‹ Geneviève de BrabantChapitre 43 sur 61 · III

III

BRADAMANTE.

CHŒUR.

BRADAMANTE.

CHŒUR.

BRADAMANTE.

CHŒUR.

BRADAMANTE.

REPRISE DU CHŒUR.

MARTEL.

Eh bien, duc, vous amusez-vous, dans mon château d’Asnières ?

SIFROY.

Ah ! Prince, ces femmes… ces chignons… ces bougies… je ne me reconnais plus, je suis un homme nouveau.

ARMIDE.

Encore du champagne ?

SIFROY.

Est-ce que le pâté ne passe pas ? je vous avais bien dit, belle Armide, que vous aviez tort d’en manger tant que ça.

ARMIDE.

Pourquoi ? puisque je l’adore !

SIFROY.

Parce que ça ne réussit pas à tout le monde.

ARMIDE.

Oh ! moi, je ne crains que l’homard.

SIFROY.

Moi qui vous parle j’en ai mangé un soir.

ROSEMONDE.

De l’homard.

SIFROY.

Non, du pâté !

TOUS.

Eh bien ?

SIFROY.

Depuis ce temps-là, je n’en mange plus. (Il embrasse Armide.) Ça me permet de vous embrasser.

RENAUD, se levant.

Troun de l’air… petit ! Ze te défends d’embrasser Armide. Je suis Renaud, de Montauban, sais-tu, de Montauban !

SIFROY.

Eh bien ! après ?

RENAUD.

L’aîné des quatre fils Aymon.

ARMIDE.

Aimons… c’est ma devise ; embrassez-moi encore !

RENAUD, frappant sur la table.

Troun de l’air ! Si tu es bon, mets la main à ta poche, prend ta dague et descendons en champ clos ! Quatre à quatre !

SIFROY.

Ça me va, j’ai mon casque… au vestiaire !

MARTEL, les séparant.

Messieurs, messieurs, la paix !

BRADAMANTE.

Est-il mauvaise tête, ce Renaud ?

RENAUD, se rasseyant.

Il m’agace depuis demi-heure, ce clampin-là.

Murmures des autres frères.

SIFROY.

Qu’est-ce que vous grommelez ?

RENAUD.

Comment ce que nous grommelons ! Vous en êtes un autre.

DON QUICHOTTE, se levant et brandissant une bouteille de vin.

Des insolences ! devant moi, Don Quichotte ! je ne souffrirai pas…

ROSEMONDE.

Laissez donc en paix votre ferblanterie, ça me taquine.

BRADAMANTE.

Pas de bêtises… Cette bouteille est pleine… et ça tache.

SALADIN, couché sur des coussins et fumant un narguilhé.

Rosemonde, veux-tu mon mousoir ?

ROSEMONDE.

Un seul, jamais… la douzaine, je ne dis pas !

MARTEL.

Saladin, mon ami, de la tenue !

SALADIN.

Zou l’aime parce qu’oulle est grasse ! voux-tou mon mousoir ?

ROSEMONDE.

Àbas les pattes ! Ces Turcs, ça se croit tout permis.

SALADIN, levé.

Écoute ! ze zoue oun zeu d’enfer ! si tou veux zou te mettrai de moitié dans mon zeu ?

ROSEMONDE.

Comme ça je veux bien !

SALADIN.

Seulement je te dirai que je souis rouiné ; la nouit dernière, au cercle des Paladins, zai perdou mon immense fortoune !

ROSEMONDE.

Eh bien, elle est mauvaise !

Elle le pousse, il tombe sur les autres qui le bousculent.

SALADIN, à Bradamante.

Voux-tou mon mousoir, toi, Bradamante ?

BRADAMANTE.

Merci… c’est votre serviette !

TOUS, le faisant asseoir.

Assez, le Turc.

MARTEL.

Tapez-lui donc sur la tête.

NARCISSE, qui s’est tenu debout jusque-là sans rien dire, s’avance la lyre à la main.

SIFROY.

C’est toi, Narcisse ! sous ces habits je ne t’aurais pas reconnu.

NARCISSE, déclamant.

MARTEL.

Laissez-nous donc chanter nous-mêmes nos exploits. Écoutez, tout le monde. En avant… la ronde des infidèles !

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