Quatrième partie : De la servitude de l’homme · DÉMONSTRATION
Chacun juge selon sa complexion, quelle chose est bonne (Scolie de la Prop. 39, p. III) ; l’ignorant donc qui a fait quelque bien à quelqu’un, l’estimera selon sa complexion, et s’il voit ce bienfait tenu en moindre estime par celui qui le reçoit, il sera contristé (Prop. 42, p. III). L’homme libre, d’autre part, s’applique à établir entre les autres hommes et lui un lien d’amitié (Prop. 37) et non à leur rendre des bienfaits qui, dans leur propre opinion, soient jugés égaux, mais à se conduire et à conduire les autres suivant le libre jugement de la Raison, et à faire seulement ce qu’il sait tenir la première place. L’homme libre donc, pour ne pas être en haine aux ignorants et ne pas déférer à leur appétit, mais à la Raison seule, s’efforcera, autant que possible, d’éviter leurs bienfaits. C. Q. F. D.