Troisième partie : De l’origine et de la nature des affections · DÉMONSTRATION
Quand une chose odieuse est affectée de Tristesse, elle est dans une certaine mesure détruite et cela d’autant plus qu’elle est affectée d’une Tristesse plus grande (Scolie de la Prop. 11). Qui donc (Prop. 20) imagine affectée de Tristesse la chose qu’il a en haine, éprouvera l’affection contraire qui est la Joie ; et cela d’autant plus qu’il imagine la chose odieuse affectée d’une Tristesse plus grande ; ce qui était le premier point. Maintenant la Joie pose l’existence de la chose joyeuse (même Scolie de la Prop. 11), et cela d’autant plus qu’on la conçoit plus grande. Si quelqu’un imagine affectée de Joie la chose qu’il a en haine, cette imagination (Prop. 13), réduira son effort, c’est-à-dire (Scolie de la Prop. 11) qu’il sera affecté de Tristesse, etc. C. Q. F. D.