IV
NOMS DES RUES, PROVENANT DE LEURS ENSEIGNES
C’est le peuple, le bas peuple surtout, qui a baptisé les rues de Paris au moyen âge, et leurs parrains sont restés tout à fait inconnus. Le nom, une fois trouvé et donné, n’était pas toujours accepté par les habitants de la rue, que la voix publique avait dénommée sans demander leur avis. Il arrivait aussi que le premier passant venu changeait ce nom de son autorité privée, si le nom n’était pas à son gré et ne lui semblait pas convenir à la rue qui le portait. De là, les différents noms attribués simultanément à la même rue, qu’il n’est pas toujours aisé de reconnaître sous ces noms multiples qu’on rencontre dans des actes authentiques de la même époque. Voilà pourquoi l’histoire des anciennes rues et ruelles de la capitale est si difficile à éclaircir complètement, aux XIVᵉ et XVᵉ siècles, comme aux XVIᵉ et XVIIᵉ. Les rues, en effet, ne reçurent en quelque sorte leur état civil que vers l’année 1728, lorsque René Hérault, lieutenant général de police, s’occupa non seulement de créer le numérotage des maisons, mais encore de fixer d’une manière définitive les noms des rues. C’est lui qui commença, en cette année-là, à faire poser, à l’entrée et à la sortie de chaque rue, des plaques de tôle sur lesquelles étaient inscrits les noms que l’usage paraissait avoir consacrés. Ces noms avaient été peints en gros caractères noirs sur des feuilles de fer-blanc découpées de la même grandeur et clouées à l’angle des rues, sur la première et la dernière maison de chaque rue ou ruelle. Quant aux numéros, ils étaient également peints, au-dessus des portes des maisons, en couleur blanche sur fond de couleur bleue ou rouge. On n’avait pas adopté, dès l’origine, la division des numéros pairs et impairs; les numéros se suivaient d’un bout à l’autre de la rue, revenant ensuite par l’autre côté, de façon que le dernier se retrouvait en face du premier.
On ne tarda pas à s’apercevoir que l’emploi des plaques de tôle portant le nom des rues était sujet à bien des accidents. Ici, les gens du quartier, mécontents de ce qu’on avait donné la préférence à un nom qui leur plaisait moins qu’un autre, arrachaient ces plaques ou les mutilaient, en effaçant le nom qu’elles portaient. Là, le propriétaire de la maison à laquelle on avait attaché, sans son consentement, une plaque nominative, la faisait disparaître, sous prétexte de faire réparer, ou gratter, ou badigeonner cette maison. Le lieutenant général de police crut devoir intervenir, et publia une ordonnance, en date du 30 juillet 1729, défendant d’endommager les plaques qu’on avait apposées aux deux extrémités de chaque rue, et enjoignant aux propriétaires des maisons où ces plaques seraient attachées, de faire mettre, en leur lieu et place, de grandes tables de pierre de liais, où seraient gravés en creux les noms des rues, dans le cas où ces propriétaires auraient à faire enlever lesdites plaques pour des travaux à exécuter aux façades de leurs maisons, ou bien si ces plaques avaient été détériorées par quelque cause que ce fût. Le continuateur de De La Mare constate, en 1738, que les propriétaires se prêtèrent volontiers à l’exécution de cette sage ordonnance et prirent même l’initiative de poser des plaques aux encoignures intermédiaires entre les deux extrémités de la rue[60]. Plusieurs de ces plaques sont aujourd’hui conservées au musée Carnavalet. Il y a quarante ans, on voyait encore, au coin de bien des rues de Paris, l’ancien nom gravé sur une pierre de liais encastrée dans le mur de la première maison de ces rues-là, car, depuis que la rue avait eu son nom inscrit sur la pierre, avec approbation du lieutenant de police, personne n’avait plus songé à changer ce nom officiel, si bizarre, si étrange, si incompréhensible qu’il pût être. Ces noms de rue séculaires se trouvaient ainsi placés sous la sauvegarde de la tradition.
Combien d’anciennes rues devaient leurs noms à des enseignes qui, la plupart, n’existaient plus depuis longtemps, mais dont quelques-unes étaient encore à la même place depuis deux ou trois siècles! Il n’est peut-être pas sans intérêt de rechercher aujourd’hui ces noms de rue, qui sont comme des épitaphes sur des tombeaux. Beaucoup de rues n’ont pas même laissé de trace, et c’est à peine si l’on parvient à préciser l’endroit qu’elles occupaient; mais il suffira de rappeler ici leurs noms, en rapprochant ces noms des enseignes qu’ils représentent et qui ont été quelquefois la cause de leur renommée populaire. Dans cette rapide nomenclature on verra que les enseignes et les rues qu’elles ont nommées vivent un peu plus longtemps que les simples mortels; en revanche, les unes et les autres sont oubliées encore plus vite que les hommes qui ont eu des enfants et des amis. On peut dire d’une enseigne fameuse et d’une rue plus ou moins fréquentée, qu’on supprime tout à coup, selon le bon plaisir du service de la voirie: Sic transit gloria mundi. Voici donc, par ordre alphabétique, quelles étaient et quelles sont encore les rues qui ont dû leurs noms à des enseignes[61]:
* Rue des Deux-Anges, quartier Saint-Germain-des-Prés. Deux images d’anges, placées aux extrémités de cette rue, lui avaient donné ce nom.
