II):
Si nous oyons crier la nuit quelque choan, Nous hérissons d'effroi.
CHOINE (s. m.): sorte de pâtisserie. En roman, c'est un pain blanc et d'élite. Du celtique-breton choanen.
CHOLER: tourner. B.
CHON: chat-huant.
CHON: grande cuiller de bois. A.
CHONCHONNER (v. n.): opérer ensemble.
CHONETTE: Fanchonette. Diminutif de Fanchon: Françoise. C'est une aphérèse, comme Goton pour Margoton. L.
CHOPE (s. f.): entretien, conversation. De l'anglais to chop, disputer.
CHOPER: broncher. Voyez BUTTER.
CHOQUER: trinquer; choquer les verres.
CHOQUET: petite cruche à large ouverture. Le coketa du bas latin signifiait un vase de mesure comme pot, pinte, etc. L.
CHORER (v. n.): sommeiller péniblement, en se plaignant. De l'islandais korra, respirer avec peine. A.
CHORER (v. a.): exciter un chien contre.....
CHOU! CHOU!: cri dont on se sert pour exciter un chien. C'est aussi le cri par lequel on appelle les cochons. On s'en sert dans le Jura pour chasser les poules. Voyez TIOT.
CHOUAN: chat-huant. En roman, chouant, chouen. Voyez HUAIN.
CHOULE. Voyez SOULE.
CHOUPPE (s. f.): houppe de bonnet, houppette. A.
CHOUQUARD: entêté; qui a la tête dure comme une chouque. A.
CHOUQUE: souche. Roman.
CHOUQUET: souchet, petite ente de peu de valeur. C'est aussi le nom d'une sorte de pomme douce, à chair ferme, tardive, de moyenne grosseur.
CHU: ce, cet. Voyez SU. S.-I.
CHUCHER: sucer. S.-I.
CHUCOTTER: chuchotter.
CHUCRE: sucre. Roman.
CHUE: ciguë (Conium maculatum).
CHUILER: ménager, économiser. A.
CHUNTRE (s. m.): sentier.
CHURET: vaurien.
CHUTER: tomber. Du verbe choir, faire une chute. En roman, cheoiter. A.
CHUTRIN: mauvais lit, grabat A.
CIBO: ciboulle. Cibo, comme cive, est un substantif roman. Du latin cæpa, oignon, et de l'italien cipolla.
CICOT: chicot. A.
CIDRAILLER: boire du cidre à coups répétés. Roman.
CIEURTAIN: certain. S.-I.
CIEUS: chez.
CIGNOGNE: sorte de pâtée d'orties et de son, pour les canetons et les dindonneaux.
CINCÉE (s. f.): fustigation. Donner une cincée à un enfant: lui donner le fouet. A.
CINGLÉE: même sens que cincée.
CIRUGIE: chirurgie.
CIRUGIEN: chirurgien. Dans le XIIIe siècle, cyrugien.
CITADELLE (Poire de): poire de livre.
CITRE: cidre. Pathelin a dit dans son Testament, p. 126:
Je ne veuil citre ne péré.
CIVE: ciboule; petite ciboule. Appartient aussi au patois Troyen. Du Roman, céves.
CLACASSE ou plutôt CLACUSSE: boisson plate et de saveur désagréable. Voyez BISCANTINE. O.
CLAI (s. m.): jus, bouillon. De clair. L.
CLAIRE (s. f.): ampoule. L.
CLAIRINETTE: clarinette.
CLAMPIN: lambin. Dans le patois Troyen, clampet signifie demi-boiteux. De l'islandais klampi, cheville, attache. Le clampin est en effet lent comme un estropié, et ne peut pas plus bouger que s'il était attaché.
CLAMPINER (v. n.): agir nonchalamment.
CLANCHE: clinche, bascule de loquet; partie extérieure du loquet, sur laquelle on appuie pour l'élever.
CLANCHER (une porte): faire jouer la clanche pour ouvrir.
CLANCHON: animal ou enfant qui ne devient pas aussi grand qu'il devrait être. Tels sont les oiseaux qui éclosent les derniers. Voyez ÉCLOCU. A.
CLAPER: gémir, se plaindre.
CLAPOTTAGE: agitation bruyante de l'eau. Au figuré, bavardage. Onomatopée.
CLAPOTTER: agiter l'eau mal à propos. En roman, éclabotter: couvrir de boue. C'est un de ces mots que les marins normands du moyen-âge, notamment des XVe et XVIe siècles, ont empruntés à leur langue maternelle pour les introduire dans la marine.
CLAPOTTIER, ÈRE: tripotier, bavard, brouillon.
CLAPURE. Voyez CLACASSE ou CLACUSSE.
