‹ Glossaire du patois normandChapitre 21 sur 33 · L.

L.

RHABILLER: rétablir; remettre en bon état. Rhabiller un chemin: le réparer.

RHEUME; RHIÈME: rhume.

RHINOCÉROS (Oryctère nasicornis) insecte. Voyez CAPUCIN. B.

RIAL; RYAL: royal. S.-I.

RIBALET: bord d'un ruisseau; petit sentier qui s'y trouve. De ripa: rive, bord. B.

RIBAN: ruban.

RIBLE (s. m.): vent froid et pénétrant. B.

RIC (TOUT): tout près. (Mortagne.)

RICHOINE: homme joyeux, comme un riche à qui rien ne manque. (Avranches.)

RICHOLER: ricaner; rire en secret.

RIDELER: produire de petites rides; flétrir.

RIDIAUX: rideaux.

RIÉE: rayon du soleil qui semble, en paraissant, rire ou sourire à la terre.

RIEN-QUI-VAILLE: vaurien.

RIEU: ruisseau. De ré.

RIFAU: canal. Du latin rivus, ruisseau.

RIFLE: morceau de bois qui se place au bout du hanse, et dont les faucheurs se servent pour aiguiser leur faux. M. Decorde.

RIFLE (s. f.): gourme des enfants.

RIFLER: rafler; voler; enlever;--se servir du rifle; effleurer.

RIFOUR. Voyez RIFAU.

RIGNALER: rognoner; murmurer.

RIGNON: rognon.

RIGOLET: grand gobelet. Du vieux français se rigoler; se régaler. Vire.

RIGOLET: rigole;--harin, mauvais cheval.

RIGOLICE; RINGOLISSE (s. m.): réglisse. Patois Walon, régolice.

RIGOLLER: railler. Ce verbe a été employé en ce sens par l'auteur d'une ancienne chanson normande, que nous avons publiée à la suite de notre édition de Basselin, p. 182:

Ne venez plus ainsy m'y rigoller.

J.-B. Rousseau donne un autre sens au verbe rigoller. Il dit:

Se rigollant, menant joyeux déduit, Et jusqu'au soir faisant le diable à quatre.

RILE; RILETTE: restes rissolés de lard, que l'on découpe et frit pour en tirer le saindoux, et que l'on conserve salés et poivrés en pot pour l'hiver. A.

RILE (s. m.): hâle.

RIMOUSQUETTE (s. f.): fille dégourdie, qui agace les garçons. A.

RIMÉE: gelée blanche.--RIMER: geler blanc.

RIN: rien.

RINBIN: objet de peu de valeur (rien de bien). A.

RINBINER: revendre des objets de peu de valeur. L.

RINBINIER: celui qui rinbine. L.

RINCÉE; RINCHÉE; RINCHIE: volée de coups. L.

RINCER; RINCHIER; battre quelqu'un; le rosser. L.

RINCER; RINCHIER: aiguayer; rincer du linge.

RINCETTE; RINCHETTE: verre d'eau-de-vie ou de liqueur qu'on prend après le café.

RINCHI: rincé, nettoyé. Des bouteilles bien rinchies.

RINCHURETTE: verre qu'on prend après la rinchette.

RINGARD: fourgon du four. Voyez NAS.

RINGLER: glisser sur la glace. A.

RINGLOIR: eau gelée propre à ringler. A.

RIO: petite raie, poisson;--petite rigole. H.-N.

RIOCHER; RIOCHINER: rire à petit bruit, en se moquant.

RIOCHEUX: qui rioche.

RIOLET: bord ou trottoir. De rivus ou de ripa. Voyez RIBALET.

RIOLET: petit ruisseau. De rivulus. B.

RION: rayon; petit sillon. L. Un rion: un brin. H.-N.

RIOTER. Voyez RIOCHER.

RIOTEUX: instrument qui sert à faire des rios pour planter des pois, des fèves, etc.

RIPER: tourner un objet bout pour bout. Riper un tonneau: le placer en équilibre sur un chantier et lui faire faire volte-face. M. Lepingard.

RI-PIERRE; RI-TERRE: rez-pierre; rez-terre.

RIQUET: mesquin, étriqué.

RIQUIEU: troglodyte de l'ordre des Sylvains, roitelet.

RIQUIQUI (Famille de): composée d'un grand nombre de membres.

