‹ ÉthiqueChapitre 349 sur 459 · Quatrième partie : De la servitude de l’homme · DÉMONSTRATION

Quatrième partie : De la servitude de l’homme · DÉMONSTRATION

De la connaissance vraie du bon et du mauvais, en tant qu’elle est une affection (Prop. 8), naît nécessairement un Désir (Déf. 1 des Affections), et il est d’autant plus grand que l’affection d’où il naît est plus grande (Prop. 37, p. III). Puisque cependant ce Désir (par hypothèse) naît de ce que nous connaissons quelque chose vraiment, il se forme donc en nous en tant que nous agissons (Prop. 1, p. III) et doit ainsi être connu par notre essence seule (Déf. 2, p. III) ; conséquemment (Prop. 7, p. III), sa force et sa croissance doivent être définies par la seule puissance de l’homme. Maintenant les Désirs qui naissent des affections par lesquelles nous sommes dominés, sont d’autant plus grands que ces affections sont plus violentes ; par suite, leur force aussi et leur croissance doivent être définies par la puissance des causes extérieures (Prop. 5) qui, comparée à la nôtre, la surpasse indéfiniment (Prop. 3). Par suite, les Désirs qui naissent d’affections de cette sorte pourront être plus violents que celui qui naît de la connaissance vraie du bon et du mauvais ; et par là (Prop. 7) pourront réduire ou éteindre ce dernier. C. Q. F. D.

Le Désir qui naît de la connaissance du bon et du mauvais, en tant qu’elle est relative à l’avenir, peut plus aisément être réduit ou éteint par le Désir des choses qui sont présentement agréables.

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