CLAQUARD: bavard. B.
CLAQUARD ou CLAQUE: sorte de grive. Crabe.
CLAQUE: bavarde.
CLAQUE: espèce de grive.
CLAQUET: Rhinantus crista galli. Voyez FLAQUET.
CLAS: sorte de barrière de branchages liés, claie. Du verbe clore.
CLATRÉE: quantité surabondante.
CLAVAU; CLAVIOT: bâton pour serrer la corde qui assujettit la charge d'une voiture.
CLÉRON (s. m.): espèce de sonnette que l'on attache au col du cheval ou des bêtes à cornes, pour les retrouver plus facilement dans les bois.
CLIAIS: fléau. Clas en patois du Berri.
CLICHE (s. f.): forme à fromages. Du mot éclisse, autrefois employé. Voyez FOISSELLE.
CLICHE (s. f.): foire, diarrhée. L.
CLICHER: foirer.
CLIFOIRE (s. f.): petite seringue de sureau, dont les enfants se servent pour lancer de l'eau. Onomatopée. A.
CLIMUCHETTE; CLIMUSETTE (s. f.): cligne-musette, jeu d'enfants. De cligne-mussette ou cligne-musette: cligner et musser les yeux, ou cligner le museau.
CLINCAILLERIE: quincaillerie. L.
CLINCAILLIER: quincaillier. L.
CLINCHER: clisser. S.-I.
CLINE: brebis en mauvais état.
CLINQUE: coqueluche.
CLIOCHER: clocher, boiter.
CLIOUCIR (v. n.): souffler.
CLIPE: foire. Voyez CLICHE. L.
CLIPÉE: jet de boue liquide.
CLIPER: jaillir, faire jaillir, en parlant de boue liquide ou d'eau. L.
CLIPER: foirer. L.
CLIPOT: bavardage médisant.
CLIPOTTIER, ÈRE: bavard, de, qui médit.
CLIQUETTE: petit poisson de mer, plat.
CLOCHETTE: liseron (Convolvulus arvensis); à cause de sa fleur qui a la forme d'une petite cloche. C'est la plante qu'en patois on appelle LIOT. Voyez ce mot, et CHEMISE DE LA BONNE-VIERGE.
CLOPOING: sorte de crabe, qui ressemble au poing clos ou fermé. B.
CLOQUER (v. n.): glousser. Du latin glocire. Onomatopée.
CLOSERIE; CLOUSERIE: petite ferme. De clos. A.
CLOSIER: fermier d'une closerie. A.
CLOUQUETER: glousser. Voyez CLOQUER. C'est la traduction plus fidèle de glocire.
CLUCHER: glousser. De glocire. En Roman, closser; en Provençal, cloucho.
CLUCHON: petit clou, clou à soufflet. L.
CMENT ou QUEMENT: comment, comme. Cment la, comme cela.
ÇMITIÈRE (s. m.): cimetière.
CMODE; CMODITÉS: commode, commodités. L.
CO; ACO: encore. Roman.
CO: col. En roman, cos.
COAS (s. f.): corneille. Onomatopée. A.
COCALINCOT: coquelicot (Papaver rheas). A.
COCANE (s. f.): narine. O.
COCHELIN: fruit de l'églantier. A.
COCHELIN: tourte aux fruits, gâteau long. Par extension, un cadeau. Le coquelin ou la cocheline, dans l'Eure-et-Loir, est une sorte de gâteau pour le premier jour de l'an. Voyez BOURDIN.
COCHÊNE; COQUÊNE (s. m.): viorne, que l'on appelle aussi mansienne (Viburnum lantana).
COCHON: cloporte.
COCHONNÉE: cochonnerie; ordures. A.
COCHONNET: fruit de l'églantier (Rosa canina).
COCI. Voyez COSSI.
COCO: oeuf. Terme enfantin.
COCO: mignon. Voilà un joli coco: voilà un plaisant mignon.
COCO: garçon mal fait, mal tourné, sale: quel vilain coco!
COCODRILLE: crocodile.
COCONNIER: marchand d'oeufs. Roman.
COCOPONETTE: tâtillon. On dit dans ce sens: c'est un metteur de poules couver.
COCOTTE: poule. Terme enfantin. De coq, dont elle est la femelle.
COCOU ou COUCOU: primevère des champs (primula veris), qui fleurit au retour du coucou.
COEUR (JOLI): il fait le joli coeur: il fait l'agréable. Il est comme joli coeur goûte de rien: il fait le difficile, il ne goûte d'aucun mets.
COEURAILLER: éprouver des nausées, des maux de coeur. Dans le patois de Grenoble, on dit corailli: avoir la corailli.
