33.1
— Tiens, cet excellent Schozanler ! Comment vas-tu, mon vieux rameau ?
— Mieux que je ne saurais dire, et heureux, mon pauvre ami, heureux !
— Quand tu ne te serviras plus de ton bonheur, tu ne le jetteras pas, hein ! Pense à moi !
— Si tu la connaissais !…
— Ah ! il s’agit d’une créature ?
— Je t’en supplie, mon ami, n’emploie pas ce mot pour elle.
— Diable, tu m’inquiètes !
— Je la connais d’hier seulement.
— Et dans quel marché aux volailles as-tu déniché cette perle ? Au Jardin de Paris ?
— (Sévèrement.) Tu me ferais plaisir, mon cher, quand tu parleras de cette personne, de te servir d’un autre ton.
— C’est bon, c’est bon, on respectera ta princesse.
— Quand je l’ai connue, mon cher, elle était pure comme l’ange de la création.
— Chouette !… mais es-tu bien sûr, au moins ?
— Jeanne d’Arc, à côté d’elle, n’était qu’une infâme gourgandine !
— Tu te mets bien, toi, pour ce qui est de tes jeunes amies… Nous prenons quelque chose ?
— Si tu veux.
— Garçon !… Que bois-tu, toi ?
— Une menthe verte.
— Ah ! ah ! Et moi un bock. Garçon !… un bock et une menthe verte !
(Après avoir bu, je quitte mon ami en lui serrant la main avec une nuance d’envie.)