LIVRE SECOND - CHAPITRE XXXVI.
(_Suite_).
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21, +Aueugle+.--Ce qui ne veut pas dire qu’il était aveugle-né; croire qu’Homère est né aveugle, dit VELLEIUS PATERCULUS, c’est être soi-même aveugle et privé de tout sens et surtout de bon sens.
21, +Auant que+.--Les éd. ant. aj.: _les arts et_.
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17, +Elle est+.--Les éd. ant. aj.: _foible et_.
23, +Imiter+.--Ce jugement sur Homère a été formulé par VELLEIUS PATERCULUS, I, 5.
23, +Aristote+.--_Poétique_, 24.
24, +Substantiels+.--Les éd. ant. aj.: _et massifs_.
26, +Coffret+.--PLINE, _Hist. nat._, VII, 9.--A la bataille d’Issus, tout le camp de Darius, qui traînait avec lui sa famille, sa cour, des richesses considérables, et où régnait un luxe inouï, était tombé aux mains du vainqueur.
28, +Militaires+.--PLUTARQUE, _Alexandre_, 2.
29, +Cleomenes+.--PLUTARQUE, _Apophth. des Lacédémoniens_.
32, +Plutarque+.--Dans son traité _Du trop parler_, 5.
37, +Point+.--PLUTARQUE, _Alcibiade_, 3.
42, +Qu’il est+.--PLUTARQUE, _Apophth. des rois_, art. _Hiéron_.
43, +Philosophes+.--CICÉRON, _Tusc._, I, 32.
46, +Helene+.--Fille de Jupiter et de Léda, femme de Tyndare roi de Sparte, était sœur de Castor et de Pollux, ainsi que de Clytemnestre femme d’Agamemnon. Elle épousa Ménélas, qui succéda à Tyndare comme roi de Sparte et dont elle eut une fille Hermione. Elle fut enlevée par Pâris, fils de Priam, roi de Troie, ce qui détermina la guerre de ce nom, entre les Grecs et Troie. Après la prise de cette ville qu’Hélène livra perfidement aux Grecs pour rentrer en grâce auprès de son époux, celui-ci la ramena à Sparte. Ménélas mort, elle dut quitter Sparte et se retira à Rhodes où Polixo, femme de Tlépolème qui avait péri au siège de Troie, la fit pendre.
47, +Iamais+.--Montaigne semble avoir des doutes que le siège de Troie ait jamais eu lieu.
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5, +Troyens+.--Les Romains se réclamaient, par la descendance d’Énée, d’une prétendue origine troyenne; cette origine a été également revendiquée par les Vénètes; on a même été jusqu’à l’établir pour les Francs.
7, +Moy+.--Cette lettre a toujours passé pour apocryphe.--En citant ce passage, BAYLE dit: «Voilà comment des maux chimériques, forgés par des poètes, ont servi d’apologie à des maux réels»; forgés par des poètes, par d’autres ou par nous-mêmes; cette réflexion est bien juste.
12, +Athenæ+.--Vers grec cité par AULU-GELLE, III, 11, et reproduit en latin.--La même incertitude règne sur le lieu de naissance de quelques illustrations semblables: Christophe Colomb est revendiqué par Gênes, Savone, Nervi, Cogoletto, Cuecaro et Calvi. Huit villes se sont disputé l’honneur d’avoir vu naître Cervantès: Madrid, Tolède, Séville, Lucana, Esquivias, Alcazar de San Juan, Consnegra et Alcala de Hénarès.--On ne connaît pas avec certitude où est né Charlemagne.
13, +Alexandre le Grand+.--Fils de Philippe et d’Olympias, eut Aristote pour précepteur et monta sur le trône en =336=. Dès son début, il soumit la Grèce qui, se fiant sur sa jeunesse, avait cru pouvoir secouer le joug que son père lui avait imposé, et détruisit Thèbes de fond en comble. Puis, se faisant nommer généralissime des Grecs contre les Perses, il franchit l’Hellespont avec 30.000 hommes et 5.000 chevaux; défit sur les bords du Granique (=334=) l’armée de Darius roi des Perses et soumit l’Asie Mineure; l’année suivante il le vainquit lui-même à Issus en Cilicie (=333=), et y fit prisonnière sa famille qu’il traita avec générosité; acheva la soumission de la Syrie, de l’Égypte où il fit bâtir Alexandrie, et pénétra jusqu’en Libye où il se fit déclarer fils de Jupiter, par l’oracle d’Ammon. A son retour, il remporta une nouvelle victoire sur Darius (=331=), qui fut bientôt suivie de la mort de ce roi et le rendit maître de toute la Perse. Poursuivant ses conquêtes, il attaqua les Scythes, les Indiens, défit le roi Porus qu’il traita avec magnanimité et s’avança jusqu’à l’Indus. Ses soldats refusant de le suivre plus loin, il revint à Babylone où il mourut d’une fièvre aiguë (=323=), usé qu’il était par les débauches et les excès de toutes sortes.--A sa mort, son corps, après avoir été embaumé et exposé pendant sept jours, fut placé dans un cercueil d’or et transporté, suivant le désir qu’il en avait manifesté, à Alexandrie (Égypte). Sur le chariot qui effectuait le transport et qui était traîné par 64 mulets, attelés à quatre timons, se présentant 8 de front, sur une égale profondeur, s’élevait une chambre sépulcrale monumentale où abondaient l’or, la pourpre et les pierreries. César et Auguste se firent ouvrir son tombeau, et sur sa tête ce dernier plaça une couronne d’or; l’empereur Septime Sévère en interdit l’accès; et, depuis, on ignore ce qu’il est devenu.
