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CHAPITRE VII.

MONUMENTS MAGIQUES.

SOMMAIRE.--Les pyramides.--Les sept merveilles.--Thèbes et ses sept portes.--Le bouclier d'Achille.--Les colonnes d'Hercule.

Nous avons dit que l'ancienne Égypte était un pantacle, et l'on pourrait en dire autant de l'ancien monde tout entier. Plus les grands hiérophantes mettaient de soin à cacher leur science absolue, plus ils cherchaient à en agrandir et à en multiplier les symboles. Les pyramides triangulaires et carrées par la base, représentaient leur métaphysique basée sur la science de la nature. Cette science de la nature avait pour clef symbolique la [174] forme gigantesque de ce grand sphinx qui s'est creusé un lit profond dans le sable en veillant au pied des pyramides. Les sept grands monuments appelés les merveilles du monde étaient les magnifiques commentaires des sept lignes dont se composaient les pyramides, et des sept portes mystérieuses de Thèbes. A Rhodes, était le pantacle du soleil. Le dieu de la lumière et de la vérité y apparaissait sous une forme humaine revêtue d'or, il élevait dans sa main droite le phare de l'intelligence; dans sa main gauche, il tenait la flèche du mouvement et de l'action. Ses pieds reposaient à droite à gauche sur des môles qui représentaient les forces éternellement équilibrées de la nature, la nécessité et la liberté, le passif et l'actif, le fixe et le volatil, les colonnes d'Hercule.

A Éphèse, était le pantacle de la lune: c'était le temple de la Diane panthée. Ce temple était fait à l'image de l'univers: c'était un dôme sur une croix avec une galerie carrée et une enceinte circulaire comme le bouclier d'Achille.

Le tombeau de Mausole était le pantacle de la Vénus pudique ou conjugale: il avait une forme lingamique. Son enceinte était circulaire, son élévation carrée. Au centre du carré s'élevait une pyramide tronquée sur laquelle était un char attelé de quatre chevaux disposés en croix.

Les pyramides étaient le pantacle d'Hermès ou de Mercure.

Le Jupiter olympien était celui de Jupiter; les murs de Babylone et la forteresse de Sémiramis étaient le pantacle de Mars.

[175] Enfin le temple de Salomon, ce pantacle universel et absolu qui devait dévorer tous les autres, était pour la gentilité le pantacle terrible de Saturne.

La philosophie septénaire de l'initiation chez les anciens pouvait se résumer ainsi:

Trois principes absolus qui n'en sont qu'un; quatre formes élémentaires qui n'en sont qu'une, formant un tout unique composé d'idée et de forme.

Les trois principes étaient ceux-ci:

1° L'ÊTRE EST L'ÊTRE.

En philosophie, identité de l'idée et de l'Être ou vérité; en religion, le premier principe, le Père.

2° L'ÊTRE EST RÉEL.

En philosophie, identité du savoir et de l'Être ou réalité; en religion le LOGOS de Platon, le Demiourgos, le Verbe.

3° L'ÊTRE EST LOGIQUE.

En philosophie, identité de la raison et de la réalité; en religion, la Providence, l'action divine qui réalise le bien; l'amour réciproque du vrai et du bien, ce que dans le christianisme nous appelons le Saint-Esprit.

Les quatre formes élémentaires étaient l'expression de deux lois fondamentales: la résistance et le mouvement; l'inertie qui résiste ou le fixe, la vie qui agit ou le volatil; en d'autres termes plus généraux, la matière et l'esprit: la matière était le néant formulé en affirmation passive; l'esprit était le principe de la nécessité absolue dans le vrai. L'action négative du néant matériel sur l'esprit était appelée mauvais principe; l'action [176] positive de l'esprit sur le néant pour le remplir de création et de lumière était appelée bon principe. A ces deux conceptions correspondaient l'humanité d'une part, et de l'autre la vie raisonnable rédemptrice de l'humanité conçue dans le péché, c'est-à-dire dans le néant, à cause de sa génération matérielle.

Telle était la doctrine de l'initiation secrète. Telle est l'admirable synthèse que le christianisme est venu vivifier de son souffle, illuminer de ses splendeurs, établir divinement par son dogme, réaliser par ses sacrements.

Synthèse qui a disparu sous le voile qui la conserve, mais que l'humanité retrouvera, quand le moment sera venu, dans toute sa beauté primitive et dans toute sa maternelle fécondité! [177]

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