‹ ÉthiqueChapitre 294 sur 459 · Troisième partie : De l’origine et de la nature des affections · DÉMONSTRATION

Troisième partie : De l’origine et de la nature des affections · DÉMONSTRATION

Cette proposition est évidente par l’Axiome 1 qui se voit après le Lemme 3 faisant suite à la Proposition 13, partie II. Nous la démontrerons, néanmoins, par les Définitions des trois affections primitives.

Toutes les affections se ramènent au Désir, à la Joie ou à la Tristesse comme le montrent les définitions que nous en avons données. Mais le Désir est la nature même ou l’essence de chacun (Scolie de la Prop. 9) ; donc le Désir de chacun diffère du Désir d’un autre autant que la nature ou essence de l’un diffère de l’essence de l’autre. La Joie et la Tristesse, maintenant, sont des passions par lesquelles la puissance de chacun ou son effort pour persévérer dans son être, est accrue ou diminuée, secondée ou réduite (Prop. 11 avec le Scolie). Mais par l’effort pour persévérer dans son être, en tant qu’il se rapporte à la fois à l’Âme et au Corps, nous entendons l’Appétit et le Désir (Scolie de la Prop. 9) ; donc la Joie et la Tristesse est le Désir même ou l’Appétit, en tant qu’il est accru ou diminué, secondé ou réduit par des causes extérieures, c’est-à-dire (même Scolie) est la nature même de chacun ; et ainsi la Joie ou la Tristesse de l’un diffère de la Joie ou de la Tristesse d’un autre, autant aussi que la nature ou essence de l’un diffère de la nature ou essence de l’autre ; et conséquemment une affection quelconque de chaque individu diffère de l’affection d’un autre autant, etc. C. Q. F. D.

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