31, +Possession+.--Alexandre ne désigna personne pour lui succéder, se contentant de léguer sa couronne au plus digne. Son empire fut partagé entre ses généraux et ce partage fut la source de guerres longues et sanglantes. Perdiccas, auquel en mourant il avait remis son anneau royal, se considérant de ce fait comme appelé à régner sur l’ensemble, effectua le partage sans rien se réserver pour lui-même en particulier: Séleucus reçut la Syrie et la haute Asie; Ptolémée, l’Égypte; Antigone, l’Asie Mineure; Eumène, la Cappadoce et la Paphlagonie; Lysimaque, la Thrace; Antipater, la Macédoine et la Grèce. Quelques-uns, comme Séleucus et Ptolémée, firent souche et leurs dynasties régnèrent jusqu’au moment où, deux ou trois siècles après, leurs états devinrent simples provinces romaines.
32, +Temperance+.--Ce mot est à prendre ici dans le sens de modération, bien qu’Alexandre n’ait guère été plus modéré que tempérant.
34, +Reproche+.--Les éd. ant. à 88 aj.: _que la colere_.
38, +Thebes+.--Certaines éditions postérieures ajoutent: _et de Persepolis_.--Pour ce qui est de la ruine de Thèbes, V. N. =I=, 22: Esclaues. Celle de Persépolis, que Montaigne eût également pu citer, eut lieu dans les conditions suivantes: Dans le cours d’une orgie et sous l’influence de l’ivresse et à l’incitation de Thaïs, courtisane athénienne, Alexandre, quittant la salle du festin, portant lui-même une torche enflammée, alla mettre le feu au palais des rois de Perse; ce palais, dont les ruines subsistent encore, construit en bois de cèdre, passait pour la huitième merveille du monde (=331=).
38, +Menander+.--Commandant d’une forteresse en Perse, ne voulut pas y demeurer quand Alexandre se proposa de passer dans les Indes; irrité de son refus, ce prince le tua de sa propre main.
39, +Hephestion+.--Favori d’Alexandre, compagnon de ses travaux et de ses plaisirs, atteint de maladie, mourut du fait de sa propre imprudence; Alexandre fut si affecté de cette mort, qu’il fit, dit Plutarque, mettre en croix le médecin qui le soignait. Arrien conteste le fait.
39, +Persiens+.--Après la bataille d’Issus, où les pertes des Perses s’élevèrent, dit-on, à cent mille hommes.
40, +Indiens+.--Ces Indiens, guerriers de profession, se mettaient à la solde des peuplades voisines et les servaient avec fidélité et courage; ils avaient fait souvent du mal à Alexandre qui, les tenant assiégés dans une ville d’abord difficile, leur offrit une capitulation honorable pour les amener à en sortir; comme ils se retiraient, il les surprit dans leur marche et les fit tous passer par le fil de l’épée (=330=).
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1, +Cosseïens+.--Pour se distraire du chagrin que lui causait la mort d’Héphestion, Alexandre, dit Plutarque, partit en guerre, comme on va à une partie de chasse, contre les Cosséiens qu’il extermina, sans distinction de sexe, ni d’âge, n’épargnant même pas les petits enfants: holocauste, dit son entourage, à la mémoire d’Héphestion (=327=).
2, +Clytus+.--QUINTE-CURCE, X, 5.--Clitus était frère de la nourrice d’Alexandre, l’avait suivi dans toutes ses expéditions et lui avait sauvé la vie au passage du Granique. Dans un festin, le roi, échauffé par le vin, et irrité de ce qu’il mettait les exploits de son père au-dessus des siens, le tua (=326=). Revenu à lui, il le pleura et lui fit faire des funérailles magnifiques; mais ce qui contribua le plus à calmer sa douleur et ses remords, c’est que la veille du meurtre, l’ayant vu en songe vêtu d’une robe noire, assis au milieu des enfants de Parménion qui tous étaient morts, le divin Aristandre lui rappela ce songe, comme un indice certain que c’était là un événement réglé par le destin; et que, d’autre part, le philosophe Anaxagoras s’évertua à lui prêcher que toutes les actions des princes sont justes et légitimes, et qu’il se devait à lui-même de ne pas se laisser maîtriser par une vaine opinion.
