‹ Fantasques: Petits poèmes de propos diversChapitre 96 sur 105 · CCCLXXI

CCCLXXI

HOMMAGE

Je t’aime, je te le répète... Le sais-tu? Je te le dis encore, je m’entête: Toujours, je fus têtu, Têtu comme un gros livre Pénétré d’une seule idée... Et c’est à toi que je l’ai demandée, L’idée âpre qui me fait vivre! Mais, depuis lors, je t’aime, A la façon dont les roses sont rouges Ou blêmes, A la façon dont les nuages bougent Ou se défont, suivant le souffle qui les mène. --Je t’adore et ne sais pourquoi; Je vais où me conduit ta voix, Et si mon âme est lasse, Mon cœur blessé, parfois, (Parfois... serait-ce pas souvent?) tant pis pour moi! De ta bonté je te rends grâce Et je m’incline sous ta loi.

CCCLXXII

PSYCHOLOGIE

Le respect des chétifs ne va pas sans mystère: Je viens de voir, à l’aube, une pie en plein vol Foncer sur une buse. On oubliait ses vols Et son caquet.--Florise, aussitôt, me fut chère.

CCCLXXIII

ÉCHOS NOCTURNES

J’écoute les accords d’une invisible lyre Que de magiques mains par instants frôleraient, Au fond d’un ciel d’argent où la lune s’admire En versant le trésor suave de ses rais.

CCCLXXIV

CHOIX MALHEUREUX

«Je choisis, avait dit Chloris, d’être damnée, Entre les bras noueux de mon nouvel amant, A la condition d’y vivre vingt années.» Chloris est morte, hier, indiscutablement.

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