‹ Glossaire du patois normandChapitre 22 sur 33 · L. - L.

L. - L.

SÉRUGIEN: chirurgien.

SERVANTE (s. f.): sorte de grille en fer, attachée momentanément à la crémaillère et qui sert à supporter la poêle à frire. On l'appelle aussi chambrière. L.

SERVIR: saillir. Se dit des taureaux et des étalons.

SET (s. f.): soif. Seï, en patois de Grenoble; seu, en patois Walon.

SET (s. m.): tamis, sas. De seta, soie. B.

SEU; SEUE: sien; sienne.

SEU; SEUS: sureau (Sambucus nigra). En patois de Grenoble, seu; en patois Walon, sou. B.

SEULLE (s. f.): magasin. Du latin cella. (Caen.)

SEUR: sûr, certain;--SEURETÉ: sûreté.

SÉYANT: séant.

SIAU: seau. Voyez SEILLE.

SIDONE (s. m.): linceul, suaire. M. Travers nous a fait connaître, dans son édition des Vaux-de-Vire, une pièce inédite, dans laquelle est employé le mot sidone.

SIEN (LE); LA SIENNE; LES SIENS; LES SIENNES: celui; celle; ceux; celles. Souvent avec à: c'est le sien à un tel: c'est celui d'un tel.

SIERGETTE. Voyez SERGETTE.

SIESSER (SE). Voyez ASSIESSER (S'). L.

SIENCE (s. f.): sens, côté. Aller dans une sience: aller dans un sens. A.

SIÉTEZ-VOUS; SIEUSEZ-VOUS: asseyez-vous.

SIEU: suis. Je sieu, ou sieus: je suis.

SIEU: suif, graisse. (Valognes.)

SIEUTE: suite.

SI FAIT: si affirmatif, opposé à une négative. Vous n'avez pas déjeûné?--Si fait. Si: au contraire. MM. Duméril ont remarqué que, dans les poëmes de Roswitha, si est une particule négative.

SIGNE (s. m.): seing, signature.

SILÉE ou SCILÉE (s. f.): coups de scion;--SILER: frapper avec un scion; et, par extension, avec un fouet. L.

SIMENET. Voyez CHEMINEAU.

SIN: son de cloche, pour appeler aux offices religieux. De signum, cloche.

SINAT: plancher d'une grange. Voyez CENAS.

SINE (s. m.): signature;--SINER: signer. L.

SINELLE. Voyez SÉNILLE.

SINS: chez. O.

SIQUENON: sinon. L.

SIROTEUX: qui a la consistance du sirop. H.-N.

SIS: participe passé du verbe se seoir.

SISSITE (FAIRE): s'asseoir; terme enfantin. H.-N.

SIT: suint. Laine en sit.

SLEAU, prononcé esseleau: pièce de la charrue en forme d'S.

SLIAQUETER: parler à grand bruit; clabauder. Du verbe claquer. (Manche.)

SNÊQUEUX: scrupuleux, sensé.

SOEU: soeur. BONNE-SOEU: bonne-soeur, religieuse. L.

SOEURETTE; SOEUROTTE: petite soeur. Patois Walon. L.

SOIFARD; SOIFFEUR: ivrogne; qui a toujours soif. L.

SOINIR: flairer; chercher avec grande attention. A.

SOIRANTE (A LA): vers le soir.

SOLAGE (s. m.): espèce, variété, en parlant des fruits. Ces pommes sont d'un bon solage. Crû. De solum: sol. L.

SOLDAR: soldat. Vieux mot qu'on rencontre dans Du Bartas (Semaine, Ve. journ., v. 813):

...........et montrer aux soldars Par son beau réglement le dur métier de Mars.

SOLÉ; SOLAI: soleil.

SOLIER: galerie, porche, premier étage, dernier étage ou grenier.--SOLIERS (VENTRE A QUATRE): très-gros ventre; ventre à quatre étages. Du Celtique solier: grenier. En patois des Vosges, solier et soulier signifient étage supérieur. L.

SOLINAGE: maçonnerie qui se trouve sous la sole.

SOMMÉLER: effrayer. H.-N.

SOMPTIER: psautier. L.

SONGEARD; SONGEAT: songeur, préoccupé, taciturne, dangereux.

SONNU, E: taché, e, sur la figure, de rousseurs qui ressemblent au son du blé. Voyez BRANNÉ. L.

SORCILÉGE: sortilège.

SOROBINER: regarder; chercher sans en avoir conscience.

SOTTISES: injures, outrages.

SOTTISIER: qui dit des injures sanglantes ou des paroles obscènes.

SOU, LE: seul, seule. Il est tout sou.

