XIV
Il n’existe pas de bibliographie spéciale sur l’histoire des ouvrages posthumes qui se sont perdus par la négligence des bibliographes. Combien de manuscrits autographes ont passé dans les ventes de vieux papiers, faute d’avoir été signalés! Témoin la comédie des _Querelles des deux frères_, par Collin d’Harleville, retrouvée chez l’épicier; les _Historiettes_ de Tallemant des Réaux, acquises au prix de 27 francs en vente publique, etc.
Un des derniers bibliothécaires de la ville de Soissons, nommé Mezurolles, qui était cordelier en 1788 et qui avait jeté le froc aux orties dès le commencement de la Révolution, a composé une immense quantité d’ouvrages de différents genres. Ceux qui concernaient l’histoire soissonnaise méritent seuls d’être regrettés, quoique les autres annonçassent un homme d’esprit et d’érudition. On ignore le sort de ces travaux historiques et littéraires, qui ont occupé toute la vie de Mezurolles et dont aucun n’a vu le jour.
On sait seulement que ces manuscrits formaient plus de cent volumes in-folio et in-quarto; ils étaient encore dans les mains d’un habitant de Soissons, nommé Potaufeu, il y a quelques années (vers 1825); après la mort de l’auteur, trois ou quatre de ces manuscrits sont entrés dans la bibliothèque de sa ville natale, entre autres: un _Abrégé d’histoire universelle_, in-4; une _Chronologie_, et une _Notice historique sur la ville de Soissons_, in-folio. Mezurolles, qui a fait le premier catalogue de cette bibliothèque, n’est pas un bon écrivain, mais ses recherches sur les antiquités locales présentent de l’intérêt pour les personnes qui étudient l’histoire du Soissonnais. Ses autres manuscrits seraient donc bien placés dans la bibliothèque publique de Soissons.