‹ Glossaire du patois normandChapitre 2 sur 33 · L.

L.

CAMBOT: petit enfant débile.

CAMBOTTES (s. f. pl.): espèce de paniers qu'on place sur les côtés du bât pour porter le fumier. A.

CAMBRE: chambre, chanvre.

CAMBROUSE: mauvaise chambrière. Ce mot appartient à l'argot ancien.

CAMELOTTE: pacotille, marchandise. Argot récent.

CAMIÈRE: camomille (Anthemis). B.

CAMIOLÉE, ou plutôt CAMIONNÉE: charge d'un camion.

CAMIONNER: charrier dans un camion, petite charrette à bras, dont le nom vient du roman.

CAMPOUSTAIN, NE: affecté dans sa marche, et qui se cambre pour se donner bonne grâce.

CAMPUNELLE: clochette d'église. De campana, cloche. Voyez TINTENELLE. En roman, campanelle, campenelle.

CANAILLON; QUENAILLON: enfant.

CANCHELER: chanceler. Roman. S.-I.

CANCHIÈRE (s. f.): «sillon transversal par lequel on entre dans le champ.» Pluquet.

CANCHON: chanson. S.-I.

CANEBOTTE: chenevotte. De cannabis.

CANEÇON: caleçon. Appartient au patois Lorrain.

CANEHOTTE: oie sauvage. Valognes.

CANESRE (s. f.): mélange d'eau et de jus de réglisse, dont se régalent les enfants.

CANET: caneton, jeune canard. D'anas.

CANETTE: petite boule de marbre avec laquelle jouent les enfants.

CANI. Voyez CHANI.

CANISSURE. Voyez CHANISSURE.

CANIVIÈRE: chenevière.

CANIVIEUX: chenevis.

CANIVOTTE: chenevotte.

CANJON: petit enfant. A.

CANNE: cruche. Roman. Voyez CHANNE. L.

CANNE-PÉTOIRE et CANNE-PÉTOUSE: sorte de tube en sureau, pour lancer soit de l'eau, soit de menus projectiles.

CANNÉE: contenu de la canne.

CANNETTE: bobine à rebords sur laquelle on enroule, avec le dévidoir, le fil pour les toiliers. Du celtique kanel.

CANT: côté, champ. Dans ce sens, l'Académie appelle champ le côté le moins large des pièces carrées, soit charpente, soit briques, soit pierres de taille. De l'islandais kant, côté.

CANTER: pencher sur le côté.

CANTET. Voyez CHANTEAU.

CANVERSER: renverser sur le côté.

CAPE; TÊTE DE CAPE: chaperon noir que les femmes portaient autrefois, avant que les parapluies fussent devenus communs, et qui couvrait la tête et les épaules. De caput, tête. Peut-être de capella, chèvre, parce que ce vêtement était fabriqué avec du poil de cet animal.

CAPENDU: court-pendu. Sorte de pomme très-bonne à manger.

CAPER: se renfrogner sous cape. Valognes.

CAPET et CAPIAU: chapeau. De caput.

CAPET-TAGNEUX: bardane (Arctium Lappa), parce que les enfants en jettent dans les cheveux les graines qui s'y attachent comme la teigne.

CAPIFAUT: Colin-Maillard, sorte de jeu qui, couvrant les yeux, fait faillir la tête. S.-I.

CAPINE-CAUCHE. Voyez CHAPIN.

CAPOGNER (v. a.): donner des coups de poing sur la tête de quelqu'un. En patois Walon, k'pougn'té signifie gourmer, battre à coups de poing. Voir le Dict. de Cambresier.

CAPON: poltron. De chapon, coq rendu lâche par sa mutilation.

CAPONNER: agir en poltron, reculer devant tout défi.

CAPRICORNE (s. m.): le scerambix musqué. B.

CAPUCHER. Voyez CAPOGNER. B.

CAPUCIN: c'est l'insecte appelé Oryctese nasicornis. B.

CAQUETOIRE (s. f.): larynx, la luette, qui produit le caquet.

CAQUEUX: couteau pour ouvrir, écaler les huîtres, les extraire de leur caque. B.

