‹ Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IVChapitre 214 sur 241 · CHAPITRE XXVIII.

CHAPITRE XXVIII.

4, +Caton le Censeur+.--Fut préteur; consul, obtint par ses succès en Grèce les honneurs du triomphe; enfin censeur, fonctions qu’il exerça avec une grande sévérité. Dans ses dernières années, redoutant la rivalité de Carthage, il terminait tous ses discours au Sénat, quel qu’en fût l’objet, en disant qu’il fallait la détruire. On lui a reproché son avarice (V. N. =I=, 564: Dehors; N. =II=, 110: Seruy) et trop de penchant pour le vin (V. N. =I=, 616: _Virtus_).

4, +Ieune Caton+.--Montra de bonne heure une âme ferme et courageuse qui ne se démentit jamais. Lors de la rivalité de César et de Pompée, il se déclara pour ce dernier; du reste bien avant déjà il s’était prononcé contre César dont il redoutait l’ambition et qui avait été l’amant de sa sœur. Après la défaite de Pompée, il rallia son armée et passa en Afrique pour continuer la résistance; la bataille de Thapsus anéantit ses espérances; enfermé dans Utique, il s’y donna la mort, et de ce fait a été appelé Caton d’Utique pour le distinguer de son grand-oncle Caton le Censeur (V. =I=, 502 et N. Escarmouche; N. =II=, 430: Premier; N. =II=, 434: Autre; N. =I=, 404: _Catoni_).

5, +Apparient+.--Les éd. ant. portent: _font à mon opinion grand honneur au premier: car ie les trouue eslongnez d’vne extreme distance_; au lieu de: «apparient... siecle».

6, +Visages+.--C.-à-d. le premier montra son beau naturel sous plus d’aspects différents.

6, +Precelle+.--L’emporte; du latin _præcellere_, surpasser, vaincre.

11, +Scipion+.--L’animosité de Caton le Censeur contre Scipion l’Africain ne prit jamais fin. Non content de l’attaquer lui-même, il lui suscita des accusateurs (V. =I=, 660); et, ne parvenant pas à l’atteindre à cause de son illustration, il poursuivit son frère Lucius qu’il fit condamner à une amende excédant ses ressources et plus tard, lorsque lui-même fut censeur, il alla jusqu’à le priver de son cheval, pour insulter à la mémoire de son frère.

13, +Dit+.--PLUTARQUE, _Caton le Censeur_, 1.

14, +Grecque+.--Caton avait quatre-vingts ans quand il commença à se livrer à l’étude de cette langue.

17, +Enfantillage+.--En enfance. Cette expression de Montaigne est de celles que PASQUIER lui reproche d’avoir employées dans un sens inaccoutumé.

17, +Et tout+.--Aussi. On dit encore dans certaines parties de la France, notamment en Sologne, «itout», pour aussi.

18, +Patenostre+.--L’oraison dominicale, le _Pater noster_, comme l’on dit quelquefois, ou simplement le _Pater_, expression d’usage courant. Patenostre, au dire de PASQUIER, était à l’époque une expression purement gasconne: «Dieu nous garde des patenostres de M. le Connétable», disait-on alors, en parlant du connétable de Montmorency qui, dévot autant que sévère, marmottait toujours Pater, Credo et Ave Maria, ne s’interrompait que pour ordonner des mesures de rigueur et reprendre aussitôt ses oraisons.

21, +Gaigna+.--PLUTARQUE, _Parallèle de Flaminius avec Philopœmen_.--En =197=; à la bataille de Cynoscéphales, où il défit Philippe V, roi de Macédoine.

22, +Honestis+.--Dans Juvénal, d’où elle est tirée, cette phrase a un sens tout autre que celui dans lequel elle est employée ici.

24, +Encore?+--PLUTARQUE, _Apophth. des Lacédémoniens_. Xénocrate, dit-il, venait à l’école d’Eudeminondas pour y apprendre la vertu: «Quand en usera-t-il, s’il en est encore à la chercher?» aurait observé celui-ci. Le fait ainsi présenté semble douteux, Xénocrate ayant été des disciples de Platon, au nombre desquels comptait également Eudeminondas, et ayant dirigé l’Académie, après Speusippe, pendant vingt-cinq ans; mais il se peut que Xénocrate qui, lui aussi, l’avait eu pour auditeur, allât parfois l’entendre quand il en vint lui-même à professer.

25, +Philopœmen+.--PLUTARQUE, _Philopœmen_, 12.

=588=,

1, +Sages+.--Cette maxime est tirée de SÉNÈQUE, _Epist._ 36.

20, +Cettuy-cy+.--Caton le Censeur.

23, +Abecedaire+.--SÉNÈQUE, _Epist._ 36.

40, +Nuict+.--SÉNÈQUE, _Epist._ 71 et 104. Le jour où Caton échoua dans l’obtention de la préture, dit l’auteur latin, il alla jouer à la paume; Montaigne parle à cette occasion de la nuit au lieu du jour, probablement par licence littéraire, pour mieux établir le parallèle entre ce fait et celui de sa mort.