COEURÉE: curée, proie, charogne dont l'aspect est propre à soulever le coeur, à faire coeurailler. Altération du mot curée. Voyez PRAE. En patois Walon, curéïe.
COEURIAL, E: qui a bonne mine, qui fait plaisir au coeur; cordial.
COEURU, E: courageux, qui a du coeur.
COFERT et COFI: meurtri, chiffonné, soulevé inégalement, bossué, etc.
COFIN: cornet de papier. Roman. Du grec [Grec: kophinos].
COFIR: meurtrir, écraser, se bossuer inégalement. Du grec [Grec: koptein], frapper. A.
COFFRET: meuble de planches, stalle formant une sorte de petit coffre ouvert, dans lequel les laveuses s'agenouillent pour leur travail, sur le bord de l'eau. L.
COGER A: déterminer à. Roman. Du latin cogere. A.
COHAN: pot de terre, dont l'anse est en dessus, est dans la partie supérieure, comme dans le panier appelé butillon.
COIMELER: gémir. Voyez CUSSER.
COIS: paquet de chanvre roui. B.
COITE ou COUETTE (s. f.): lit de plume. Autrefois on disait coète, couate et coute. On lit dans le roman de Garin-le-Loherain:
Li messagiers autres le Flamant vint, Iluec trova sur une coute assis.
M. Pierquin de Gembloux, qui a remarqué que M. Paulin Paris n'a pas entendu le mot coute, n'a pas lui-même mieux entendu l'expression couate, qu'à ce sujet il dit être «une mesure de capacité très-connue dans l'idiome néo-celtique du Jura.» Nous pensons que la coite, lit de plume, carreau, oreiller, est un mot qui vient du latin quies, quietus, dont nous avons fait coi, se tenir coi; coite, lit de repos; et coutil, sorte de toile à tissu très-serré, dans laquelle on enferme et contient la plume dont il s'agit.
COITI: coutil. De coite.
COLAPHISER: souffleter. Du latin colaphus: soufflet. Voyez JAFE.
COLAS (s. m.): corbeau, corneille. Voyez COAS.
COLIDOR: corridor.
COLIFAMÉ: efféminé. Corruption de Colin-femelle.
COLIN: sorte de poisson, du genre des Gades. B.
COLIN-FEMELLE; COLIN-FEMMETTE (s. m.): homme minutieux, qui s'occupe de travaux de femmes. Voyez COLIFAMÉ; NIGON; TATE-MINETTE.
COLLE (s. f.): bourde. C'est une colle; c'est bon pour la colle.
COLLER (v. a.) interloquer, embarrasser, mettre dans l'impossibilité de répliquer, comme si on collait la bouche.
COLLETONNER: colleter, lutter, se reprendre au col. L.
COLURE: toilette soignée. L.
COMBIEN QUE: combien. Combien que le blé se vend: combien le blé se vend-il? L.
COMBLER A: à force d'instances déterminer à. L.
COMME; COMME ÇA: il m'a dit comme ça que: il m'a dit que.--COMME DE juste; COMME DE raison: comme il est juste, comme le veut la raison.--COMME PAR LEQUEL: on lui a délivré un certificat comme par lequel il a satisfait: certificat attestant qu'il... L.
COMME TOUT: beaucoup. Se dit aussi dans le patois Lorrain et dans le patois Troyen.
COMMÉRIAL: affable. Vire.
COMONI: fané, flétri. C'est une épenthèse. De cauni. Voyez CAUNIR.
COMPAGNÉE: compagnie, société. Ancien français. Vie de Bayard.
COMPÈRE (s. m.): gilet. A.
CONARD: fou, sot. Il y avait une confrérie des Conards à Evreux, où on disait:
Conards sont les Buzots et non les Rabillis; O Fortuna potens, quam variabilis!
CONDITION: domesticité; place de domestique.
CONFIÈRE (s. f.): consoude (symphitum officinale). En anglais, comfrey.
CONFLEURIE: confrérie. S.-I.
CONFONDRE: gâter, détériorer considérablement.
CONFUSION: abondance désordonnée. L.
CONGNOITRE; CONGNOISSANCE: connaître, connaissance. Roman. Du verbe latin cognoscere. O.
CONRAYEUR: corroyeur. De l'ancien français conreur, conréeur. L.
CONROI: glaise. A.
CONSÉQUENT: considérable, de conséquence.
CONSOMMER: anéantir. Le froid me consomme; je suis consommé de coliques.
CONTEOR: avocat, défenseur en justice. L'ancienne Coutume de Normandie s'exprime ainsi: «conteor est que aucun establit pour conter pour lui en cort.»
CONTREBOCHE (s. f.): surabondance.
CONTRE DE: contre. Contre de lui: contre lui.
