Chapitre 16 Les Fleurs-de-Mai
Non, vous ne connaissez pas les jolies Fleurs-de-Mai, plus belles, plus tendres que les brillantes productions des pays du soleil ; vous n’avez pas respiré leur parfum enivrant qui monte dans les airs, pénétrant comme l’encens du thuriféraire… Non, vous ne connaissez pas mes jolies Fleurs-de-Mai !
Fleurs suaves, blanches et roses dans leurs vertes parures ; si mignonnes, si frêles qu’on croirait, au plus léger souffle de l’haleine, voir leurs pétales s’envoler dans les airs, mes jolies Fleurs-de-Mai !
L’enfant vous tresse en couronne et l’offre à sa mère non moins tendre que vous… Messagères des affections vraies, vous allez dire aux amis qu’on se souvient d’eux sur la terre étrangère… Les amoureux, en vous cueillant, joignent les mains sous la verdure, et les doigts et les fleurs se confondent en une même étreinte… Fleurs d’amour, fleurs de mystère, mes jolies Fleurs-de-Mai !
Gracieux emblèmes, chastes floraisons, écloses sous des baisers de vierges, qui vous fit naître en ces lieux ? Dites, n’y a-t-il pas d’autre ciel aussi bleu, aussi pur que le vôtre ? mes jolies Fleurs-de-Mai !
Mais vous aimez vos forêts, vos ombrages, les grandes voix de l’océan… Que ne puis-je toujours rester près de vous, mes jolies Fleurs-de-Mai !
Qui n’aimerait ce séjour enchanteur, ces beautés incomparables qui élèvent l’âme jusqu’à l’infini. En contemplant ces merveilleuses splendeurs, l’âme agitée soudain retrouve la sérénité, le calme, le repos des jours alcyoniens… Mollement bercées par la brise caressante, au doux bruit du flot murmurant, souriez aux anges, mes jolies Fleurs-de-Mai !
Que les cieux vous envoient leur bienfaisante rosée, l’astre du jour ses plus chauds rayons… Vous qui faites rêver des beautés célestes, que Dieu vous protège, mes jolies Fleurs-de-Mai !
Ah ! qu’il fait bon vivre auprès de vous ! Est-il toujours heureux celui qui vous contemple ? mes jolies Fleurs-de-Mai !
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Soyez bénies, ô mes tendres fleurettes ! Vous avez parlé à mon coeur un langage de foi, d’amour et d’espérance ; et quand mes yeux fermés à la lumière ne pourront plus vous voir, réjouissez encore l’ombre de mon âme envolée : fleurissez sur ma tombe, mes jolies Fleurs-de-Mai !
Les Fleurs-de-Mai (May Flowers) sont particulières à la Nouvelle-Écosse et ne se rencontrent guère que dans cette province.
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