‹ Fleurs champêtresChapitre 1 sur 18 · Préface

Préface

J’ai toujours eu les préfaces en horreur et cependant, je me surprends à en écrire une. Mais j’ai cru que ce petit bouquin avait besoin d’être précédé d’un mot d’explication, et c’est là mon excuse.

L’odeur du terroir qu’exhale ce recueil de nouvelles est fortement accentuée et pourrait sembler exagérée ou surchargée peut-être, si je ne me hâtais d’expliquer que j’ai voulu recueillir en un faisceau d’historiettes, les traditions, les touchantes coutumes, les naïves superstitions et jusqu’aux pittoresques expressions des habitants de nos campagnes avant que tout cela n’ait complètement disparu. La plus grande partie de ma vie s’étant écoulée « près de la Terre, de la bonne, saine, belle et verte terre » comme le disait le génie disparu qui fut Guy de Maupassant, j’ai eu l’avantage de peindre sur le vif, ces scènes rustiques dont la fidélité et l’exactitude des tableaux sont le seul mérite.

Si mes petites Fleurs champêtres font connaître et aimer aux habitants des villes les moeurs simples et douces de nos campagnes, si elles évoquent dans l’âme de ceux qui y ont demeuré un souvenir ému des beaux jours d’autrefois, c’est plus qu’il ne m’en faut pour ma récompense.

Françoise.

Avril, 1895.

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