CONTREMONT; CUCONTREMONT: violette de chien, violette inodore.
CONTREPORTEUR: colporteur. L'Estoille employait ce mot, en 1609. Des Perriers (Nouv. IV) écrit contreporter pour colporter.
CONTR'HUS; CONTREHUIS: petite porte en treillage ou en lattes, ménageant l'entrée de la lumière et ne permettant pas aux volailles de pénétrer dans la maison; treillage en paille pour garantir du vent.
COQ: renoncule pivoine; à cause de sa couleur qui est rouge comme la crête d'un coq.
COQ-ANGUILLE: insecte aquatique. C'est l'Hydrophylus picæus. B.
COQ A DINDES: coq-d'Inde.
COQ A POULES: coq, mâle de la poule.
COQCIDROUILLE (s. f.): qui fait l'importante. S.-I.
COQUELOURDE; COUQUELOURDE: julienne (Hesperis matronalis). La véritable coquelourde est l'Agrostemma coronaria.
COQUER et non pas CAUCHER: cocher, en parlant du coq ou de toute autre volaille qui féconde sa femelle.
COQUÉRAN: hermaphrodite. Coutances.
COQUET: cochet, jeune coq.
CORBICHÉE: cabriole.
CORDER (v. a): cordeler, disposer en corde le bois de chauffage.
CORE: encore. Par aphérèse. Voyez ACO.
CORÉE: fressure. Du latin præcordia; de l'italien corata. App. au patois Bourguignon. Voyez HATILLE.
CORIEU: courlis, oiseau de passage. En Roman, courlioux.
CORNARD (cheval): cheval poussif, atteint de cornage (sifflement de sa respiration qui imite le son d'un cor).
CORNEBICHET: Bernard-l'Ermite, sorte de coquillage univalve.
CORNEILLE (s. f.): orchis.
CORNICHE: planche ou tablette de cheminée. L.
CORNIER: tuile creuse et anguleuse pour les coins des couvertures. Du Roman, cornée, coin.
CORNIFLER: épier. Du verbe écornifler.
CORNU (Pain): petit pain blanc, de pâte ferme, fendu, en quatre cornes à sa surface, pour obtenir plus de croûte.
CORPORAL: caporal. S.-I.
CORPORENCE: corpulence. L.
CORSÉ: qui a du corps, étoffé.
CORSÉE; CURÉE: corps devenu charogne.
CORSELET: corset. Patois Lorrain.
CORSER: lutter corps à corps. Dans l'ancien français, cosser signifiait lutter.
CORSIR: racornir. A.
CORSU. Voyez CORSÉ.
CORTINE: rideau de lit. Du latin, cortina.
COSSEAU ou COSSET (s. m.): plume à écrire non encore taillée. B.
COSSI: courbattu, meurtri.
COSSIAU (s. m.): sorte de petit vase, dans lequel les faucheurs placent leur pierre à aiguiser pour l'humecter. En usage aussi dans le département de la Mayenne. Du latin, cos, nominatif inusité de cautis, pierre.
COSSON (s. m.): sorte de ver blanc, qui ronge les végétaux; charançon.
COTE (s. f.): côté. Mettre de côte: mettre de côté. A COTE: à côté. PAR A COTE: par à côté.
COTÉE (s. f.): rangée.
COTILLAGE (s. m.): terrain en petits coteaux. L.
COTIN (s. m.): maisonnette. Employé par Wace. En anglais, cottage. De l'islandais kot. En celtique-breton, koat, koad, signifie bois. Ainsi, le cotin était vraisemblablement d'abord une cabane en charpente, comme on en voit tant en Normandie.
COTIR; FAIRE COTIR: jaillir, faire jaillir.
COTIR (SE): s'échauffer en parlant du bois qui se gâte. Du celtique-breton koat, bois.
COTIR. Voyez COFFIR. A.
COTON et non CAUTON (s. m.): nervure d'une feuille ou d'une tige; sorte de côte. De costa et non pas de caulis.
COTONNETTE: cotonnade, étoffe de coton. L.
COTTER: jaillir. Roman. Voyez COTIR.
COUAILLE (s. f.); COUAILLON (s. m.): queue de jupon ou de robe en mauvais état. Du vieux français coue, queue. Par extension, mauvais chiffon. Voyez LOUÊPE. A.
COUANNE: couenne. En patois Walon, koinne signifie corne. La couenne, en effet, a l'air de la substance des cornes.
COUCOU: primevère jaune à grappes. Cocu, en patois Troyen. Tire son nom de l'époque de sa fleuraison, qui a lieu à l'arrivée du coucou.
COUE: queue. Du latin cauda.
COUE DE PRÊTRE: blé de vache (Melampyrum arvense). B.