5, +Vices+.--Si Alexandre a pu mériter d’être jugé ainsi au début, il n’en a pas été de même plus tard, quand la nature s’éveillant en lui et la prospérité l’enivrant, ses passions ont pris le dessus. Dès lors, il se plongea dans la débauche et sa vie ne fut plus qu’une suite ininterrompue de désordres de tous genres qui scandalisèrent ses anciens sujets. TITE-LIVE et ATHÉNÉE le jugent beaucoup moins favorablement que Montaigne qui, comme Plutarque et Quinte-Curce ses historiens, se montre fort indulgent à son égard. C’est chez ce dernier qu’on trouve le récit curieux de son attitude vis-à-vis de Bagoas, cet eunuque mignon de Darius, qui servit de même aux plaisirs de son vainqueur, lequel en plein théâtre lui prodiguait les baisers les plus lascifs; Tite-Live, qui ne s’est occupé de lui qu’incidemment, estime qu’il n’eût pas triomphé des Romains aussi facilement qu’il a subjugué les nations orientales.
9, +Indes+.--Ses troupes refusant de le suivre au delà du Gange, Alexandre revint sur ses pas. Mais, pour laisser dans ces contrées une haute idée de son nom, il fit, dit PLUTARQUE, forger des armes plus grandes, des mangeoires pour chevaux plus hautes, des mors plus pesants que d’ordinaire, et les abandonna, les faisant semer çà et là.
10, +Fortune+.--Voir sur les faits qui précèdent: PLUTARQUE, _Alexandre_, 18, 19, 22, etc.;--QUINTE-CURCE, IX, 3; X, 4, 5, etc.;--DIODORE DE SICILE, XVII, 95.
13, +Hommes+.--Annibal, d’après TITE-LIVE, donnait le pas à Alexandre sur tous autres, parce qu’avec une poignée d’hommes, il avait triomphé d’innombrables ennemis, et qu’il avait atteint les régions extrêmes qu’il était donné à l’homme de pouvoir atteindre. V. N. =II=, 622: Hannibal.
15, +Miracle+.--Les éd. ant. à 88 aj.: _car on tient entre autres choses que sa sueur produisoit une tres douce et souafue odeur_, ce que Montaigne a déjà dit dans son chapitre des senteurs, =I=, 574.
23, +Medailles+.--TRÉBELLIUS POLLION, _Trig. tyrann._, 14.--On a eu la même opinion, après saint Louis, sur les pièces de monnaie à son effigie.
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1, +Epaminondas+.--S’était d’abord adonné à l’étude des lettres et de la philosophie. Lié avec Pélopidas, il l’aida à délivrer Thèbes des Lacédémoniens qui s’en étaient emparés par trahison. Nommé général lors de la guerre qui s’ensuivit, il fut vainqueur à Leuctres (=371=), et releva Messène de ses ruines pour l’opposer à Lacédémone. Postérieurement, il obtint plusieurs avantages sur Alexandre, tyran de Phères; puis, la guerre ayant repris contre les Lacédémoniens, il les battit à nouveau à Mantinée, mais y fut blessé mortellement (=363=). Épaminondas donna l’exemple de toutes les vertus; il n’avait pas moins de frugalité et de désintéressement que de génie et de courage. V. N. =I=, 344: Reng.
13, +Eux+.--DIODORE DE SICILE, XV, 88; PAUSANIAS, VIII, 13, etc. C’est aussi le jugement de CICÉRON, _De Orat._, III, 34; _Tusc._, I, 2; il est vrai qu’ailleurs, _Acad._, II, 1, il en dit autant de Thémistocle.
16, +Luy+.--PLUTARQUE, _De l’Esprit familier de Socrate_, 23.
20, +Partie+.--Les éd. ant. aj.: _qui est de la vertu et_.
23. +Cestuy-cy+.--Épaminondas.
25, +Parangon+.--En comparaison. Ce mot s’employait aussi dans le sens de modèle: «O dame illustre, ô parangon d’honneur!» MAROT.
=20=,
18, +Leuctres+.--PLUTARQUE, _Coriolan_, 2; et dans le traité où il entreprend de prouver _Qu’on ne saurait vivre joyeusement selon la doctrine d’Épicure_, 13.
19, +Beaucoup+.--Coucher de beaucoup, c’est exagérer, se vanter.--Ce mot «coucher» était à l’époque fréquemment employé et présentait des acceptions très diverses suivant la nature du complément qui l’accompagnait: «coucher de peu», c’était faire bon marché de, faire le modeste; «coucher gros», mettre gros jeu sur une carte par exemple; «coucher par écrit» se dit encore dans le langage familier. REGNIER a dit: «Ne couche de rien moins que l’immortalité», c.-à-d. ne vise, n’aspire à rien moins qu’à l’immortalité.
20, +Tant+.--L’éd. de 88 aj.: _vtile et_.
22, +Cause+.--PLUTARQUE, _De l’Esprit familier de Socrate_, 4.
25, +L’espargner+.--ID., _ibid._, 17.
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2, +Luy+.--DIODORE DE SICILE, XX, 88; CORNÉLIUS NÉPOS, _Épaminondas_, 10; JUSTIN, VI, 8; etc.