CARABAS: mauvaise voiture, vieux carrosse.

CARABIN: sarrasin (Polygonum fagopyrum).

CARAPON: sorte de bonnet d'homme, fabriqué avec une peau de renard, de chat, etc. B.

CARAS: sorcier, déguenillé. De la basse latinité charogus et charogius: sorcier.

CARCAN: mauvaise bête, homme méchant qui mériterait d'être mis au carcan.

CARDON: nom donné, sur le littoral de Caen, à une espèce de crevette qui s'y pêche en abondance.

CARDON-LANIER: chardon à foulon, à bonnetier (Dipsacus fullonum).

CARETTE: charrette. Voyez QUERETTE. S.-I.

CARÊME-PERNANT; CARÊME-PRENANT: crêpe de farine de blé que l'on fait aux Jours-Gras, lorsque le carême va prendre ou commencer. L.

CARI: rosse. Manche.

CARIMALOT: charivari. Du patois Rouchi caramara, masque. B.

CARME: vers, poésie. Du latin carmen. Employé par Basselin qu'il ne faut pas citer comme le pseudonyme de Le Houx. On trouve carme pour vers dans le Trésor de Nicot.

CARNASSIER, IÈRE: avide; friand. L.

CARNE (s. f.): mauvaise viande, mauvais cheval, charogne. De carnis, génitif de caro, chair. L.

CAROU: lâche, corps sans âme. De caro, chair. L.

CARRE (s. f.): angle d'un carré; bûche fendue et présentant des carrés ou angles aigus, droits ou obtus.

CARRÉE: quartier d'une localité.

CARRELET: petit carré de papier. Vire.

CARRIER (v. a.): charrier. S.-I.

CARROSSE: stalle dont se servent les laveuses. Voyez BINGOT; CASSOT. C.

CARRUÉE: quantité de terre que la charrue peut labourer en un jour. De la basse latinité carrucata. Pont-Audemer.

CARRIEUR: carrier, ouvrier qui travaille à l'exploitation d'une carrière.

CARSOGNE: demi-boisseau.

CARTE: pinte, quatrième partie de l'ancien pot. Vire. A Caen, c'est la pinte, d'un litre environ.

CARTELÉ (Pain), pain d'élite, coupé en le pétrissant de manière à offrir au four plus de croûte sur sa surface divisée en quatre. B.

CARTER: faire place, s'écarter. En patois du Jura, se carer.

CARTEYER: c'est le même sens que carter. A.

CAS: chose, affaire, avoir.

CAS: chaud. S.-I.

CAS: fêlé. Sonner le cas, en parlant d'un vase fêlé. L.

CASCARINETTES: cliquettes. Se trouve dans le patois Lorrain. De l'ancien français cascagnettes, dont on a depuis fait castagnettes.

CASSE; CASSE A ROT: léchefrite. Dans le patois Troyen, la casse est un poëlon de cuivre. Du latin capsa et cassa. Voir Du Cange. A.

CASSEAU: étui pour déposer les aiguilles, les épingles. Du celtique caezed, cassette. Dans le patois du Jura, on dit cachet, cachot. A.

CASSE-MUSEAU: sorte de petit gâteau, fait avec de la farine, des oeufs et du lait caillé par la présure. Dans le département des Vosges, le casse-museau est un pâté fait avec des pommes cuites. Cache-musiau, dans un ancien réglement des juges de la cité de Metz. En Roman, cachemuseu. A.

CASSER: fendre. Casser du bois, le fendre en bûches. En bon français, casser signifie briser, rompre.

CASSERIAU: petit ravin. A.

CASSET et CASSETIER: même signification que CASSEAU. Voy. ce mot.

CASSINE: maison de peu de valeur. Roman. De la basse latinité cassina. Ce mot se trouve dans nos vieux poètes:

Or voilà le trésor de ma pauvre cassine. Belleau.

CASSOT: stalle en bois dans laquelle s'agenouillent les laveuses et qui a l'air d'une caisse.

CASTAFOUINE: excréments humains.

CASTARAT: écervelé, étourdi. Quel castarât! L.

