‹ Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IVChapitre 51 sur 241 · CHAPITRE III.

CHAPITRE III.

=A propos d’une coutume de l’île de Céa=, =I=, 629.--Il y a des accidents pires que la mort; celui qui ne la craint pas, brave toutes les tyrannies et toutes les injustices (DAMINDAS, AGIS, un enfant de LACÉDÉMONE, les LACÉDÉMONIENS et ANTIPATER, les LACÉDÉMONIENS et PHILIPPE), 629.--C’est un bienfait de la nature que d’avoir mis constamment, comme elle l’a fait, la mort à notre portée, et, par elle, de nous avoir faits libres d’accepter ou de refuser l’existence qui nous est faite. Arguments en faveur du suicide (BOIOCALUS, le grammairien SERVIUS, les STOÏCIENS, HÉGÉSIAS, DIOGÈNE et SPEUSIPPE), 631.--Objections contre le suicide; c’est une lâcheté de fuir l’adversité; c’est aller contre les lois de la nature que de ne pas supporter l’existence telle qu’elle nous l’a faite (REGULUS et CATON, MARTIAL, LUCAIN, PLATON), 633.--Pour ceux qui admettent comme licite de se donner la mort, dans quel cas est-on fondé à user de cette faculté? Tant que demeure un reste d’espérance on ne doit pas disposer de sa vie, et les revirements de la fortune sont tels qu’il n’y a jamais lieu de désespérer (les VIERGES de Milet, THERYCION et CLÉOMÈNE, JOSÈPHE, CASSIUS et BRUTUS, le duc D’ENGHIEN à Cérisoles), 637.--Cependant des maladies incurables, d’irrémédiables infortunes peuvent autoriser une mort volontaire (DÉMOCRITE chef des Étoliens, ANTINOÜS et THEODOTUS, un SICILIEN à Goze, les FEMMES JUIVES lors de la persécution d’Antiochus, SUBTERFUGE employé par sa famille vis-à-vis d’un criminel, SCRIBONIA et son neveu LIBO, mort courageuse de RAZIAS lors de la persécution de Nicanor), 639.--Elle est glorieuse chez les femmes qui n’ont d’autre moyen de conserver leur honneur, ou auxquelles il a été ravi par la violence, ce dont beaucoup pourtant finissent par prendre leur parti (PELAGIA et SOPHRONIA, une FEMME de Toulouse, CLÉMENT MAROT), 641.--Les raisons les plus diverses ont été cause de semblables résolutions (L. ARUNTIUS, GR. SILVANUS et STATIUS PROXIMUS, SPARGAPIZEZ, BOGÈS, NINACHETUEN seigneur indien, COCCEIUS NERVA), 643.--Femmes se donnant la mort pour encourager leurs maris à faire de même (SEXTILIA femme de Scaurus, PAXEA femme de Labeo, la FEMME de Fulvius), 645.--Mort de Vibius Virius et de vingt-sept autres sénateurs de Capoue, 645.--Inhumanité de Fulvius consul romain (TAUREA JUBELLIUS), 647.--Indiens qui se brûlent tous dans une ville assiégée par Alexandre le Grand, 647.--Fin tragique des habitants d’Astapa, ville d’Espagne assiégée par les Romains, 649.--Fin analogue des habitants d’Abydos; de semblables résolutions sont plus facilement décidées par les foules que par les individus, 649.--Privilège accordé du temps de Tibère aux condamnés à mort qui se la donnaient eux-mêmes, 649.--Parfois on se donne la mort dans l’espoir des félicités d’une vie future (S. PAUL, CLÉOMBROTE, JACQUES DU CHATEL évêque de Soissons, les INDIENS), 651.--Plusieurs coutumes et institutions politiques autorisaient le suicide et s’y prêtaient (à MARSEILLE, dans l’île de CÉA; mort courageuse, dans ces conditions, d’une FEMME de haut rang de cette île qui s’empoisonne en public; chez une NATION HYPERBORÉENNE), 651.--Conclusion: de grandes douleurs et une mort misérable en perspective sont les motifs les plus excusables qui peuvent nous porter à nous ôter la vie, 653.