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Chapitre 14 Avoir une mauvaise affaire sur les bras

La pire affaire c’est de se trouver dans la nécessité absolue d’accomplir un acte héroïque, une restitution, par exemple. Une loi, supposons, qui contraindrait les enfants à reconnaître leurs parents et à combler leur vieillesse de douceurs serait une affaire exécrable. Combien d’autres encore !

Essayez de vous représenter la situation d’Hanotaux le Juste cramponné, jusque dans son fauteuil d’académicien, par une malheureuse ayant succombé jadis à l’irrésistible tentation de son visage, et qu’il aurait abandonnée dans la crotte, ainsi qu’il convenait, lorsqu’il lui fallut renoncer aux joies inférieures pour s’élever aux emplois sublimes. Quelle haïssable et pesante affaire sur les bras de cet Atlas déjà trop chargés du poids d’un monde !

Aristide mourut pauvre, la grammaire nous l’enseigne, et c’est vraiment trop injuste d’être menacé d’ostracisme par une femme de basse condition qui ose prétendre que son infidèle la nourrisse au moins un peu sur les jetons de présence de l’Académie, lorsqu’il y a tant de croûtes mangeables dans les boîtes à ordures des maisons bourgeoises ! Les bras d’Hanotaux et une telle affaire sur de tels bras !

Je l’ai beaucoup connu, il y a vingt-cinq ou trente ans, lorsque cet enfant de notaire n’était encore que saute-ruisseau aux Archives de l’Extérieur d’où il devait bondir tout à coup jusqu’au lustre du grand théâtre de la politique. J’eus, un jour, l’occasion de lui parler d’une autre abandonnée et je me souviens de l’indignation généreuse qu’il exhala, du mépris amer dont il accabla le coupable. Il avait raison sans doute, celui-là n’étant pas académicien.

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