TROISIÈME PARTIE IMPORTANCE DU DIAGNOSTIC
L’importance du diagnostic est reconnue par tout le monde et il est presque inutile d’insister sur un pareil sujet ; cependant, pour la mieux faire ressortir, j’entrerai dans quelques considérations. Je m’occuperai successivement : 1° du cas où la maladie est ordinaire ; 2° de celui où l’affection est contagieuse ; 3° je dirai quelques mots relatifs aux maladies affectant les animaux destinés à la boucherie.
1° En face d’un malade, il y a deux choses à considérer, d’abord la souffrance du sujet, et en deuxième lieu la question d’intérêt. Je m’occupe en première ligne du patient parce que, bien que la plupart des propriétaires se bornent à le considérer comme une machine destinée à leur fournir une certaine somme de travail ou à satisfaire leurs caprices, il n’en est pas moins vrai que l’animal sent et juge. La cause humanitaire devant l’emporter sur la question d’intérêt il est tout naturel de s’appliquer d’abord à guérir ou, tout au moins, à soulager la souffrance. Or, de même qu’il est impossible de détruire l’effet si on laisse subsister la cause ; de même, il est impossible de combattre une maladie si on ignore quel est l’organe attaqué et la nature de l’affection. Le diagnostic seul permet d’obtenir ce résultat. Comme conséquence, les intérêts du propriétaire seront sauvegardés car, tout en rétablissant la santé de l’un, on ménage la fortune de l’autre.
2° Un animal peut être affecté d’une maladie contagieuse, dans ce cas, il est urgent de porter un diagnostic prompt et sûr ; ici, en effet, un seul sujet et les intérêts de son propriétaire ne sont pas seulement en jeu, mais bien la vie d’un grand nombre d’animaux et une partie appréciable de la fortune publique.
On sait que les maladies contagieuses se propagent avec une grande rapidité et que certaines d’entre elles, la morve et le typhus par exemple, se communiquent, non-seulement par l’inoculation et par contact, mais encore, grâce à la volatilité de leur virus, à des distances plus ou moins considérables. On ne doit pas ignorer non plus que la plupart des maladies contagieuses des animaux ont la terrible propriété de se transmettre à l’homme : la morve et la rage sont de ce nombre. Ces affections sont d’autant plus redoutables, que, jusqu’à ce, jour, la médecine est demeurée impuissante à les combattre.
La facilité avec laquelle ces maladies se répandent et l’impossibilité où l’on est de les guérir, indiquent suffisamment qu’on ne saurait prendre trop de soins pour les prévenir. On n’y parvient qu’en diagnostiquant les affections sur les premiers sujets atteints et en prenant les précautions dictées par les circonstances.
3° L’importance du diagnostic ne se fait pas moins sentir lorsqu’il s’agit des dangers auxquels l’homme s’expose en consommant la viande provenant d’animaux atteints de certaines maladies. Qu’on néglige de le faire établir, et on ne tardera pas à être témoin et peut-être même victime d’affections telles que le charbon, la morve, la trichinose, le tænia solium etc., etc.
Cette simple énumération est plus que suffisante pour montrer combien il est indispensable d’être fixé sur la nature des maladies affectant les animaux de boucherie, non-seulement, pour pouvoir se prémunir soi-même, mais encore, afin d’être en état de veiller sur la santé publique.
Ernest JULIÉ.
LAVAUR, VIDAL MARIUS, IMPRIMEUR