01 · LE PRINCE
En vérité ! Le destin nous aide en effet ! Et la figure, est-elle déjà un peu mâle ? — Déjà ! Je voudrais me faire illusion à moi-même… Non, ne me dites plus rien ; je le verrai bien… Parlez-moi seulement du moral, de l’éducation.
LE PRÉCEPTEUR.
Tout ce que votre altesse a ordonné a été ponctuellement exécuté, et tout a réussi comme par miracle.
LE PRINCE.
Sois louée, ô fortune !… si vous n’exagérez rien, monsieur l’abbé. Ainsi, rien n’a été épargné pour façonner son esprit, pour l’orner de toutes les connaissances qu’un prince doit posséder pour faire honneur à son nom et à sa condition ?
LE PRÉCEPTEUR.
Votre altesse est douée d’une profonde érudition. Elle pourra interroger elle-même mon noble élève, et voir que ses études ont été fortes et vraiment viriles.
LE PRINCE.
Le latin, le grec, j’espère ?
LE PRÉCEPTEUR.
Il possède le latin comme vous-même, j’ose le dire, monseigneur, et le grec… comme…(Il sourit avec aisance.)