RIQUIQUI (s. m.): eau-de-vie. De rikiki: toute liqueur spiritueuse chez les Arabes, qui appellent kiki le ricin, que M. Pierquin de Gembloux croit être le kikajou de Jonas.

RIRIE (s. f.): ris continués, aux éclats; partie de rire.

RISQUATOUT: animal qu'on risque à tout, qu'on épuise, sans craindre que mort s'ensuive.

RISQUIPÈTE (A LA): à la coque; oeufs cuits dans les cendres, à la risque qu'ils pettent. M. Decorde.

RISTOURAS: mauvais restes d'étoffes, de linge. A.

RITELET: roitelet.

RIVE: côté extérieur d'un lit.

RIVER: parer la rive (d'un lit); arranger le bord de la couverture, la replier sous le matelas de manière que ce bord ne soit point aperçu. M. Lepingard.

RO! RO! haro. De Hrolf (Rollon), premier duc de Normandie. S.-I.

ROBERDE (s. f.): herbe-à-Robert (Géranium Robertianum). B.

ROBIN: taureau. H.-N.

ROBINIÈRE (VACHE): qui tourmente les autres et est impropre à la reproduction.

ROC: réprimande, semonce. Donner un roc à quelqu'un. B.

ROCHIER: rocher.

ROCHER. Voyez BUCHER.

RODEUR: celui qui rôde pour voler; et, par extension, voleur.

ROE (s. f.): roue.

ROGATONNER: parler entre ses dents, en revenant sur des faits accomplis, en grommelant.

ROIGNER: rogner.

ROGNONEMENT: action de rognoner.

ROINCER: grogner. Dans l'arr. de Mortagne, il exprime le cri des chevaux qui veulent se battre. MM. Duméril.

ROISNER; ROUESNER; ROINASSER: murmurer entre ses dents, de manière à rappeler un peu le bruit d'une roue mal graissée.

ROITER: tourner; décrire en courant des traces circulaires. Terme de chasse.

ROMACHER; ROMANCHIER: murmurer; grommeler.

ROMANCER: raconter.

ROMATIQUE: rhumatisme.

ROMPUMENT: rondement. Travailler rompûment: sans s'interrompre.

RONCE COCHONNIÈRE: églantier (Rosa canina).

RONCEUX: noueux.

RONCHAILLES: lieu où il y a beaucoup de ronches, ou ronces.

RONDEAU: rondin.

RONDIR L'OEIL: ouvrir les yeux d'une manière remarquable, en témoignant de la surprise et du mécontentement. A.

RONÉ, E: enluminé; rouge, en parlant de la figure. A.

RONSSE (s. f.) (Orne): chêne dont on coupe la tête tous les ans pour l'empêcher de donner de l'ombre. On dit aussi rosse et rousse. MM. Duméril.

ROPIDOLLER: roupiller; sommeiller. A.

ROQUELAURE; ROQUELAUSE (s. f.): houppelande. L.

ROQUES: mottes de terre.

ROQUET: jupon court. De l'allemand roke: robe en général;--pomme à cidre tardive.

ROS: roseau commun;--lame du métier de tisserand, dont les dents sont en roseau.

ROSEAU: glui. De la ressemblance des tiges ou chalumeaux du blé avec les tiges des roseaux. L.

ROSELET; ROSELEU: belette.

ROSIÈRE (s. f.): terrain planté de roseaux; où ne poussent guère que des roseaux. Titres de 1361.

ROSSÉE: volée de coups. Du verbe rosser.

ROSSOLI, E: rissolé, e.--ROSSOLIR (v. n.): rissoler.

ROTE: corde qui retient la charge d'une voiture.

ROTE (s. f.): sentier. De route, mot qui vient du verbe latin rumpere, au participe passé ruptus, parce que les routes ne sont que des terrains rompus. Patois Rouchi. A.

ROTER: ôter; reprendre ce qu'on a donné. On dit proverbialement:

Donner et roter, C'est pis que voler. L.

ROTEUX: lieu qui reçoit l'égout du fumier. H.-N.

ROTILLON (s. m.): pépinière de jeunes arbres à cidre, poiriers ou pommiers;--petit rôton.

ROTON (s. m.): trognon de choux, de pomme, etc.

ROTTE: cordeau.--ROTTER; lier avec une rotte.

ROUAGE: rouge.