COUÉE (s. f.): queue de jupon ou de robe crottée, ou salie. Expression de mépris. De coue. A.
COUÊMES (s. f.): crottin de cheval. Du latin equus, cheval, dont nous avons tiré écurie, écuyer. Couêmes pour écouêmes, par aphérèse. A.
COUESPEAU: copeau.
COUER: couver.
COUET: ruban de fil. Vire. Voyez LISETTE.
COUETTE: petite queue. Diminutif de coue.
COUETTE. Voyez COITE. L.
COUIE (s. f.): sorte de vase en bois, dans lequel le faucheur met sa pierre à aiguiser. Du latin cos, nominatif inusité de cotis, pierre.
COUIER: villageois grossier. En Roman, coullier, poltron.
COUILLÈRE: cornet de parchemin servant de tabatière. B.
COUENCHE: sournois, poltron; qui regarde du coin de l'oeil. L.
COUINER: pleurer en criant. Même signification en Roman.
COUINETTER (v. n.): crier comme un lapin qui a peur. C'est peut-être plutôt une onomatopée qu'un dérivé du substantif latin cuniculus, lapin; en vieux français, connil. En Roman, couinner signifiait pleurer en criant. A.
COULAGE (s. m.): gaspillage continué. L.
COULANDAGE (s. m.): gaspillage. A.
COULANDIER, ÈRE: qui occasionne le gaspillage par une mauvaise administration. A.
COULER (EN): en faire accroire. S.-I. Se dit aussi en patois Lorrain.
COULINE ou COLINE: torche de paille, brandon. Roman.
COUP (A): à temps, à propos, promptement.
COUPASSER: couper maladroitement.
COUPEAU; COUPET: cime, sommet. Le coupeau de la tête: le haut de la tête. En Roman, coupel, couplet, hautes branches d'un arbre; coupet, chignon du cou. De caput.
COUPER: découper, en parlant d'une pièce de viande.
COUPÈRE (s. m.): compère.
COUPLÈRE (s. f.): pièce de cuir qui consolide les chapes du fléau.
COUPLÉE (s. f.): linge attaché ou assujetti par couple, ou en plus grande quantité. A.
COUPLER: mettre en couplée, accoupler.
COUPLETTE: culbute. Voyez SAUCUBLETTE.
COURANDIER, ÈRE: qui aime à flâner, à courir hors de sa maison pour trouver avec qui parler. A.
COURANTE: diarrhée, cours de ventre.
COURCAILLET: instrument pour appeler les cailles; sorte de sifflet qui imite leur cri.
COURCHER: courir. Voyez COURSER. S.-I.
COURÉE. Voyez CORÉE.
COURGE (s. f.): sorte de joug qu'on met sur les épaules pour porter deux seaux.
COURGET (s. m.): escourgée, fouet en courroies de cuir; coups donnés avec ce fouet. En Roman et dans le patois du Jura, courgie. A.
COURJOT: tige de chou. De jet ou tige de cette plante. Vire.
COURRAIE: courroie.--Voyez COURÉE.
COURSER: aller, courir sans utilité. A.
COURTIL: jardin potager. De la basse latinité curtile. En Roman, cortil. On lit dans le Roman du Renard:
La bone fame du maisnil A ouvert l'huis de son courtil.
Corti, dans le patois Walon.
COURTIN. Même signification que COURTIL.
COURTINE (FAIRE): relever devant le feu le bas des jupons, pour se chauffer les jambes et les genoux.
COUSETTE: mauvaise couturière. L.
COUSINE: belle-mère.
COUSINET: oeilletin. OEillet mignardise. L.
COUSINETTE: passe-pomme. Ailleurs, pomme de Saint-Contest.
COUTAGEUX: coûteux.
COUTE QUI COUTE: coûte que coûte; quoi qu'il en coûte. L.
COUTE (s. m.): coude.
COUTE-PIED: coude-pied.
COUTEMENT: coût, dépense. En Roman, coustement.
COUTET; COUTIAU: couteau. Du latin cultellus.
COUTIBLE: coûteux, difficile, pénible. L.
COUTRE: coudre. L.
COUTRE (s. m.): bédeau. S.-I.
COUVERCHE (s. m.): couvercle.
COUVERT: bien couvert, bien habillé. On lit dans les Épigrammes de De Cailly:
De ces lieux Philémon partit à demi-nu; Bien suivi, bien couvert le voilà revenu.
S.-I.
COUVERTEAU: couvercle. L.
COUVRARGE: couvercle de marmites, de plats.
COUVRE-PLAT: couvercle de plat. Patois Lorrain.
CRABLOT: enfant rachitique.
CRAC: fruit du prunellier sauvage ou épine noire. Sans doute, parce que son noyau craque sous la dent.
