‹ Glossaire du patois normandChapitre 5 sur 33 · L.

L.

ÉPASSE ou ESPACE (s. f.): pièce de la maison au rez-de-chaussée, et qui a une porte de communication avec le chauffe-pied. Voyez CHAUFFE-PIED.

ÉPATER: détacher un drageon du pied d'un arbre.

ÉPATTE: étoupe. Vire.

ÉPAVILLER: disperser, éparpiller. D'épave.

ÉPÉ; EPEC; EPEU: pivert. Du latin picus.

ÉPELLIR: démêler. En parlant de la laine.

ÉPERNE-MAILLE (s. f.): tire-lire. En patois Walon, spâgn'mâ. D'épargne et de maille, petite monnaie. A.

ÉPESTOUI: qui court çà et là; étourdi. Voyez PESTER.

ÉPÉTER: éclore, en parlant des éruptions cutanées. L.

ÉPEUFIR: ébouriffer. L.

ÉPICOCURE DES PRÉS: Cynosurus cristatus.

ÉPIETTER (S'): se meurtrir les pieds en marchant, au point de ne pouvoir s'en servir. B.

ÉPIFRA (s. m.) (Orne): éclat de bois. MM. Du Méril.

ÉPIGNOCHE; ÉPINOCHE (s. f.): faucet, brochette de bois. Voyez PIGNETTE, PIGNOCHE. B.

ÉPILER: extirper les broussailles, comme du poil (pilum).

ÉPINE (NOBLE): aubépine, épine-blanche. B.

ÉPINE-NOIRE: prunellier.

ÉPINETTE: guimbarde.

ÉRINFLURE: égratignure. L.

ÉRIVIÈRES: étrennes. S.-I.

ERJU (s. m.): ennui. L.

ERJUER: ennuyer, vexer,

ERLIGION: religion.

ERLISER; ERLUISER: briller, reluire.

ERMÉNA: almanach.

ÉRONCE: ronce. Id. en patois Troyen.

ÉRONCER: extirper les ronces.

ERQUEMANDER: recommander. S.-I.

ERRENÉ: éreinté. On lit dans la Satire Ménippée: «Le sort tomba sur un pauvre malotru, meneur d'âne, qui, pour hâter son misérable baudet, tout errené de coups et du fardeau, dit tout haut: Allons, Gros-Jean, aux États!»

ERREUR: différence.

ERRIÉE (s. f.): accès, abondance. Il a été pris d'une erriée de toux. B.

ERRIÈRE: arrière.

ERRUSÉE; ÉRUSÉE: essor, volée. Prendre son errusée. Du vieux substantif erre, course, venant d'errare: errer, divaguer. A.

ERSAI ou ERSEI: hier au soir. En Roman, erseir.

ERSE: facilité, espace. Avoir l'erse de.

ERSINCHER: fripier. S.-I.

ERSOURCE: source d'eau. Ressource.

ÉRU; ÊRU: lierre. De hedera. L.

ÉRUSSER: effeuiller une branche à pleine main, comme lorsque l'on cueille les feuilles de l'éru, lierre. A.

ÈS: aux, dans les. Roman.

ESBIGNER: tuer. S'esbigner: disparaître, fuir.

ESBROUF: embarras, affectation. Faire esbrouf, de l'esbrouf. Voyez EMBARRAS.

ESCACHETTE: casse-noisette. Voyez ÉCAUCHETTE. Manche.

ESCANDIE (Sucre D'): sucre candi. Voyez SCANDI.

ESCARGAITE ou ESCARGUETTE: sentinelle. Voyez ÉCHAUGUETTE.

ESCARBILLARD: étourdi, éventé. Cette fille est coiffée à l'escarbillard. En Roman, escarbillard signifie gai, plaisant, rusé. Dans le patois Toulousain, escarbilhat, dispos. En espagnol, escarapela se traduit par dispute et par noeud de ruban à la coiffure. On trouve escarbilhat dans la Nouvelle 52 de Des Perriers. En patois Lorrain, escarbouillette, étourderie.

ESCARBOUILLER. Voyez ÈCARBOUILLER.

ESCOFFIER (v. a.): égorger. De l'italien scuffia, coëffe. C'est une sorte de litote. Escoffier: décoiffer, pour ôter la tête.