CASTILLE: petite groseille; groseille à grappe. Ménage dit qu'en Anjou on appelle castille la petite groseille qu'à Caen on nomme gade. Voyez GADE; GARDE et GRADE. Rouchi.

CASTILLIER: groseiller à grappes.

CASTONADE: cassonade. Se trouve aussi dans le patois Lorrain et dans le patois Rouchi.

CASTROLE: casserole.

CASUEL: fragile. Du verbe casser.

CAT; CATTE: chat, chatte. De la basse latinité catus. Du celtique-breton caz. Roman.

CATAU (s. f.): femme de mauvaise conduite; catin. De quelque femme, nommée Catherine, qui se comportait mal. A.

CATAUD; CATAS: dissimulé, sournois.

CATÉCHIME; CATICHIME: catéchisme.

CATÉFUT: souricière.

CATELINETTE: le grèbe huppé. B.

CATERRE (s. m.): convulsions et coliques des enfants. A.

CATICÈME (s. m): catéchisme.

CATIGNER (v. a.): serrer, cacher dans un coin. O.

CATINER (v. a.): flatter comme fait un chat. B.

CATIS: doucereux, calin. Manche.

CATONNER: marcher à quatre pattes, comme le chat vers la souris. L.

CATONS (marcher A). Voyez CATONNER. L.

CATRE (s. m.): cadre.

CATTIR (SE): se pelotonner, se blottir, comme font les chats. L.

CATUNE (s. f.): sourcil. B.

CATUNER et SE CATUNER: froncer le sourcil et baisser la tête. B.

CAUCHE: bas. Corruption de chausse. Roman. D'où caucher, chausser.

CAUCHER: chauler. De calx, chaux.

CAUCHIN: sable de chaussée. Du latin, calcare.

CAUCHON: chausson. Roman.

CAUCHURE: chaussure.

CAUDELÉE: restes de laitages, conservés dans une barrique, pour faire de la soupe. De chaudeau, bouillon. B.

CAUDIOT (s. m.): feu de joie. De gaudium.

CAUFFER: chauffer.

CAUFFETTE: chaufferette.

CAUMONI: fané, flétri.

CAUNIR: flétrir. Un visage cauni est un visage devenu livide. De canus, blanc. En Roman, caurit signifie trépassé.

CAUQUE-SOURIS: chauve-souris. Voyez SOURIS-GAUDE.

CAUSER (v. a.): blâmer. A.

CAUSETTE: petit entretien familier, sans conséquence.

CAUT: artificieux, rusé. Cauteleux. Roman.

CAUTÈLE: ruse, perfidie. Ancien français.

CAUTON (s. m.): tige principale d'une planche. Du latin caulis, tige. MM. Du Méril.

CAUVET: espiègle, malicieux, dont il faut se défier. De cavere.

CAUVETTE: petite corneille. Au figuré, femme babillarde. Du celtique-breton kavan; du roman kawe ou kauwe.

CAVEL: dévidoir.

CAVÉREAU (s. m.): entrée de cave recouverte d'une trappe. A.

CAVIN (s. m.): fossé. De cavus, creux, comme le français cavée. MM. Du Méril.

CÊME (s. f.): première crême du lait, crême fine.

CÉMITIÈRE: cimetière. En Roman, semetière; en patois Walon, simitière.

CEMPLE: métier à cemple: métier à fleurir l'étoffe. S.-I.

CENAS: grange, grenier: par extension, chambre, cabinet ou lit mal tenus. De cellarium, d'où est venu cellier, celle. En Roman, chenail. En patois Walon, sinat signifie un fenil. A.

CENELLE (s. f.): fruit de l'aubépine, du houx; fruit en baie; prunelle. On lit dans les fabliaux cynelle, sanelle et cenèle.

CENGLES ou SENGLES. Suivant Pluquet, on appelait ainsi de «petites rues qui formaient une ligne de circonvallation autour des faubourgs de Bayeux. On disait: les sengles de St.-Patrice, les sengles de St.-Floxel, etc.». De cingulum, ceinture. B.

CENSÉMENT. Il y a censément une douzaine d'oeufs: il est censé qu'il y a une douzaine d'oeufs. L.

