‹ Essais de Montaigne (self-édition) - Volume IVChapitre 59 sur 241 · CHAPITRE XI.

CHAPITRE XI.

=De la cruauté=, =II=, 85.--La bonté a l’apparence de la vertu; mais celle-ci lui est supérieure en ce qu’elle suppose une lutte perpétuelle contre les passions (les STOÏCIENS, ÉPICURIENS et ARCÉSILAS), 85.--C’est par les combats qu’elle livre, que la vertu se perfectionne (ÉPAMINONDAS, SOCRATE, METELLUS), 87.--Dans les âmes touchant à la perfection, la vertu est facile à pratiquer parce qu’elle y est à l’état d’habitude (SOCRATE), 89.--Combien est belle la mort de CATON D’UTIQUE, étant donnés ses circonstances et son mobile, 91.--L’espèce de gaîté qui accompagne la mort de SOCRATE met encore celle-ci au-dessus de celle de CATON (ARISTIPPE), 93.--La vertu comporte divers degrés: résister au vice d’une façon continue et en triompher, est plus beau que de réagir après y avoir cédé de prime abord; et cette réaction elle-même est plus méritoire que de ne pas s’abandonner à mal faire par nonchalance de tempérament, 93.--Certaines vertus nous sont attribuées qui ne proviennent que de la faiblesse de nos facultés, ce dont il y a lieu de tenir compte avant de porter un jugement sur nos actes (appréciation sur la bravoure chez les ITALIENS, les ESPAGNOLS, les FRANÇAIS, les ALLEMANDS et les SUISSES), 93.--Montaigne déclare qu’il a dû à son tempérament, plus qu’aux efforts qu’il a faits pour leur résister, de ne pas céder à ses passions, et qu’il était plus réglé dans ses mœurs que dans ses pensées et ses propos, ainsi que cela arrive chez bien d’autres (ARISTIPPE, ÉPICURE), 95.--Il estime, contrairement à ce qu’en pensent les STOÏCIENS, que, pour être adonné à un vice, on n’est pas nécessairement sujet à tous les autres (SOCRATE, STILPON), 99.--Il est possible à l’homme, quoique le contraire ait été soutenu, de demeurer maître de ses pensées et de sa volonté sous les caresses les plus ardentes de la femme la plus désirée, plus encore que sous l’excitation de la chasse pour qui a cette passion, 101.--Sensibilité de MONTAIGNE; son horreur pour tout ce qui est cruauté (JULES CÉSAR), 101.--Même à l’égard des criminels, la peine de mort devrait être appliquée sans aggravation de tourments barbares qui n’ajoutent rien à son effet (un SOLDAT prisonnier), 103.--Ces barbaries devraient, tout au plus, s’exercer sur les corps inanimés des suppliciés; d’autant qu’il est à remarquer que mutiler les cadavres, produit une grande impression sur le peuple. Aujourd’hui, au contraire, on en est arrivé à tuer et à torturer les gens uniquement pour le plaisir de leurs souffrances (le voleur CATENA, ARTAXERXÈS, les ÉGYPTIENS), 103.--Humanité de MONTAIGNE vis-à-vis des bêtes, 105.--Le dogme de l’immortalité de l’âme a conduit au système de la métempsycose auquel, pour sa part, Montaigne ne croit guère (PYTHAGORE, les ÉGYPTIENS, les anciens GAULOIS), 107.--Chez certains peuples, certains animaux étaient divinisés; c’était un hommage rendu, soit aux services que nous en retirons, soit aux qualités essentielles qui les caractérisent, 107.--Nous devons nous montrer justes envers nos semblables et avoir des égards pour toutes les autres créatures susceptibles d’en sentir les effets; des peuples entiers, des hommes célèbres ont témoigné par des monuments et autrement leur reconnaissance à des animaux (les TURCS, les OIES du Capitole, les BÊTES DE SOMME employées à Athènes à l’érection d’un temple, les AGRIGENTINS, les ÉGYPTIENS, CIMON, XANTIPPE, PLUTARQUE), 109.