ROUAGÉ: défoncé par les roues des voitures.

ROUANER: manger désagréablement, malproprement. Du verbe ronger. A.

ROUAUDER (v. n.): crier, en parlant des chats en rut. Voyez RAUT. O.

ROUCE (s. f.): buisson, hallier. De ronce, parce que les buissons se composent principalement de cette plante. C'est l'u substitué à l'n, comme dans mouceau pour monceau, couvent pour convent.

ROUCHAS. Voyez ROUCHON. A.

ROUCHE: glaïeul, dont on fait de petits liens.

ROUCHE-CROUTE. Voyez BADOCHET. A.

ROUCHER: ronger. Patois Rouchi.

ROUCHON: reste d'un morceau rongé. A.

ROUELLE (s. f.): petite roue. Civière à rouelle: civière montée sur une roue. Se coucher en rouelle: en rond, comme le chien. Du latin rota. Feu Lamarche.

ROUET (s. m.): solive. A.

ROUFLE. Faire la roufle ou roue, comme le dindon: se pavaner.

ROUGE-BRIERE: pomme à cidre tardive.

ROUGE-POUQUE (s. f.): rouge-gorge. L.

ROUGET: grondin, poisson.

ROUGET (s. m.): dartre des chiens. B.

ROUGEULE: rougeole. L.

ROUGNE: teigne. Glossaire de M. Chassant.

ROUIL (s. m.): rouille. On trouve rouil pour rouille, dans Lucrèce, tragédie de Filleul, au milieu du XVIe siècle.

ROUINASSER: grommeler; grogner. Voyez ROISNER.

ROUINCER (v. n.): crier d'une manière importune et vibrante, en parlant du cheval (ross, en allemand); et, par extension, des autres animaux, même des hommes. A.

ROUINE (s. f.): soliveau.

ROULÉE: volée de coups de bâton;--ce que l'on peut rouler de fil sur un fuseau.

ROULER: donner une roulée;--Se moquer de quelqu'un en le roulant entre les extrêmes; abuser de sa folle confiance ou de sa sotte crédulité.

ROULET: rouleau pour écraser les mottes de terre appelées roques;--râle des agonisants.

ROULIÈRE: blouse de roulier.

ROUIPIAUX. Voyez ORIPEAUX.

ROUOLOUX: rouleau.

ROUPIEUX: qui baisse le nez, comme s'il avait la roupie; décontenancé; honteux. S.-I.

ROUPILLER: pleurnicher;--rabâcher;--faire le moins de bruit possible;--avoir la roupie.

ROUQUELOUSE: espèce de houppelande.

ROUSÉE: rosée.

ROUSINE: résine de mélèze, dont on fait des chandelles. Voyez PETOCHE. A.

ROUSSE (s. f.): tête d'arbre soumise à un émondage périodique, ordinairement tous les six ans.

ROUSSI (s. m.): Roussin, par apocope. Péter comme un roussi. De l'espagnol roncino.

ROUSSOLÉ: rissolé.

ROUTER: vomir.

ROUTOUX: routoir.

ROUVIEU: maladie de peau qu'ont les chiens.

ROUVROUX (s. m.): dartre des chiens. Voyez ROUGET.

ROUX: glui. Voyez ROSEAU. (Vimoutiers.)

ROUX-VENTS: vents qui, à l'époque de la lune rousse, brûlent les jeunes pousses des plantes.

ROYALE; HERBE ROYALE: mâche (Valeriana locusta). Voyez BOURSETTE. L.

ROYAU: fuseau sur lequel le fil s'enroule. O.

RU; RUÉ: ruisseau. Du grec [Grec: rusis]; de [Grec: reô], couler.

RUCHE: panier;--plante. Voyez RAVELUCHE.

RUCHEAU ou RUCHOT; RUCHETTE: petit panier. L.

RUCHER: ruer; lancer, en parlant des pierres et autres projectiles. Marot s'exprime ainsi, dans une épître au roi sur la mort de son père (Jean Marot):

Par plaiderie on peut manger son bien, Par médecine on se peut bien tuer: Mais ton bel art ne peut tels coups ruer. L.

RUCHI: cheval qui rue. MM. Duméril.

RUDE: entravé dans ses mouvements par l'âge, ou par la fatigue.

RUETTE: petite rue.

RUFLE: fort, vigoureux.