CRAC (A): en grande abondance. Pleuvoir à crac: pleuvoir à verse. Voyez ACA. Aflac, en Roman, signifie en abondance.
CRACHIN; CRASSIN (s. m.): crasse durcie au fond d'un vase. Du latin crassitudo. L.
CRACHINAGE (s. m.): bruine, pluie fine. Voir CRASSINAGE. B.
CRACHINER: bruiner. Voyez CRASSINER.
CRACOTIN: enfant qui commence à avoir des dents, des cracottes. L.
CRACOTTE: dent d'enfant. De craquet. L.
CRAHAGNEUX, EUSE: qui chipotte en marchandant minutieusement.
CRAISSET: lampe qu'on accroche. Roman.
CRALÉE (s. f.): grappe, surabondance. B.
CRAMAIL: la gorge. Prendre ou saisir au cramail: prendre à la gorge.
CRAMPIR (SE): s'attacher à, se cramponner. En patois du Jura, se cramper.
CRANCHE (qualificatif): souffreteux; malade. A.
CRANNIÈRE; CRASNIÈRE: vieille masure. De l'anglais cranny, crevasse.
CRANQUE: crampe. S.-I.
CRAPAS: crapaud. L.
CRAPAUD-VOLANT, ou TÊTE-CHÈVRE: engoulevent. B.
CRAPE (s. f.): crabe. Au figuré, femme ou fille de mauvaise vie. L.
CRAPOTTER: se traîner sur les pieds et les mains, comme un crapaud.
CRAQUE (s. f.): hâblerie, mensonge.
CRAQUELIN: cartilage. L.
CRAS: baiser désagréable. L.
CRASSE: bassesse, lésinerie. Faire une crasse.
CRASSIER: ordures, balayures réunies pour engrais. De crasse. Cras, en Roman, signifie graisse.
CRASSINAGE (s. m.): pluie fine et serrée. De crassus. Voyez CRACHINAGE. S.-I.
CRASSINER (v. n.): pleuvoir à gouttes fines et serrées. S.-I.
CRAU: pierre pulvérulente des premières couches d'une carrière. B.
CRAULER: bouillir à l'eau. MM. Du Méril.
CRÉATURE; CRÉIATURE: femme. La femme est, en effet, la créature par excellence. Toutefois, le mot créature, dans ce sens, se prend souvent en mauvaise part.
CRÉDENCE (s. f.): petite armoire dont les tiroirs sont au-dessus des portes. Du verbe latin credere, confier. La crédence est le meuble auquel on confie les objets les plus précieux. On trouve crédenciers pour buffetiers dans Rabelais, liv. IV, ch. 64. Roman. De la basse latinité credentia. Patois Rouchi.
CRELLIER: frémir, frissonner. Voyez CRETIR. A.
CREMILLÉE: crémaillère. De cremare, brûler. Roman.
CRÉPIR (SE): se dresser, se raidir, pour paraître grand.
CRÉPONNER; CRÉPONSER; CRÉPOUSSER: presser, pétrir avec le poing.
CRÈRE ou CRAIRE: croire. De credere. Patois du Jura.
CRESSANE: crassane, sorte de poire.
CRESSIR: presser violemment, mourir. Voyez KERSIR.
CRETÉ, E: propre et soigné. L.
CRÉTELER (v. n.): gloucer d'un cri aigu, en parlant des poules. Voyez CLUCHER.
CRÉTINE: crue subite d'eaux. De crescere. Roman. De la basse latinité cretina.
CRETIR ou CRETER (v. n.): frissonner. En Roman, craitir signifie sécher sur pied.
CRÉTONS: restes concrets de morceaux de lard que l'on a fait frire, pour en extraire le saindoux. De crusta, croûte. Roman. L.
CROUSTILLANT: croquant. Du verbe croustiller, ou du substantif croûte, crusta.
CROUTTE (s. f.): terrain enclos et cultivé autour de l'habitation du cultivateur. De la basse latinité crota. Du vieux français cropte et crotte. On trouve, près de la ville de Vimoutiers, une commune appelée Crouptes. Dans notre Itinéraire de la Normandie, p. 435, nous avons cité les communes de Croth, la Croupte-les-Bois, etc.
CRUCHÉE et CRUCHETÉE (s. f.): ce que contient une cruche.
Ç'TUI-CI; Ç'TELLE-CI: celui-ci, celle-ci.
Ç'TUI-LA; ÇTELLE-LA: celui-là, celle-là. De l'ancien pronom cettui.
ÇU: ce.
CU-FOURCHÉ: perce-oreille. Ce mot vient de la pince, en forme de fourche, dont est armé le cul de cet insecte. A.