ESCOFFION: nippes de femmes. De scuffia.

ESCORNIFLER: écornifler. Id. en patois Lorrain.

ESCOT: promenade; espace que parcourt une sentinelle.

ESCOUER: secouer. Du latin excutere. S.-I.

ESCOURRE. Voyez ÉCOURRE.

ESCOUSSE. Voyez ÉCOUSSE.

ÉSERAIS: esquille, éclat.

ÉSERGOTER: blesser le pied, les ergots; arracher les ergots. Esergoter un boeuf, c'est lui blesser le pied, au point de lui faire perdre un ou plusieurs ergots. Voyez ÉRIGOT. A.

ÉSIQUIÉ: chétif, exigu. Du latin exiguus.

ESPADRON: espadon.

ESPADRONNER: espadonner.

ESPAIGNER: épargner. Employé par Basselin.

ESPÊCHE: épingle. De l'islandais spick; du latin spiculum.

ESPÉCIAUTÉ: belle apparence. (Valognes.)

ESPÉRER: attendre. Patois du Midi. L.

ESPRANGNER: détruire, briser. De l'islandais sprangia.

ESPRITÉ: spirituel. L'Académie admet le verbe familier espriter pour donner de l'esprit. On lit, dans le Vogage de Chapelle et de Bachaumont, ce vers sur Mme d'Osneville:

Elle est jeune, riche, espritée.

ESQUAINTER: tuer; mettre en pièces.

ESQUÈLETTE (s. f.): squelette.

ESQUIPOT: enjeu. Dans l'Académie, l'esquipot est la tire-lire.

ESSAIMAGE: action d'essaimer en parlant des abeilles.

ESSART: terrain inculte. Voyez DÉSERTER.

ESSAVER: écorcher l'épiderme.

ESSEMER: essaimer.

ESSENILLER (v. a.): disperser, éparpiller. A.

ESSENTE: bardeau, petit ais mince dont on couvre les maisons.

ESSERBER; ESSERPER: élaguer au moyen de la serpe. (Vire.)

ESSIAUX ou ESSAUX: digue par laquelle le trop plein du bief prend son cours. Du vieux verbe issir, sortir; ou bien d'ais, planches, parce que la digue admet dans sa construction plusieurs madriers.

ESSOINE: excuse. MM. Du Méril.

ESSOUDRE ou ESSOURDRE: élever en l'air; s'élever. De surgere.

ESSUI ou ESSUYEUX: torchon.

ESTAMPER: fouler, écraser. De l'islandais stappa.

ESTOMAQUER: fâcher. Du verbe anglais to stomach, qui vient du latin stomachor, se dépiter. B.

ESTORER. Voyez ÉTORER.

ESTRAGAUCHINES: hypothèques. MM. Du Méril. O.

ET PIEUS: et puis, ensuite.

ÉTAMPIR: suffoquer.

ÉTAQUER: peler le gazon.

ÉTAU. Voyez ÉTOUBLE.

ÉTAUDIR: assommer. Voyez ATOUT.

ÉTAUPINER: rabattre la terre des taupinières.

ÉTEI: aussi. Du latin item. Voyez ITOU. S.-I.

ÉTÉLET: hirondelle de mer (Sterna hirundo).

ÉTERCELET: tiercelet.

ÉTERMINE; ÉTERMAIGNE (s. f.): état de dépérissement. Ce mot vient de ce que le malade, qui est ordinairement un enfant, reste indéterminé, c'est-à-dire ne croît pas, n'obtient pas de guérison, et de ce que sa maladie n'augmente pas.

ÉTERSE (s. f.): brosse. Du verbe latin extergere, nettoyer.

ÉTEURDRE: manier la pâte, la tordre. Tordre, en patois, teurdre.

ÉTIBOQUER: agacer comme avec un étibot. Voyez ASTICOTER.

ÉTIBOT: petit éclat de bois. Arbre rabougri.

ÉTIPE: somme ou pièce de monnaie restant au-delà d'un paiement effectué, ou d'une somme ronde. Un liard d'étipe. Voyez SUBRÉCOT.

ÉTIQUENARD: sorte de canard sauvage (Anas acuta). B.

ÉTIQUER: éplucher. Voyez EFFLOQUETER.