RUISSÉ; RUSSÉ: ruisseau. Voyez RU.

RUN: surpris, étonné, abasourdi.

RUNGE; RUNGER. Voyez REUNGE; REUNGER.

RUPIN: rusé; fécond en joyeux tours. Être en rupin: être en gaîté; faire le goguenard.

RUQUE: ruche.--RUQUER: rucher.

RUQUER: sommeiller; dormir à demi.

RUSE-CROCHE (s. f.): croc-en-jambe.

RUSSE (s. m.): navet sauvage.

RUSTIQUE: grossier; solide.

RUTAFIAN: paysan débauché.

S.

SABIET: pou.

SABOT: chaussure fragile. Se prend métaphoriquement pour l'honneur d'une fille. Celle qui casse son sabot, faillit, perd son honneur.

SACCAGE (s. m.): grande quantité. De sac. L.

SACCOUTER: chuchoter; parler bas à quelqu'un. Vauquelin de La Fresnaye emploie ainsi ce verbe: «Luy saccouter souventefois en l'oreille.» (Oraison de ne croire legerement à la calomnie, page 13) Caen, Jn. Le Bas, 1587, in-4º.

SACLER: sarcler. H.-N.

SACQUE-SA-VIE: mendiant; parasite obstiné.

SACQUESONNER: tirer; agiter par saccades continuelles.

SACQUIER: tirer brusquement, avec secousse violente.

SACRELOTTE! juron. L.

SACREMENT DE LA MESSE: l'élévation de l'hostie. L.

SACRESTI! SACRISTI! jurons.

SADE: savoureux. A. Sado, dans l'Isère.

SADOT (s. f.): femme sale et de mauvaises moeurs. En patois des Vosges, sadrouille signifie une fille ou une femme malpropre. A.

SAFREMENT: goulument. De l'adj. safre, vorace.

SAFRETÉ (s. f.): gourmandise; voracité. L.

SAGOUIN: malpropre. L.

SAI (s. m.): soir;--(s. f.): soif;--pron.: soi.

SAIE: soie, poil; saie de cochon. Du latin seta. Se coucher sur la saie du dos: s'aliter par maladie.

SAINE: filet de pêcheur.

SAINT-CRÊPIN: argent en réserve. Prison de Saint-Crêpin: souliers trop petits. L.

SAINT-FRUSQUIN: argent réservé. En patois Lorrain, Saint-Frisquin. En Argot, frusquin signifie habit. L.

SAINTIR: suinter. Les mains saintissent par l'effet des gerçures produites par les engelures. De là le sens de défaillir. Ses mains saintissent: faiblissent et ne peuvent plus garder ce qu'elles tenaient.

SAIR ou SER (s. m.): soir.

SAIRANGE (s. f.): chute du jour, soirée.

SAIS; SINS: chez. Mortagne.

SAIT: soit.

SALADIÉ! juron.

SALAINE: saline; salaison.

SALEBUTE. Voyez CANNE-PÉTOIRE.

SALEUX; SALOUX: saloir; saleu, en patois Walon.

SALOPIN: enfant malpropre. Salop: sale, en Walon.

SALS; SAS: saule.

SAMSONNET: maquereau, poisson;--étourneau. L.

SAN: son. Pronom possessif. L.

SANG-DE-DRAGON (Rumex sanguineus).

SANGLEAU (s. m.): petite sangle. De l'ancien français cengliau, venant du latin cingulum.

SANG-MÊLER: troubler fortement. Sang-mêler de peur. Peur sang-mêlée: peur à bouleverser le sang. L.

SANGLE; SANGLIE (GLI se mouille): pur, seul. De l'iau sanglie: de l'eau pure; de l'eau seule. De singulus.

SANGUINÉE (s. f.): pus mêlé de sang corrompu.

SANGSURE; SANSURE: sangsue.

SANGSURER (quelqu'un): l'épuiser, comme ferait une sangsue.

SANS (DE): privé de. As-tu de l'argent?--Je suis de sans.--Moi je ne suis pas de sans. L.

SANVRE; SANRIETTE: sarriette.

SANVRIN ou SENVRIN: sénevé, graine de moutarde. Voyez QUAILOQUE.

SAONNER: recuser; reprocher.

SAP: sapin. Ce mot était encore d'usage dans le XVe siècle. Le bourg du Sap tire, suivant Orderic Vital, son nom d'un antique sapin. Patois Walon.