CU-ROUGE: oiseau, ainsi nommé parce que sa queue est rouge.
CU-TERREUX; CU-TERROUX: qui a de la terre en propriété; fille riche. En patois du Jura, cu-tarru.
CUCONTREMONT. Voyez CONTREMONT.
CUEVER et CUEUVER: fermer la porte.
CUIRASSO: curaçao, que l'on prononce curaço. Cette liqueur tire son nom de l'île de Curaçao dans les Antilles, où on la fabrique avec des oranges amères.
CUIROT: sorte de bourse. De cuir. En Roman, cuiret. Hugues de Piaucèle dit, dans son Fabliau d'Estourmi:
Je les vois mettre hors du coffre Et les deniers et le cuiret.
CUISSE (s. f.): cuisson de pain. Le pain de cuisse est celui que l'on fait cuire soi-même. A.
CUISSON (de pain): fournée de pain.
CUISSOT (s. m.): petite cuisse. De coxa.
CULES (s. f. pl.): jeu pour lequel on pousse le palet avec le pied.
CULIER (boyau): le rectum.
CULOINER (v. n.): différer trop long-temps.
CULOUPE (s. f.): femme laide et de mauvaise conduite. Ce mot a quelque rapport avec la charoupa de Grenoble, terme patois que M. J.-J. Champollion-Figeac définit simplement: expression injurieuse. L.
CUMBLET (s. m.): culbute, cabriole. Voyez CORBICHÉE et SAUCUBLETTE. B.
CUREAU: enfant de choeur.
CUROT: emplâtre. De cura, soin, ou plutôt de cuir, parce que c'est souvent sur un morceau de cuir que l'on étend les emplâtres.
CURURE d'un fossé, d'une mare: produit de son curage.
CUSSER: gémir long-temps, se plaindre beaucoup. Du grec [Grec: kuôn], chien, parce que parfois les chiens poussent de longs hurlements. A.
CUSTAUD: sacristain. Du latin custos, gardien. En roman, custode.
CUT. Voyez GUT.
CUVE: cuvier pour faire la lessive.
D.
DABÉE: averse, forte pluie. Du verbe dauber.
DACER (v. a.): donner de gré ou de force. De daces, sommes levées comme contributions; restituer. L.
DADA: cheval. Terme enfantin.
DAILOT et DAILLOT (LL mouillées): doigtier, espèce de calotte dont on enveloppe un doigt malade.
DAIT: doigt. Id. dans le patois du Jura.
DALE (s. f.): vallée. Roman.
DALLE: table de pierre creusée, ou construction en briques et ciment, pour laver la vaisselle. Roquefort dit que «en Normandie la dalle est un évier, un égout, trou par où les eaux s'écoulent». Cet égout est ce que l'on appelle le dallot, le trou de la dalle.
DALLÉE: flaque d'eau, eau répandue; puis, comme disent MM. Du Méril, «urine d'un animal, assez abondante pour remplir une dalle.»
DALLER: pisser à terre. A.
DALLOT: petit conduit pour diriger au-dehors les eaux de la dalle.
DANS. On emploie souvent à contre-sens cette préposition. Ainsi l'on dit: mettre ses bas dans ses jambes, ses souliers dans ses pieds, ses gants dans ses mains, etc.; au lieu de: mettre ses jambes dans ses bas, ses pieds dans ses souliers, ses mains dans ses gants. A.
DANS: sur. Grimper dans un arbre: grimper sur un arbre.
DANSE: volée de coups. Donner une danse. On dit aussi faire danser la malaisée.
DANSPAROU (locut. adv.). Arr. de Valognes. On ne l'emploie que dans la phrase: Tout laisser dansparou, qui signifie: laisser un ouvrage dans l'état où il se trouve, sans rien achever. MM. Du Méril.
DARD: petit poisson blanc, un peu plus gros que le goujon.
DARDÈNE (s. f.): pièce de 2 liards (deux centimes et demi) en cuivre jaune. B.
DARNE (s. f.): pièce, tranche, morceau. Du celtique-breton, darn.
DARRE ou DARE (s. f.): bedaine. D'où est venu daron, ventru.
DARSELET: petit dard. Sorte de petit poisson d'eau douce.
DARRER (SE): se heurter.
DASÉE (s. f.): tas, monceau. B.
DATE (s. m.): urine humaine. Roman. L.
DÉBACLER: ouvrir, en parlant d'une clôture. Voyez BACLER. A.
DÉBAGAGER: débarrasser. Débagagez la table: débarrassez-la des objets qui l'encombrent. Dans le patois Lorrain, débagager signifie déménager.
DÉBAGOULER (v. n.): crier, bavarder. S.-I.