ÉTOCURE (s. f.): grosse pierre ou maçonnerie employée pour étoquer une construction. Voyez ÉTOQUER.

ÉTOMIE (s. f.): squelette. D'anatomie. Dans le patois Walon, atomeie.

ÉTOQUER (v. a.): soutenir une construction par une forte pierre, ou par de la maçonnerie.

ÉTOQUER: attacher. S.-I.

ÉTORER (en parlant des noix, des châtaignes: leur enlever leur brou, leur hérisson). Voyez ÉCALER.

ÉTORER: pourvoir. Dans l'ancien français, estorement signifiait provisions, meubles. De l'anglais stord.

ÉTOT: racine du chaume.

ÉTOU: aussi. Voyez ITOU.

ÉTOUBLE; ÉTEULE; ÉTAU: chaume laissé debout et dans lequel il se trouve des herbes réservées aux bestiaux. Dans le patois de Grenoble, on dit eitoublo, chaume. Du latin stipula. Etouble appartient au patois Lorrain; en patois Walon, steûle. A.

ÉTOUPAS: bouchoir de four. Ce mot vient, par corruption, d'étouffer le four, ou de ce que le bouchoir le ferme comme ferait un bouchon d'étoupes sur toute autre ouverture. En patois Walon, ristopé signifie boucher, fermer.

ÉTOUPER: mettre l'étoupas. Ce verbe signifie aussi essarter, couper les broussailles.

ÉTRAIN: paille. Du latin stramen.

ÉTRALLER: étaler.

ÉTRAMILLER: éparpiller, disperser.

ÉTRAQUER: suivre l'étrat, la trace.

ÉTRASE: ombre qui ne laisse pas de trace; objet chétif.

ÉTRAT: sentier tracé et frayé dans la neige. Du latin stratum.

ÊTRE (s. m.): bâtiment. Autrefois on écrivait aitres, ce qui se rapprochait davantage de l'étymologie, puisque ce substantif vient du latin atrium, maison, logis.

ÉTREULER: entasser confusément, écraser.

ÉTRILLER (v. a.): arracher en déchirant.

ÉTRIPER: éventrer.

ÉTRIVARD: hargneux. L.

ÉTRIVER: débattre. Faire étriver: taquiner, faire endiabler. Cretin l'emploie dans le sens de disputer (p. 47):

A quoi tient-il qu'aujourd'hui n'estrivez Contre la Mort?

Du vieux mot français étrif, débat. Martin Franc, auteur du Champion des Dames, a composé un traité, en vers et en prose, intitulé: L'étrif ou le débat de Fortune et de Vertu.

ÉTROGNER: émonder. Voyez ÉPROGNE.

EU: heure. Jusqu'à ç't'eu: jusqu'à cette heure. L.

ÉU (pour eu): participe du verbe avoir. ÉUT; ÉUSSENT, etc. En Roman éhu. En parlant des Géants renversés par Jupiter, Jean Regnier, poète du XVe siècle, dit:

Se ne fust Jupiter, à la foudre bruyant, Qui tous les desrocha, ja n'éussent garant.

EUCRIRE: écrire. S.-I.

EUNE: une. En général on dit, en patois: auqueune pour aucune; preune, pour prune; pleume pour plume; feumer, il feume, pour fumer, il fume, etc. Id. Patois lorrain. L.

EURE (rivière): il devrait se prononcer Ure, comme dans gageure, nous eûmes; c'est ce que nous avons dit dans nos Archives normandes de 1824, p. 247 et 248.

EURIBLE. Voyez AORIBLE.

ÉVACHÉ: déformé, habillé négligemment. Du verbe s'avachir.

ÉVALINGUER (v. a.) (arr. de Valognes): jeter, lancer, élinguer. De af, en islandais. MM. Du Méril.

ÉVAR: mouvement d'impatience. B.

ÉVARER: épouvanter, rendre effaré.

ÉVELISÉ: à demi-usé, râpé en parlant d'une étoffe. Voyez ÉLIMÉ.

ÉVESTOUI, même sens qu'ÉPESTOUI.

ÉVIPILLON. Voyez VIPILLON.

ÉVRASQUER: arracher en déchirant (Valognes).

EXEMPLE (PAR): vraiment (employé souvent dans le sens d'une opposition ou d'une réclamation ironiques).

EXPERTISER: procéder à une expertise.