CENTINE (s. f.): centime.

CÉPIAU. Voyez SEPEAU.

CERGE (s. f.): charge, fardeau. S.-I.

CERNEAU: sorte de couperet recourbé par le bout.

CERSIFIS: salsifis (Scorzonera purpurea).

CÊTRES (s. m. pl.): gestes, façons affectées, manières ridicules.

CETTE-LA; CETI-LA: celle-là; celui-là. L.

CETUI-CI; CETUI-LA: celui-ci; celui-là. Roman. Voyez STI-LA.

CHA: ça. S.-I.

CHABERNALE: négligence. Valognes.

CHABERNAU: savetier. Valognes.

CHACOUTER: coudoyer. L.

CHACOUTER: parler bas, chuchotter. En anglais, to chawter signifie murmurer. B.

CHAI: chair, viande. On dit proverbialement: «La chai nourrit la chai», pour dire: la viande nourrit l'homme mieux que tout autre aliment.

CHAI: cher, d'un prix élevé. Pu chai, plus cher.

CHAIRE: chaise. Id. dans le patois du Jura.

CHAIRE ou CHÊRE: tomber, choir.

CHAIRU: charnu.

CHALETTE: pantoufle.

CHALIT: bois de lit.

CHALOINE: chanoine. Patois Lorrain. L.

CHALON: chalan, sorte de petit bateau plat. Roman. De la basse latinité chalonnium. A.

CHALUMIN: couteau d'enfant A.

CHALUT: sorte de filet. B.

CHAMBRE (s. m.): chanvre.

CHAMBRILLON: petite servante de peu de service, petite chambrière. Roman.

CHAMPÉIÈRE (s. f.): sillon transversal. De champ.

CHAMPLEURE; CHAMPELURE: chantepleure. Roman.

CHANDELEUR (s. f.): la galanthe des neiges (Galanthus nivalis);--parce qu'elle fleurit en hiver, vers l'époque de la Chandeleur, 2 février. L.

CHANDELLE (s. f.): pistil, en forme de battant de cloche. Du Pied-de-Veau (Arum maculatum). L.

CHANGLER: sangler. De cingulum. S.-I.

CHANI: chanci, moisi. On dit aussi cani. De canus, blanc.

CHANIR: moisir.

CHANISSURE; CANISSURE: moisissure.

CHANNE: cruche. Roman. Dans le Jura, la channe est une mesure de deux litres, ce qu'en Normandie on appelait un pot. Voyez CANNE.

CHANNÉE: ce que contient une channe.

CHANTERONNER: chanter sans soin, ou fredonner quelque refrain. L.

CHANTUSER: chanter désagréablement quelques vers d'une chanson.

CHAOLORE: paresseuse. Voyez CHOULE.

CHAPE (s. f.): garniture de cuir pour le fléau.

CHAPEAU: écume qui a pris quelque consistance et qui se forme dans le tonneau sur le cidre. L.

CHAPER (v. n.): marcher en allant et en revenant fréquemment sur ses pas, comme font les chapiers pendant l'office religieux.

CHAPIN; CHAPINE-CHAUSSE et CAPINE-CAUCHE (adv.): à bas bruit, tout doucement. B.

CHAPLEUSE; CHARPLEUSE; CHARPELEUSE: chatte-peleuse. C'est à tort que MM. Du Méril tirent ce nom de chair velue: il vient de chatte poilue, parce que la chenille dont il s'agit ici ressemble à une chatte à longs poils. En zoologie, on appelle chatte-peleuse la calandre qui ronge les blés.

CHAPON DE LIERRE: hibou. B.

CHAPPES; BAISSER SES CHAPPES: tirer ses chausses, tirer ses grègues. A.

CHARABIAH: langage inintelligible. On dit: parler charabiah. Cette expression vient, suivant M. Pierquin de Gembloux, «du nom de Scharakiah, ville d'Arabie, qui donna son nom aux Sarrasins.»

CHARAIE: puérilité, bagatelles. D'où est venu peut-être charade, dont on ne trouve pas l'étymologie. Roman.

CHARBONNETTE (s. f.): braise.

CHARDRONNET: chardonneret.