SOU; SOUE; SOUILLE: étable à porcs. En Champagne, une seu. Voyez SOUETTE. A.

SOUANER: prendre du tabac malproprement. O.

SOUATER: emprunter d'un voisin des boeufs pour le labourage, à charge de revanche.

SOUBAUD: triste; abattu; sournois.

SOUCER: flairer. O.

SOUCILLE (s. f.): sourcil. Sourcille, dans l'Isère. L.

SOUCISE: soucie. Ce n'est pas que je m'en soucise. A.

SOUDRE (FAIRE): faire partir; lever. Il a fait soudre un lièvre. Vient peut-être de surgere. M. Decorde.

SOUEF: doux. Du latin suavis, suave.

SOUETTE (s. f.): étable à porcs. Voyez SOU. L.

SOUFFAQUER: suffoquer; oppresser.

SOUFFLE (s. f.): soufflet. Voyez JAFFE.

SOUFFLIER: souffler.--SOUFFLIET: soufflet.

SOUI, E: malpropre. A.

SOUIL (s. m.): ordure, cochonnerie. A.

SOUILLE (s. f.). Voyez SOU.

SOUIN: sournois.--En souin se dit d'une truie en chaleur.

SOUINER: fureter comme la truie qui est en souin.

SOULARDISE: habitude de l'ivrognerie.

SOULAS (s. m.): consolation. Du latin solatium.

SOULASSER: pousser de gros soupirs. O.

SOULAU; SOULOT; SOULOUX: soulard, ivrogne.

SOULE, ou SOLE, ou CHOULE (s. f.): sorte de jeu, autrefois en usage à l'époque du Mardi-Gras. C'était une sorte de mêlée (sull, en islandais); une lutte brutale entre jeunes garçons qui se disputaient une balle ou éteuf. Il en résultait de graves blessures, qui déterminèrent l'autorité à interdire cet amusement dangereux. Il fut défendu, en Normandie, par arrêt du Parlement, du 27 janvier 1494, sous peine de 100 livres d'amende pour la première fois, et du carcan en cas de récidive. On courait la soule, encore pendant le siècle dernier, à la Lande-Patri et autres communes de l'arrondissement de Domfront et de son voisinage.

SOULÉ: soulier.

SOULER; SOULOIR: avoir coutume.

SOULEUR (s. f.): saisissement; frayeur subite.

SOULEVIDER: ôter le trop plein d'un vase. L.

SOUMÉ: sommeil.

SOUPAU. Voyez SÉPAU. A.

SOUPIRETTE (s. f.): petite quantité de liqueur spiritueuse. Goutelette que l'on aspire.

SOUPLE: moite. M. l'abbé Decorde.

SOURBIQUET: sobriquet. Des Perriers écrit soubriquet. L.

SOURCIER: lieu où l'eau sourd constamment.

SOURCIN: nom par lequel on désigne les souris, les mulots, les rats, etc. M. l'abbé Decorde.

SOURCONNAITRE: reconnaître à peu près quelqu'un.

SOURCOUER. Voyez SURCOUER.

SOURGE (en parlant de la terre): soulevée, gonflée à sa surface, comme il arrive après une gelée.

SOURGER. Voyez SURGER.

SOURGUER (v. a.): surprendre. De surgere. B.

SOURIS-CHAUDE; GAUDE ou GAUGUE: chauve-souris. B.

SOURMITE: sournois. Air sourmite: mine sournoise; figure hypocrite. Du latin sub: sous, et de mitis: doux. A.

SOURVIDER. Voyez SOULEVIDER.

SOUS (votre respect): sauf votre respect. Patois Lorrain.

SOUSÉE; SOUZÉE. Cet adjectif s'entend du trousseau d'une femme, et veut dire bien nippée. «C'te fille était bien sousée en se mariant.» Feu Lamarche. MM. Duméril disent que sousé signifie, littéralement, qui a un cochon.

SOUTINT: soutenu.

SOUTON: dissimulé, sournois. B.

SPARSIER: estafier. De l'italier staffiere.

SPÉCIAUTÉ: beauté remarquable; rareté. Se construit ordinairement avec par: par spéciauté.

ST': ce, cet, cette devant un mot commençant par une voyelle.

STASERAN, ou plutôt ST'ASSERANT: cet assoirant; ce soir. Voyez ASSOIRANT.

STE: cette, celle.--STELA: celle-là. Du latin ista. En italien, sto, pour questo. Stu, en patois Bourguignon. L.

STABULER: étaler sa marchandise en plein vent.

STICHI; STICHIN; STICHITE: celui-ci.

STI-LA; STILO: celui-là. L.

