‹ En Turquie d'AsieChapitre 24 sur 59 · III

III

LES VIGNES DANS L’INTÉRIEUR

Dans le tableau que nous avons donné plus haut nous n’avons indiqué que les vignobles ayant des communications faciles avec le littoral et distants tout au plus de 40 kilomètres des lieux d’embarquement, c’est-à-dire la valeur approximative de la récolte vinicole de Brousse, chef-lieu du vilayet, et de la banlieue.

Voici maintenant l’énumération des principales localités qui produisent le raisin dans toute l’étendue du vilayet de Hudavendighiar.

Mais il faut observer que les voies de communication reliant ces localités soit avec Brousse, soit avec les ports de Ghemlek et de Moudania, ou n’existent pas, ou sont dans un tel état d’impraticabilité que les frais de transport absorberaient tous les bénéfices que l’on pourrait espérer d’une exportation.

Le vilayet est divisé en quatre sandjaks:

1º _Le Sandjak de Brousse_ comprend les _cazas_ de Mohalitz, de Ghemlek (littoral), de Biledjik, de Moudania (littoral), de Einégeul et de Yeni-cheir.

Le premier et le dernier de ces cazas, Mohalitz et Yeni-Cheir, ne cultivent pas la vigne. Les quatre autres la produisent en grande quantité, notamment Biledjik, situé à dix-huit heures de Brousse, dont le raisin noir est fort apprécié pour la fabrication du vin.

2º _Le Sandjak de Karassi_ comprend les cazas d’Aivalik, d’Erdek, de Panderma, d’Edrémid, de Bihadiz, de Kemer-Edrémid et de Sorna.

A l’exception de l’avant-dernier caza, tous les autres sont des pays vignobles.

3º _Le Sandjak de Kara-Hissar_ comprend les cazas de Sandoukli, de Tchal, de Boulvadin et d’Azizié.

A l’exception des deux derniers cazas, les autres cultivent le raisin.

4º _Le Sandjak de Kutahia_ comprend les cazas d’Ouchak, de Ghuduss, de Simari et d’Eski-cheir.

Seul, le caza d’Ouchak produit du vin.

Comme on le voit, sur 21 cazas composant le vilayet, 13 sont des pays vignobles.

Les voies de communication, par routes ou par canaux, manquant, chaque pays consomme son produit.

Les prix du raisin et ceux du vin dans l’intérieur sont naturellement bien inférieurs aux prix de Brousse et de sa banlieue.

Une statistique générale sur le produit vinicole de tout le vilayet serait évidemment très intéressante. Mais on ne pourrait la mener à bonne fin qu’en passant un long temps sur les lieux mêmes; encore rencontrerait-on les plus grandes difficultés, l’administration locale, dans l’intérieur, ayant peu de documents où l’on puisse trouver des données statistiques, les eût-elle d’ailleurs, qu’il est fort peu probable qu’elle consentît facilement à les communiquer.