* Rue de l’Arbalète, quartier Saint-Benoît. Elle a pris son nom d’une enseigne de l’Arbalestre, qui était au coin de cette rue, nommée, au XIVᵉ siècle, rue des Sept-Voies, antérieurement à l’enseigne.
* Rue de l’Arbre-Sec, quartier du Louvre. Ce nom, que la rue portait déjà au XVᵉ siècle, lui venait d’une enseigne de maison, qu’on y voyait encore du temps de Sauval, près de l’église Saint-Germain-l’Auxerrois.
Rue de l’Arche-Dorée, quartier Saint-Paul, ancien nom de la rue de l’Étoile: selon Jaillot, elle devait son nom à une enseigne de l’Arche, qui pendait à une maison appartenant à un sieur Dorée.
Rue Aumaire, quartier Saint-Martin-des-Champs. Cette rue se prolongeait jadis au-delà de la rue Frépillon et prenait, à cet endroit, le nom de rue de Rome, à cause de l’enseigne d’une maison.
Rue du Pont-aux-Biches, quartier Saint-Martin. Ce nom lui venait d’un petit pont ou ponceau, construit sur un égout, et d’une enseigne des Biches.
Rue du Bout-du-Monde, quartier Saint-Eustache. Ainsi nommée d’une enseigne en rébus, où l’on avait représenté un bouc, un duc, sorte d’oiseau, et un globe terrestre figurant le monde.
Rue de la Calandre, quartier de la Cité. «Le plus grand nombre des auteurs, disent Hurtaut et Magny, conviennent qu’elle a pris son nom d’une enseigne, mais ils ne s’accordent point sur la représentation de cette enseigne. Les uns disent que c’était un de ces insectes qui rongent le froment et qu’on nomme aussi charançon; les autres, une espèce de grive que les Parisiens appellent calendre; d’autres disent que c’est une espèce d’alouette, nommée calandre; d’autres enfin, que c’est une machine avec laquelle on tabise et on polit les draps, les étoffes de soie, et Sauval dit que c’est là la véritable origine du nom de cette rue.»
* Rue des Canettes, quartier du Luxembourg. Elle tire son nom de l’enseigne des Trois Canettes.
* Rue des Petits-Carreaux, quartier Saint-Denis. Elle tire son nom d’une enseigne qu’on y voyait encore à la fin du dernier siècle.
* Rue du Cherche-Midi, quartier de la Croix-Rouge. Selon Sauval, c’était le nom d’une enseigne, où l’on avait peint un cadran et des gens qui y cherchaient midi à quatorze heures. «Cette enseigne, ajoute-t-il, a semblé si belle, qu’elle a été gravée, et mise à des almanachs tant de fois, qu’on ne voyait autre chose. On en a fait un proverbe: Il cherche midi à quatorze heures, c’est un chercheur de midi à quatorze heures.» L’enseigne fut remplacée depuis par une enseigne sculptée en pierre, qui subsiste encore.
* Rue du Gros-Chenet, quartier Montmartre. L’enseigne d’une maison, située au coin de la petite rue Saint-Roch, lui avait donné son nom.
* Rue Cloche-Perce, quartier Saint-Antoine. Nom altéré de Cloche-percée, que la rue portait autrefois à cause d’une enseigne qu’on y voyait encore en 1636.
Rue du Cœur-Volant, quartier du Luxembourg. Elle devait son nom à une enseigne peinte, qui représentait un cœur avec des ailes, dit le Cœur volant.
Rue du Coq, quartier du Louvre. Cette rue a tiré son nom de la maison du Coq, qui avait pour enseigne un coq en bas-relief, armes parlantes de l’ancienne famille Le Coq.
Rue des Coquilles, quartier de la Grève. Elle fut ainsi nommée à cause de l’hôtel des Coquilles, situé en cette rue et décoré, sur la façade, de coquilles sculptées figurant l’enseigne de la maison; il existe encore, à l’alignement de la rue de Rivoli.
Rue de la Corne, quartier du Luxembourg. Ainsi nommée de la corne de cerf qui pendait pour enseigne d’une maison, au coin de la rue du Four.
* Rue du Croissant, quartier Montmartre. Une enseigne représentant la lune dans son croissant lui avait fait donner ce nom.
Rue de la Croix-Blanche, quartier Sainte-Avoie. Nom d’une enseigne.
* Rue du Cygne, quartier des Halles. Nom d’une enseigne au XIIIᵉ siècle.
Rue des Cinq-Diamants, quartier Saint-Jacques-de-la-Boucherie. Nom de l’enseigne d’une maison de cette rue.