CHARGEAGE (s. m.): action de charger. Id. en patois Lorrain.

CHAROUET (s. m.): charrier. De charrée.

CHARPI (s. m.): charpie. Id. en patois Lorrain. L.

CHARRÉE: femme dissolue.

CHARRER: babiller, jaser. De l'espagnol charlar.

CHARTERIE: remise dans laquelle on met les charrettes à l'abri.

CHAS: chaud.

CHAS (s. m.): colle de farine. A.

CHAS: mauvais bouillon. Du vieux mot chaudeau. B.

CHAS: choir, tomber. Il va chas: il va tomber. Voyez CHAIRE. A.

CHASSE: rut, en parlant des vaches. Cette vache est en chasse.

CHASSE: chemin rural.

CHASSE-PUCE. Voyez CACHE-PUCHE.

CHAT (PETIT): écureuil. D.

CHATEL: biens mobiliers. On lit dans les Établissements de Normandie: «Se aucuns est qui n'ait point d'eritage, et il promet à sa fame or ou argent en doère, quant vendra la mort à s'omme, li doère soit pris del commun chatel.»

CHATELET: dévidoir. A.

CHATONNER: mettre bas, en parlant de la chatte.

CHATOURNE: taloche, soufflet.

CHATREUX: sorte de mollusque du genre des poulpes. B.

CHAUBERT: rhume. A.

CHAUDET: lit où il fait chaud.

CHAUDIN: fraise de veau. L. A Alençon, on appelle chaudin les entrailles du porc. Nicot et Ménage font venir le chaudeau du latin calidus, «parce qu'on le prend chaud». Je crois que chaudin a la même origine, parce que c'est un mets que l'on mange chaud et cuit dans la chaudière. En Roman, chaudun.

CHAUFFE-PIED: pièce d'une maison qui a une cheminée. A.

CHAULE (s. f.): renom, réputation, vogue. B.

CHAUSSE (s. f.): bas.

CHAUSSON: tourte aux fruits. Voyez BOURDIN.

CHAUVIR: dresser les oreilles d'un air sournois et malveillant. Chauvir de l'oeil: regarder en dessous d'un air ironique. Le satirique Regnier (sat. VIII) rend le demitto auriculas d'Horace par:

Je chauvy de l'oreille.

Oudin traduit chauvir, en italien, par chinare dimenando le orecchie. A.

CHAVARIN: charivari.

CHEINTURE: ceinture. S.-I.

CHELA: cela. S.-I.

CHEMER: désoler. S.-I.

CHEMICHER: pleurer à bas bruit.

CHEMINEAU: sorte de petit pain. Voyez QUEMINEL. Roquefort définit ainsi le chemineau: «pain qu'on mangeait dans le carême en Normandie. De la basse latinité simenellus.» Voici ce qu'on lit dans les Mélanges d'hist. et de litt. de Vigneul Marville (Bon. d'Argonne), t. II, p. 92: «Siminellus. Panis similaceus, ex similâ. Græcis [Grec: semidalitês]. C'est ce que l'on appelle en Picardie seminiaux, selon la remarque de Du Cange, à laquelle on peut ajouter que les Normands, qui changent aisément se en che, disent chemineaux. S.-I.»

CHEMISE DE LA BONNE-VIERGE: sorte de liseron (Convolvulus arvensis). B.

CHENIVIEUX: chenevis. Voyez CANIVIEUX.

CHENOLLE (s. f.): nuque, et par extension, le col. Voyez CAGNOTTE du cou. De chignon. A.

CHENT: cent. S.-I.

CHENTUPLE: centuple. S.-I.

CHENU: bon, de qualité supérieure. En français, ce qualificatif signifie blanc de vieillesse. Du latin canus; parce que l'on se figure qu'en vieillissant hommes et choses se bonifient, se perfectionnent: ainsi un bonhomme, une bonne femme, le bon vieux temps.

CHER ou plutôt CHEF: botte de chanvre qui n'est pas encore mis au routoir. De caput. B.

CHERBON et QUERBON: charbou.

CHERBONNIER et QUERBONNIER: charbonnier.

