‹ Exégèse des Lieux Communs nouvelle sérieChapitre 78 sur 130 · Chapitre 76 Rien n’est éternel

Chapitre 76 Rien n’est éternel

Identique au précédent. Cependant, ô Bourgeois, ta sottise a bien le caractère de l’éternité. J’ai beau faire, je n’imagine pas une durée moindre et je n’arrive pas à concevoir un instant de cette durée où tu cesserais d’être un imbécile. Cela seul doit forcer à croire à l’Eternité divine.

En admettant même que tu n’aies pas d’âme immortelle, ce qui comblerait tes vœux, ta sottise flotterait quand même et à jamais sur ta misérable poussière, comme le Saint-Esprit sur les ossements des Martyrs. Pour ce qui est de ton commencement, je ne parviens pas non plus à le discerner, en sorte que tu me parais un prodige.

Tu es tellement imbécile, mon pauvre garçon, que tu décourages, en même temps, la métaphysique et la zoologie curieuses de tes origines. Tes gestes continuellement automatiques et immodifiables et les sons plus ou moins articulés que tu profères, te font si semblable aux animaux qui n’ont qu’une existence collective, qui font exactement ce que faisaient leurs ancêtres, il y a des milliers d’années, sans qu’aucune éducation ni culture les puisse détourner de cet instinct ! A ce titre même, tu es inclassable. Serait-ce que tu n’es véritablement qu’une illusion, une sorte de buée mauvaise exhalée en amont des temps par celui des anges détestables qui préfigura le juste milieu de Louis-Philippe avant d’être précipité ?

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