IX
O entre tes beautez, que ta constance est belle. C'est ce cœur asseuré, ce courage constant, C'est parmy tes vertus, ce que l'on prise tant: Aussi qu'est-il plus beau, qu'vne amitié fidelle?
Or ne charge donc rien de ta sœur infidele, De Vesere ta sœur: elle va s'escartant Tousiours flotant mal seure en son cours inconstant. Voy tu comme à leur gré les vens se ioüent d'elle?
Et ne te repens point pour droict de ton aisnage D'auoir des-ia choisi la constance en partage. Mesme race porta l'amitié souueraine
Des bons iumeaux, desquels l'vn à l'autre despart Du ciel et de l'enfer la moitié de sa part, Et l'amour diffamé de la trop belle Heleine.