CHÈRE-ÉPICE: qui vend très-cher sa marchandise. Les épices, venant de l'Inde, étaient autrefois rares et chères. L.

CHERET: rouet. Du celtique-breton kerr. Vire.

CHERFEU: cerfeuil. En Roman, cherfuel. Du latin cerefolium.

CHÉRIR: caresser; faire chère à quelqu'un; lui faire bonne mine, bon accueil. Du grec [Grec: kara], tête, visage.

CHERPENTE: charpente. L.

CHERPENTIER: charpentier. L.

CHÉTRIN: rachitique. De chétif. Chérot, en patois du Berri.

CHEUX: chez. Roman. Patois Lorrain. L.

CHEUX: ceux. S.-I.

CHEUX-CHITES: ceux-ci. S.-I.

CHEVERNE (s. m.): meunier, sorte de poisson de rivière. A.

CHEVIR: venir à bout. SE CHEVIR: s'aider, jouir de. Roman. Patois Troyen.

CHÈVRE: treteau, chevalet pour recevoir le linge mouillé.

CHIASSE (s. f.): rebut; scories de métaux. Du latin cacare.

CHIBATRÉE: troupe ou réunion de personnes ou de choses embarrassantes. On dit à Lisieux: «Va que c'est qu'ou va chiboller çte chibâtrée d'éfans»: où va-t-elle traîner cette troupe d'enfants?

CHIBOLER: traîner çà et là. En patois des Vosges, quibauler signifie renverser. Voyez GUIBOLE et QUIBOLE.

CHIBOT; CIBOT (s. m.): ciboule.

CHIBOT: personne sale et dégoûtante.

CHIC: intelligence, industrie, chicane. Roman.

CHICON: guignon.

CHIE-VENT: pétrel (procellaria pelargica). B.

CHIEURET. Voyez CHURET.

CHIEZ: fléau. Avranches.

CHIGNOLLE (s. f.): manivelle. Mauvais couteau. M.

CHIGNON DE PAIN: quignon de pain. L.

CHIMBRE: fantaisie. De chimæra. S.-I.

CHIMES (s. f.): rejetons de chou. Cimes. B.

CHINCHOUX: passable, médiocre. Se dit aussi des branches que l'on a de la peine à rompre. M.

CHINELLE: fruit du prunellier. Voyez CENELLE. B.

CHINGRE: chiche, avare. Voyez PINGRE.

CHINQ: cinq. S.-I.

CHINQUANTE: cinquante. S.-I.

CHINTURE-SAINT-MARTIN: arc-en-ciel. De ceinture.

CHIOT: jeune chien. Roman.

CHIPÉE: cépée. L.

CHIPER (v. n.): pousser des rejetons; former une chipée.

CHIPER: (v. a.): dérober adroitement. Du latin capere.

CHIPIE (s. f.): femme acariâtre.

CHIPOTET: soufflet de cheminée. Blague ou sac à tabac.

CHIPOTTER: marchander outre mesure. Voyez HARIQUOTER. L.

CHIPOTTIER, ÈRE: qui chipotte. L.

CHIQUER: mâcher. Chiquer du tabac, mâcher des chiques de tabac. Chiquer les vivres: manger. En Roman, manger et même boire. En Provençal, chica. En patois Lorrain, on emploie le verbe chiquer.

CHIQUETAILLER (Tailler par chiquettes); CHIQUAILLER: déchiqueter. Voyez COUPASSER.

CHIQUETTE: petit morceau, gros comme une chique de tabac. Donner chiquette à chiquette: donner chichement, donner à regret.

CHIRE: chassie. De cire. En Roman, chire. L.

CHIROUÊNE (s. m.): poix dont les cordonniers font usage. De ciroène, emplâtre dans lequel il entre de la cire.

CHIROUX: chassieux. En Roman, cirons. L.

CHITE-CI; STI-CHITE; CHEUX-CHITES: celui-ci, ceux-ci. S.-I.

CHITTE (s. f.): saisissement d'effroi. Avoir la chitte.

CHLÉ: mou. Vire.

CHOAN ou CHOUAN: chat-huant, hibou. Ronsard écrivait choan (Odes, I.

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