SU: ce. Su chien; su quien: ce chien. L.

SUBLER: siffler. Le sibler de Des Perriers (Nouv. LXXI) est plus rapproché du verbe latin sibilare. La Monnoye dit subler, dans les notes de ses Noëls bourguignons. Sibla, en patois de Grenoble; subier, en patois des Vosges. A.

SUBLET: sifflet. Subicot, en patois des Vosges.

SUBOUT; SURBOUT: debout. De sur et de bout. A.

SUBRECOT (s. m.): au-delà de l'écot. De super et d'écot.

SUCHES (s. m.): chèvre-feuille, dont la fleur est sucrée et que les enfants aiment à sucer. B.

SUCRER (SE): mettre du sucre dans sa boisson. Patois Lorrain.

SUÉE: ce qui produit l'apparence de la sueur et la sueur elle-même; ondée; volée de coups.

SUELLE: ciguë. Voyez CHUE.

SUER: subir. Il faut la suer: il faut subir cette perte, cette condamnation.

SUET: seuil. A.

SUÉTINER: épier; se placer sur son seuil pour guetter.

SUEU: suif;--seuil.

SUEURE: suivre.--SUEUSI, E: suivi, suivie.

SUEUTIN: homme qui vous suit et dont il faut vous défier comme dangereux.

SUEUTINER: agir comme le sueutin.

SUFFLER; SUFFLIER: siffler.--SUFFLET; SUFFLIET: sifflet.

SUI: suivi.--SUIRE: suivre.

SUIN (ÊTRE): être privé de tout. Du latin sine.

SUINÉ: ruiné par le jeu, ou autrement.

SUINER: enlever tout à quelqu'un au jeu, ou autrement.

SULARD, E: enfant qui a l'habitude de téter, de sucer son doigt.

SULER (en parlant des enfants): téter, ou sucer son doigt ou sa langue. Comme cette action produit quelque bruit, il y a lieu de croire que, si sûler ne vient pas de sucer, il a pour source subler: siffler. On trouve sûler dans le Dictionnaire d'Oudin. L.

SUMELLE: semelle. L.

SUMENCE; SUMENCHE: semence. SUMER: semer. L.

SUMETIÉRE; SUMITIÈRE: cimetière. V. CEMITIÈRE.

SUMEUR; SUMOUX: semeur;--tablier du semeur.

SUP (s. m.): jus, suc. Onomatopée. De l'anglais sup.

SUPER: boire en aspirant vivement et en resserrant les lèvres de manière que l'aspiration produise une espèce de sifflement que le mot exprime. Dans le patois Troyen, super signifie sucer, et humer, dans le patois des Vosges. Super vite sa fortune, c'est la manger promptement. Super la parole se dit, comme saper, pour interrompre, empêcher de parler.

SUPERIO (s. m.): terme extrême. Le dernier superio: la mort.

SURANGÉE; SURANGIE: rapport aigre de l'estomac; déboire. De sur: acide, et d'angi: souffrir.

SURCOUÉ: dont la queue est coupée.

SURCOUER (v. a.): couper la queue; la coue, en ancien français. L.

SURCOUPER se dit d'un animal qui mange la nourriture des autres. M. Decorde.

SURCROISSEMENT (de chair): excroissance. V. PÉPION.

SURE: sureau.

SURELLE: oseille (Rumex acetosa). De sur: acide. En patois Rouchi, surielle; en patois Walon, sural.

SURELLE (MARIE-). Voyez PISSE-VINAIGRE.

SURET: pommier non greffé qui ne donne que des fruits surs, à ce qu'on croit à tort.

SURETIÈRE: pépinière de surets, destinés à la greffe. B.

SURGER; SURGUER; SURQUER: surveiller; être aux aguets. Se dit du chat guettant la souris. De surgere.

SURGET: espèce d'ourlet.

SURGETTE; SURGUETTE; SURQUETTE (s. f.): petite machine garnie de trous avec lacets à ressorts pour prendre les souris; quatre-en-chiffre.

SURIAUX: aigreurs.

SURIN: plante de suret, propre à passer de la pépinière dans la suretière.

SURIR: devenir aigre.

SURLURINE: femme acariâtre, sure.

SUROT: espèce de tumeur au pâturon des chevaux.

SURPETER: saisir quelqu'un qui cherche à nous éviter. Du latin petere, ou du français surprendre.

SURPRINSE: surprise.

SURQUETTE (PRENDRE UNE): marcher sur un terrain spongieux, de manière à faire jaillir l'eau dans les chaussures. M. Decorde.

SUR-SEMAINE ou SOUR-SEMAINE: après coup; dans le courant de la semaine.

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