EXPOSITION: péril, accident fâcheux auquel on est exposé.

EXPOSOIR: reposoir.

EXPRÉS (PAR): exprès.

F.

FABIN: espion, rapporteur. Du latin fari, fabula.

FACE: boucle de cheveux tortillée sur les tempes et que les hommes fixaient avec de longues épingles noires. Cette mode de la coiffure a cessé, en 1792, d'être en usage, ainsi que la pommade et la poudre.

FACHON: façon. S.-I.

FACILISER: faciliter.

FAFELU: bouffi, dodu. Employé en ce sens par Des Periers, dans sa 29e. Nouvelle.

FAFIGNER: hésiter, tergiverser. S.-I.

FAGUELIN: faible de complexion. A.

FAGULTÉ: faculté. Le g pour le c, comme dans ganif pour canif.

FAIGNIANT, TE: fainéant, te. Du vieux mot nyent; niente, en italien: néant, rien. Dans les actes rapportés par Lobineau (Hist. de Bretagne, t. II, p. 769), on trouve souvent nyent pour néant. L'auteur du Testament de Pathelin, p. 121, dit:

Fut present Mathelin le sourt, Attourné de Gaultier faict nyent.

FAILLERA (IL); IL FAILLERAIT; IL FAILLIRA; IL FAILLIRAIT: il faudra; il faudrait. L.

FAILLETTE: feinte.

FAILLIR. Voyez FIAILLIR.

FAIMVALIER: qui a la faimvalle. L.

FAIMVALLE: fringalle, appétit désordonné. Dans le français actuel, la faimvalle est une maladie des chevaux.

FAIS (s. f.): fois.

FAIT: avoir, affaire, effets. Du latin factum.

FAIT: faîte.

FAITELAIT: lait caillé.

FAITIER: faîtière, tuile creuse pour couvrir le haut du toit.

FAITURIER: syndic d'une confrérie.

FALE (s. f.): jabot des oiseaux. L.

FALLIPOUX: homme décharné et de mauvaise apparence.

FALMÊCHE (s. f.): flammèche, étincelle.

FALU: oiseau qui a un gros jabot. Au figuré, orgueilleux qui se rengorge. L.

FALUE (s. f.): sorte de gâteau plat, cuit rapidement à l'entrée du four, pendant qu'on le chauffe. De fale, parce que cette galette gonfle l'estomac (la fale, au figuré). C'est ce qu'on appelle ailleurs galette à la fouée. B.

FALUMÈCHE. Voyez FALMÊCHE.

FAMEUSEMENT: beaucoup.

FAMINOT: pain de sarrasin, pain grossier qu'on n'emploie qu'en temps de famine. O.

FAMULER: devenir familier. O.

FANFLUE: berlue.

FANGUE: boue, fange. Du Roman fanc.

FANIL: fenil, grenier à foin.

FAQUIN: celui qui affecte de s'habiller avec élégance. L.

FARACHE ou FARAGE (s. m.): communauté d'une chose entre deux personnes qui en usent comme frères. Farage est la corruption de frérage. A.

FARAUD, E: celui ou celle qui affecte avec recherche une mise élégante et prétentieuse. En patois du Jura, farot.

FARAUDER: faire le faraud.

FARBALAS: falbalas.

FARCER: se moquer de. Employé dans la Dance aux Aveugles.

FARETTE: moisissure sur le cidre ou le vin dans un fût en baissière. B. Ailleurs, on dit fleurette, mot dont farette est la corruption.

FARS (s. m.): farce pour les préparations culinaires. On trouve ce mot dans le poème de Pibrac, intitulé Les plaisirs de la vie rustique:

Et d'un fars bien menu lui fait un autre ventre,

dit-il, en parlant d'une oie préparée pour la table. Du verbe farcir. En celtique, fars signifiait pâte de farine, soit de blé, soit d'autres céréales. En latin, far. A.

FATIQUE: fatigue. L.

FATIQUER: fatiguer.

FATRAIN: chanvre chétif. Du français fretin.

FAU; FOUTEAU; FOUTIAU: hêtre. En celtique-breton, fao.

FAUCHARD; FAUCHET: sorte de serpe pourvue d'un crochet pour enfoncer les affiches dans les haies sèches. En français, le fauchet est un râteau.

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