Scène PREMIÈRE
GENEVIÈVE, BRIGITTE, DROGAN.
On entend gronder l’orage.
ENSEMBLE.
GENEVIÈVE.
DROGAN.
BRIGITTE, à Geneviève.
DROGAN.
ENSEMBLE.
Coup de tonnerre violent.
ENSEMBLE.
GENEVIÈVE, s’asseyant.
Enfin, expliquez-moi ce qui se passe… Voilà cinq mois que vous me faites marcher dans cette forêt.
DROGAN.
Palience ! madame, et bientôt nous serons au terme du voyage.
GENEVIÈVE.
Mais enfin qu’ai-je fait pour être ainsi répudiée par mon mari et persécutée par cet infâme Golo ?
DROGAN, à part.
Pauvre innocente !… (Haut.) Rien, madame, absolument rien… mais sait-on ce qui se passe dans le cœur des méchants ?
BRIGITTE, au fond.
Alerte !… les hommes d’armes.
GENEVIÈVE.
Encore !
Elle se lève.
DROGAN.
Rassemblez toute votre énergie… Nous allons prendre un petit chemin où il y a pas mal de pierres… Venez, venez, madame.
Il la conduit vers le précipice.
GENEVIÈVE, reculant.
Mais c’est un précipice.
DROGAN.
Qu’importe, madame ! il est connu de moi seul.
BRIGITTE.
La belle avance ! ça n’empêche pas de s’y casser le cou !
DROGAN.
Croyez-moi !… il est moins dangereux d’y glisser que de rester ici ! je descends le premier et je vous tends la main.
Il descend.
GENEVIÈVE.
Non, jamais ! jamais ! c’est trop humide… enrhumée comme je le suis déjà !
Elle éternue.
BRIGITTE.
Trop tard ! les voici… Ah ! cette cabane !
Elle entraîne Geneviève dans la hutte à gauche et s’y cache avec elle.
DROGAN, dont la tête disparaît.
Nous sommes perdus !