Aimer sa mère
Charmant enfant, aux cheveux blonds,
Aimes-tu bien ta bonne mère ?
Un oui se lit sous sa paupière,
Toi-même, enfant, me le réponds.
Comment ne l’aimerais-tu pas ?
Elle, qui, lorsque tu sommeilles
T’admire ! et quand tu te réveilles
Te sourit, en tendant les bras !
Elle, quand, au sein des pavots,
Ta frêle nature repose,
De marcher près de ton lit n’ose,
Crainte de troubler ton repos !
Elle, joyeuse quand tu ris ;
Si caressante quand tu pleures !
Qui passerait de longues heures
À recueillir tous tes souris !
Elle, fuyant monde, plaisirs,
N’ayant de sujets d’allégresse
Que dans le fruit de sa tendresse,
Seul, venant combler ses désirs.
Ici-bas, est-il un trésor
Plus cher que le cœur d’une mère ?
Non, tous les trésors de la Terre,
Enfant, ne l’égalent encor.
Que font aux fibres de ce cœur
Le rang, les honneurs, la richesse,
Si de la filiale tendresse
En vain il aspire à l’ardeur ?
Dans cet ardent brasier pour
Calmer la soif qui le dévore,
Comme une perle de l’aurore,
Ne tombe une larme d’amour ?
Aimer sa mère ! enfant chéri,
Tel est le cri de la Nature :
Crois-le bien, sans être parjure,
Nul ne se dérobe à ce cri.
Aime ta mère ! aime-la bien !
Plus tard tu sauras reconnaître
Combien elle t’aima ! peut-être,
Alors son appui, son soutien.
Plus tard, si fidèle toujours
Tu fus à l’amour de ta mère,
Heureux tu seras sur la terre
Et les cieux béniront tes jours.