‹ ÉthiqueChapitre 295 sur 459 · Troisième partie : De l’origine et de la nature des affections · SCOLIE

Troisième partie : De l’origine et de la nature des affections · SCOLIE

Il suit de là que les Affections des vivants que l’on dit privés de raison (nous ne pouvons douter en effet que les animaux ne sentent, une fois connue l’origine de l’Âme), diffèrent des affections des hommes autant que leur nature diffère de l’humaine. Le cheval et l’homme sans doute sont emportés par la Lubricité de procréer ; mais le premier par une Lubricité de cheval, le second par une Lubricité d’homme. De même aussi les Lubricités et les Appétits des insectes, des poissons et des oiseaux, doivent être différents les uns des autres. Bien que chaque individu vive dans le contentement et l’épanouissement de sa nature telle qu’elle est formée, cette vie dont chacun est content et cet épanouissement ne sont rien d’autre que l’idée ou l’âme de cet individu, et ainsi l’épanouissement de l’un diffère de l’épanouissement de l’autre autant que la nature ou essence de l’un diffère de la nature ou essence de l’autre. Enfin il suit de la Proposition précédente que la différence n’est pas petite entre l’épanouissement dont un ivrogne, par exemple, subit l’attrait, et l’épanouissement auquel est parvenu un Philosophe, ce que j’ai voulu faire observer en passant. Voilà pour ce qui concerne les affections qui se rapportent à l’homme en tant qu’il est passif. Il me reste à ajouter quelques mots sur celles qui se rapportent à lui en tant qu’il est actif.

Outre la Joie et le Désir qui sont des passions, il y a d’autres affections de Joie et de Désir qui se rapportent à nous en tant que nous sommes actifs.

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