SAPAIE; SAPÉE: sapinière, lieu planté de sapins.

SAPAS: sale, malpropre.

SAPAUDER: se salir.

SAPÉE (s. f.): régal à profusion.

SAPER (la parole): couper la parole; interrompre. On dit aussi: saper dur pour boire beaucoup. C'est saper pour super. Voyez SUPER.

SAPERLOTTE! juron. Voyez SACRELOTTE.

SAPRE: safre, glouton, gourmand, vorace.

SAPREMENT: avec ardeur et voracité.

SAQUE-FEU: briquet. De saquet et de feu. Voyez FOISIL.

SAQUER: tirer brusquement. De saccade.

SAQUET (DE) ou DE SAQUÉE: tout à coup; par un effort brusque. De saccade. Du Roman assacquier: tirer dehors. En patois Rennais, sacquer signifie arracher. L.

SARCET (s. m.): gaule. Voyez RÊQUET.

SARCHE (s. f.): trépied en bois pour placer le cuvier à lessive.

SARCIR: dessécher, en parlant de la viande que l'on fait cuire, soit à la broche, soit au four. Ce morceau est sarci. Du Roman, charci: décharné.

SARCLES (s. m. pl.): plantes parasites dans les cultures, et qu'il faut sarcler. B.

SARRER (v. a.): meurtrir. (Vire.)

SAS; SAT: saut. De saltus.

SAS: saule. Sa, en patois Walon. L.

SAS: ivre, saoul.

SASSAIRE; SASSIER; SASSIÈRE: fabricant ou marchand de sas, de tamis.

SASSONNER. Voyez SACQUESONNER.

SATANÉ: diabolique, endiablé.

SATANN-QUIEN! juron. De Satan et de chien. S.-I.

SATIDIÉ! juron. Sacredié! S.-I.

SATIDIENNE! juron. Sacredienne! S.-I.

SATROUILLE: poulpe de mer. Au figuré, femme sale et dégoûtante.

SATYRE-CHIEN! juron.

SATYRE-MATIN! juron.

SAUCÉ: bien mouillé par une grande pluie.

SAUCUBLETTE; SAUSSUBLETTE; SAUTUBLETTE: cabriole que font les enfants. De saut du cu sur la blête.

SAUFFETIER: psautier.

SAUGE (MENUE-): sauge (Salvia officinalis). L.

SAUGRENÉE: mélange sans apprêt.

SAULER: saouler, enivrer. S.-I.

SAULX; SAUX: saule.

SAUNIER: saunière, boîte où l'on met le sel.

SAUTÉE (s. f.): saillie d'une femelle. L.

SAUTELICOT: sauterelle. (Coutances.)

SAUTER (v. a.): saillir une femelle. L.

SAUTEROLLE: engin pour prendre les oiseaux. Voyez ARJETOURE.

SAUTICOT: petite sauterelle des champs;--crevette grise. De salicoque.

SAUTIER: psautier. Roman.

SAUVADIN; GOUT DE SAUVADIN: goût étrange; saveur d'animal sauvage. A.

SAUVAGINE: lieu où se retire le gibier sauvage.

SAVENIAU: verveux, espèce de filet qui sert à prendre le poisson. M. l'abbé Decorde.

SAVER: savoir.

SAVETER: user désagréablement, comme une vieille savate. Cet habit est tout saveté.

SAVIGNI; SAVIGNIER: sabine (Juniperus Sabina). L.

SAVIN: bedeau. S.-I.

SAVOUS: savez-vous? Cette contraction se trouve dans l'épitaphe de Guyon Précy par Étienne Forcadel:

Savous qui repose ceans? C'est Guyon mort assez vieux d'ans.

SCANDI: candi. Sucre scandi. Voyez ESCANDIE.

SCIAU: seau.

SCIENCE; SCHIENCE: feinte, dissimulation, semblant. Faire des sciences: dissimuler son désir; affecter de refuser, en laissant entrevoir qu'on finira par accepter.

SCIONNÉE: coups de scion, de verges. L.

SCIONNER: frapper avec un scion;--couper avec difficulté.

SCIO; SCIOT (s. m.): petite scie.

SCOLTE (s. f.): secours d'escorte. L.

SCOLTER: secourir. L.

SCORNES: scories. A.