DÉBALTAFRISER: voyez DÉBISLOQUER. (Manche).
DÉBARBELOTTER: débarbouiller. Le Drapier dit dans l'Avocat pathelin, p. 71:
Par le corps bieu! il barbelote Ses mots, tant qu'on n'y entend rien.
DÉBARRAS: délivrance d'embarras. Du mot Roman baras: obstacle; d'où est venu embarras. Rutebeuf dit dans le fabliau de Charlot-le-Juif:
Qui baras quiert, baras li vient.
DÉBAUCHER (SE): se désespérer, se désoler. Voyez DÉBAUT.
DÉBAUT: désespoir. Il s'est pendu de débaut, de désespoir. Du substantif débauche.
DÉBERNÊQUER: débarrasser, dépêtrer. Voyez DÉPATOUILLER. B.
DÉBERRIONNER (SE): se débarrasser. A.
DÉBESAILLÉ: débraillé, en désordre.
DÉBET: dégel (Manche).
DÉBÉTER (v. n.): dégeler.
DÉBÉTILLER: débarrasser, dépétrer; «tirer, disent MM. Du Méril, d'une position qui rendait bête.»
DÉBIAIS: biais.
DÉBINE (s. f.): détérioration, ruine. Argot récent.
DÉBINER: décrier, avilir, détériorer. Vire. Tomber en débine; s'en aller. St.-Lo.
DÉBISLOQUER: disloquer, démonter, défaire.
DÉBLAI (s. m.): déconvenue.
DÉBOULER: partir, décamper. Usité dans le patois Walon. L.
DEBOUT (DE): debout. L.
DÉBRAGUÉ: mari séparé civilement, qui au figuré a remis sa brague (sa culotte) à sa femme.
Du côté de la brague est la toute-puissance.
DÉBRAGUER: déculotter.
DÉBRAGUER (v. n.): se développer, sortir de son enveloppe. Arr. de Bayeux. Brag signifie, en breton: qui germe, qui fait saillie. Ce mot ne se dit que d'un écusson qui commence à pousser. MM. Du Méril.
DÉBRAIGER: débarrasser, dépouiller. De braie. On dit déberger dans le département de la Mayenne.
DÉBRAILLÉ: qui a ses vêtements en désordre. De braie. Le Dictionnaire de l'Académie n'emploie le verbe se débrailler que comme signifiant «se découvrir la gorge, l'estomac avec quelque indécence.»
DÉBRENÊQUER: en désordre. De bren. S.-I.
DÉBREULER: débricoler. Voyez BREULE.
DÉBRIDER (v. n.): manger avidement. Du celtique-breton dibri. Voyez BRIFFONNIER.
DÉBUCHE: fausse couche.
DÉCABOCHER: marcher lourdement, de manière à arracher les caboches (têtes de clous) de ses chaussures.
DÉCADUIRE (SE): tomber en ruines. Du verbe latin cadere, tomber.
DÉCADUIT, ITE: délabré. L.
DÉCALENGER: calomnier. Voyez CALENGER. B.
DÉCALOPPER: découvrir de sa couverture ou enveloppe. Décalopper une noix, un bouton qui s'use.
DÉCANILLER. Voyez DÉQUENILLER.
DÉCAPITER (SE): se dépiter au point d'en perdre la tête (caput). L.
DÉCARÊMER (SE): manger de la viande pour se refaire des privations du carême.
DÉCASSER (SE): se dépêtrer.
DÉCESSER: cesser. Se trouve dans le patois Lorrain et dans le patois Troyen. L.
DÉCHAFRE: gourmand. Voyez SAFRE.
DÉCHAIRER: retirer à quelqu'un le siège sur lequel il est assis. De chaire. L.
DÉCHAOLER: traîner çà et là, calomnier. Cherbourg.
DÉCHARBOUILLIR: débarbouiller.
DÉCHARGEAGE (s. m.): action de décharger une voiture ou une bête de somme. Patois Lorrain.
DÉCHAUBERTÉ: désenrhumé. Voyez CHAUBERT. A.
DÉCHIBOLER. Voyez CHIBOLER.
DÉCHILER: tomber du ciel. B.
DÉCHIPLÉ: couvert de haillons, déguenillé. L.
DÉCHIPLE-PENDU: mauvais sujet déguenillé, qui déshabillerait les pendus pour se vêtir. Peut-être disciple de pendu; car, en Roman, déciple signifie disciple.
DÉCLAINCHE (s. f.): diarrhée.
DÉCLAINCHER: lever la clinche. Voyez CLANCHE.
DÉCOCTION: maladie imprévue. L.
DÉCOMMANDER: contremander. L.
DÉCONNAITRE (SE): être présomptueux, affecter un mérite qu'on n'a pas.