construit, il semble solidement charpenté.

Le tout est de savoir s’il l’est véritablement.

Ce raisonnement est ce que, en logique, on appelle un syllogisme. Un syllogisme est un argument composé de trois propositions : la majeure, la mineure et la conséquence ; et comprenant deux parties : les prémisses, constituées par les deux premières propositions, et la conclusion représentée par la troisième.

Pour qu’un syllogisme soit inattaquable, il faut : 1 que la majeure et la mineure soient exactes ; 2 que la troisième découle logiquement des deux premières.

Si le syllogisme des philosophes spiritualistes réunit ces deux conditions, il est irréfutable et il ne me reste qu’à m’incliner ; mais s’il lui manque une seule de ces deux conditions, il est nul, sans valeur et l’argument s’effondre tout entier.

Pour en connaître la valeur, examinons les trois propositions qui la composent.

Première proposition, majeure :

« Il n’y a pas d’effet sans cause. »

Philosophes, vous avez raison. Il n’y a pas d’effet sans cause ; rien n’est plus exact. Il n’y a pas, il ne peut pas y avoir d’effet sans cause. L’effet n’est que la suite, le prolongement, l’aboutissant de la cause. Qui dit effet dit cause ; l’idée d’effet appelle nécessairement et immédiatement l’idée de cause. S’il en était autrement, l’effet sans cause serait un effet de rien ; ce qui serait absurde.

Donc, sur cette première proposition, nous sommes d’accord.

Deuxième proposition, mineure :

« Or, l’Univers est un effet. »

Ah ! ici, je demande à réfléchir et je sollicite des explications. Sur quoi s’appuie une affirmation aussi nette, aussi tranchante ? Quel est le phénomène ou l’ensemble de phénomènes, quelle est la constatation ou l’ensemble de constatations qui permet de se prononcer sur un ton aussi catégorique ?

Et d’abord, l’Univers, le connaissons-nous suffisamment ? L’avons-nous assez étudié, scruté, fouillé, compris pour qu’il nous soit permis d’être aussi affirmatifs ? En avons-nous pénétré les entrailles ? En avons-nous exploré les espaces incommensurables ? Sommes-nous descendus dans les profondeurs des océans ? Avons-nous escaladé toutes les altitudes ? Connaissons-nous toutes choses appartenant au domaine de l’Univers ? Celui-ci nous a-t-il livré tous ses secrets ? Avons-nous arraché tous les voiles, pénétré tous les mystères, découvert toutes les énigmes ? Avons-nous tout vu, tout entendu, tout palpé, tout senti, tout observé, tout noté ? N’avons-nous plus rien à apprendre ? Ne nous reste-t-il rien à découvrir ? Bref, sommes-nous en état de porter sur l’Univers une appréciation formelle, un jugement définitif, un arrêt indubitable ?

Nul ne pourrait répondre par l’affirmative à toutes ces questions et il serait profondément à plaindre le téméraire, on peut dire l’insensé, qui oserait prétendre qu’il connaît l’Univers.

L’Univers ! c’est-à-dire, non pas seulement cette infime planète que nous habitons et sur laquelle se traînent nos misérables carcasses, non seulement ces millions d’astres et de planètes que nous connaissons, qui font partie de notre système solaire, ou que nous découvrons dans la lenteur du temps ; mais encore ces Mondes et ces Mondes dont nous connaissons ou conjecturons l’existence et dont le nombre, la distance et l’étendue restent incalculables !

Si je disais : « L’Univers est une cause », j’ai la certitude que je déchaînerais spontanément les huées et les protestations des croyants ; et, cependant, mon affirmation ne serait pas plus folle que la leur.

Ma témérité serait égale à la leur ; voilà tout.

Si je me penche sur l’Univers, si je l’observe autant que le permettent à l’homme d’aujourd’hui les connaissances acquises, je constate comme un ensemble incroyablement complexe et touffu, comme un enchevêtrement inextricable et colossal de causes et d’effets qui se déterminent, s’enchaînent, se succèdent, se répètent et se pénètrent. J’aperçois que le tout forme comme une chaîne sans fin dont les anneaux sont indissolublement liés et je constate que chacun de ces anneaux est à la fois cause et effet : effet de la cause qui l’a déterminé, cause de l’effet qui suit.

Qui peut dire : « Voilà le premier anneau ; l’anneau Cause ? » Qui peut dire : « Voilà le dernier anneau : l’anneau Effet ? » Et qui peut dire : « Il y a nécessairement une cause numéro premier, il y a nécessairement un effet numéro dernier ?… »

La deuxième proposition : « Or, l’Univers est un effet » manque donc de la condition indispensable : l’exactitude.

En conséquence, le fameux syllogisme ne vaut rien.

J’ajoute que, même dans le cas où cette deuxième proposition serait exacte, il resterait à établir, pour que la conclusion fût acceptable, que l’Univers est l’effet d’une Cause unique, d’une Cause première, de la Cause des Causes, d’une Cause sans Cause, de la Cause éternelle.

J’attends sans trouble, sans inquiétude cette démonstration. Elle est de celles qu’on a maintes fois tentées et qui n’ont jamais été faites. Elle est de celles dont on peut dire sans trop de témérité qu’elles ne seront jamais établies sérieusement, positivement, scientifiquement.

J’ajoute, enfin, que même dans le cas où le syllogisme tout entier serait irréprochable, il serait aisé de le retourner contre la thèse du Dieu Créateur, en faveur de ma démonstration.

Essayons : Il n’y a pas d’effets sans cause ? — Soit. Or, l’Univers est un effet ? — D’accord. Donc cet effet a une cause et c’est cette cause que nous appelons Dieu ? — Soit encore.

Ne vous hâtez pas de triompher, déistes, et écoutez-moi bien.

S’il est évident qu’il n’y a pas d’effet sans cause, il est aussi rigoureusement évident qu’il n’y a pas de cause sans effet. Il n’y a pas, il ne peut pas y avoir de cause sans effet. Qui dit cause dit effet ; l’idée de cause implique nécessairement et appelle immédiatement l’idée d’effet ; s’il en était autrement, la cause sans effet serait une cause de rien, ce qui serait aussi absurde qu’un effet de rien.

Donc, il est bien entendu qu’il n’y a pas de cause sans effet.

Or, vous dites que l’Univers effet a pour cause Dieu. Il convient donc de dire également que la Cause-Dieu a pour effet l’Univers.

Il est impossible de séparer l’effet de la cause ; mais il est également impossible de séparer la cause de l’effet.

Vous affirmez enfin que Dieu-Cause est éternel. J’en conclus que l’Univers-Effet est également éternel, puisqu’à une cause éternelle doit inéluctablement correspondre un effet éternel.

S’il en était autrement, c’est-à-dire si l’Univers avait commencé, durant les milliards et les milliards de siècles qui, peut-être, ont précédé la création de l’Univers, Dieu aurait été une cause sans effet, ce qui est impossible, une cause de rien, ce qui serait absurde.

En conséquence, Dieu étant éternel, l’Univers l’est aussi, et si l’Univers est éternel, c’est qu’il n’a jamais commencé, c’est qu’il n’a pas été créé.

Est-ce clair ?

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