SCORPION. Cet insecte, qui n'a pas de rapport avec le véritable scorpion qu'on ne rencontre que dans les pays chauds, est la taupe-grillon ou courtillière (Grillo talpa). B.

SÉ: sel.

SÈCHE: sec. SÈQUE: sec, sèche.

SÈCHE (s. f.): sou-marqué, vieille pièce de monnaie.

SECOUÉE: quantité de fruits qu'une secousse a fait tomber d'un arbre;--fustigation; réprimande.

SÉCRAN: homme très-maigre, sec de corps, ou d'esprit, ou d'argent. On appelle aussi sécran un veau qui a tété sa mère.

SEIGLERI: champ où l'on a récolté du seigle.

SEIGNEUR. Voyez DIABLE. B.

SEIGNEURERIE ou SEIGNEURIE: surnom, sobriquet; parce que les seigneurs avaient plusieurs noms et qualités.

SEILLE (s. f.): seau. En Roman, seigle. A.

SEILLÉE: plein une seille. B.

SÉLIAIS: fléau pour battre le blé.

SÉLIEUSET: sifflet. (Manche.)

SÉLIOT: champ. (Manche.)

SÉLIOUSIR: souffler; siffler. (Manche.)

SEMEUX: homme qui sème;--espèce de nappe qu'il passe en bandoulière pour porter la semence. M. Decorde.

SEMINÉ: sorte d'échaudé, fait de fine fleur de froment.

SEMON: invité.--SEMONER: inviter.

SEMOUILLE: semoule. L.

SENGLES (s. f. pl.): ruelles qui entouraient la ville de Bayeux, comme une ceinture (cingula).

SEN; S'N: son. Sen bâton: son bâton. S'n ami: son ami. S'n aller: s'en aller. Patois Walon.

SÉNILLE; CÉNILLE: fruit de l'épine. Voyez HAGUE.

SENRIETTE: sarriette (Satureia hortensis).

SENT-NAVET: parasite. L.

SENTE (s. f.): sentier. Patois Walon.

SENTEUX de filles: libertin, qui court après les filles.

SENTINE (s. f.): baie de l'airelle. Voyez MORET. A.

SENTU: senti. On trouve ce participe dans une chanson de Henri III, duc de Brabant, au XIIIe siècle:

J'ai sentu De quel manière ele fu. L.

SENVRE (s. f.): crucifère à fleurs jaunes, qui croît dans les blés. Voyez BOURBITON.

SÉPEAU (s. m.): serrure de bois. A.

SEPTEMBRESSE: fête de Notre-Dame de septembre (la Nativité de la Vierge). Voyez MARCHESSE. L.

SÉQUERESSE: sécheresse. Secchezza, en italien.

SÉQUER; SÉQUIER: sécher.

SERAINE (s. f.): vase de terre pour recevoir le lait dans la laiterie. De serum. A.

SÉRANGE: chute du jour, soir, soirée.

SERCELLE: sarcelle. En Roman, cercèle.

SERCHER; CERCHER: chercher.

SERCI: gercé.--Lèvres sercies: gercées.

SERCLER: sarcler. Patois Lorrain. L.

SERCLEUR, SE: sarcleur, se. Patois Lorrain. L.

SERCLOIR: sarcloir. Patois Lorrain. L.

SÉRÉE: soirée.

SERENCE: soirée. B. Du latin serus.

SERGALE (s. f.): fille qui court après les garçons.

SERGAUT (s. f.): fille évaporée et inconséquente. A.

SERGE; CHERGE: charge. S.-I.

SERGE (s. f.): couverture de lit. De la basse latinité sargia. Dans le XIVe siècle, il s'en fabriquait beaucoup à Caen. Cette couverture, dit M. Lepingard, est maintenant en droguet (trame en fil remplie de laine); la doublure en toile, garnie de laine, de coton ou de filasse, est piquée de manière à ce que cette garniture ne puisse se déranger.

SERGENT: le carabe cuivré, insecte. B.

SERGOLE: mauvais couteau.

SÉRINGLE: seringue;--SÉRINGLER: seringuer.

SERPER: interrompre brusquement; couper le fil d'un discours. De serpe, instrument tranchant. B.

SERRER: cueillir; récolter.

SERT-FEMME (s. f.): sage-femme, accoucheuse. L.

SERTE (s. f.): époque des termes du service des domestiques; leur durée.

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