‹ Fantasques: Petits poèmes de propos diversChapitre 97 sur 105 · CCCLXXV

CCCLXXV

CENT SOUS

Sous la toque de drap qu’une rose dépasse, Vous m’avez fait la plus engageante grimace, Puis vous avez repris ce sinistre parcours Dont les deux bornes sont deux fontaines Wallace.

CCCLXXVI

MÉLOMANIE

«Quand je songe à de beaux accords, je me sens ivre, Dis-tu; mon âme aspire au firmament!» Ce n’est, Clorinde, vraiment pas la peine de poursuivre, Car tu vas me parler de Monsieur Massenet.

CCCLXXVII

DANGERS A ÉVITER

Comme au bout de ta course un tout dernier faux-pas, Crains les cruches de vin sur la fin d’un repas; Crains dans l’herbe du pré la vipère lovée, Comme en ton lit la femme qui ne t’aime pas.

CCCLXXVIII

FLEUR SÈCHE

En caressant ces vieilles soies, En feuilletant ces albums effacés, Vous deviendrez la proie Des fantômes du temps passé. Quoi! ne trouve-t-on plus, piquetant les prairies, De belles fleurs Fraîches, dont les couleurs Ternissent toute broderie Et dont l’éclat semble toujours nouveau? Chère, croyez-moi sur parole, La fleur vivante vaut Cette corolle Aux tons séchés Que vous cherchez Dans un vénérable volume. Certes, le souvenir évoqué nous parfume Et la pauvre fleur grise me plaît, Mais, ne l’oubliez pas, en dépit des prières, Il est bien mort, il est poussière, Le beau temps où Berthe filait.

CCCLXXIX

ÉCONOMIE SOCIALE

Le coudrier croît sur les monts et la réglisse Dans les marais. A son foyer chacun se plaît. Il est malséant que le paysan rougisse De sa chaumière ou l’empereur de son palais.

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