Rue de l’Écharpe, quartier Saint-Antoine. Nom d’une enseigne.
* Rue des Deux-Écus, quartier Saint-Eustache. Elle tire son nom de l’enseigne d’une maison.
* Rue de l’Épée-de-bois, quartier de la place Maubert. Nom d’une enseigne.
Rue de l’Étoile, quartier Saint-Paul. Elle doit son nom à l’enseigne d’une vieille maison qu’on appelait le Château de l’Étoile.
Rue de la Femme-sans-tête, quartier de la Cité. Elle avait pris son nom d’une enseigne satirique, qui représentait une femme sans tête, tenant à la main un verre de vin, avec cette légende: Tout en est bon.
* Rue des Quatre-Fils, quartier du Temple. Ainsi nommée à cause de l’enseigne des Quatre Fils Aimon, représentés, en costume de guerre, sur le même cheval.
Rue de la Fontaine, quartier de la place Maubert. Ainsi nommée de l’enseigne d’une maison.
Rue des Fuseaux, quartier Sainte-Opportune. Elle avait pris son nom de l’enseigne d’une maison, représentant trois fuseaux.
* Rue de la Harpe, quartier Saint-André-des-Arts. On l’appelait déjà, au XIIIᵉ siècle: vicus Citharæ. Son nom lui vient de cette enseigne, qu’on voyait encore, il y a un siècle, à la seconde maison à droite, au-dessus de la rue Mâcon.
* Rue de l’Hirondelle, quartier Saint-André-des-Arts. Ce nom lui vient de l’enseigne d’une vieille maison qu’on appelait l’hôtel de l’Arondale.
* Rue de la Huchette, quartier Saint-André-des-Arts. Ce nom lui vient de l’enseigne d’une maison au XIIIᵉ siècle.
Rue de la Lanterne, quartier de la Cité. Nom d’une enseigne, en 1397. Cette enseigne, qui était celle d’une maison située au coin de la rue des Marmousets, paraît avoir été mentionnée, en ces termes, dans la Taille de 1292: «Agnès, de la Lanterne, regrattière.»
* Rue du Petit-Lion, quartier du Luxembourg. Nom de l’enseigne du Petit Lion.
Rue des Trois-Maures, quartier Saint-Jacques-de-la-Boucherie. Elle doit son nom à l’enseigne d’une auberge, fameuse au XVIᵉ siècle.
Rue du Petit-Moine, quartier de la place Maubert. Elle tirait son nom d’une enseigne.
Rue du Noir, quartier de la place Maubert. Cette rue devait son nom populaire à l’enseigne du More ou Maure.
* Rue des Oiseaux, quartier du Temple. Elle doit son nom à une enseigne.
* Rue du Paon, quartier Saint-André-des-Arts. Nom d’une enseigne. Il y avait dans le quartier de la place Maubert une autre rue du Paon, nommée aussi par une enseigne.
* Rue de la Perle, quartier du Temple. Elle devait son nom à l’enseigne d’un jeu de paume.
* Rue du Plat-d’étain, quartier Sainte-Opportune. Elle a pris son nom de l’enseigne d’un hôtel qu’on y voyait encore au XVIᵉ siècle.
Rue du Poirier, quartier Saint-Martin-des-Champs. Nom d’une enseigne.
* Rue des Prêcheurs, quartier des Halles. Ce nom lui a été donné, au XIVᵉ siècle, à cause de l’enseigne d’une maison qu’on appelait l’hôtel du Prêcheur.
Rue de Rats, quartier de la place Maubert. Nommée ainsi, dès le XIIIᵉ siècle, à cause d’une enseigne.
Rue du Roi-Doré, quartier du Temple. Ce nom lui vient d’un buste du roi Louis XIII, qu’on avait placé à l’entrée de cette rue et que le peuple appelait le roi doré, parce que ce buste était doré.
* Rue du Sabot, quartier Saint-Germain. Nom d’une enseigne. Cette rue s’était d’abord appelée rue de l’Hermitage, qui fut également le nom d’une enseigne.
Rue de Venise, quartier de la Cité. Nommée ainsi à cause d’une enseigne à la Ville de Venise.
* Rue des Quatre-Vents, quartier du Luxembourg. Nom d’une enseigne.
Ce n’étaient pas là les seules rues qui tirassent leurs noms des enseignes de maison ou de boutique, et l’on pourrait en citer un certain nombre d’autres qui sont évidemment nommées par les enseignes, quoique la tradition se taise à leur égard. Il était aussi tout naturel que le nom de la rue, emprunté à une enseigne, ne survécût pas à cette enseigne quand celle-ci avait disparu. Voici encore quelques rues signalées par J. de La Tynna comme ayant des noms qui provenaient également des enseignes[62].
Le pont aux Meuniers, qui traversait le grand bras de la Seine à côté du pont au Change, fut reconstruit à la fin du XVIᵉ siècle par un entrepreneur nommé Marchand, qui lui donna son nom; mais le peuple, qui baptisait volontiers les rues de Paris, changea le nom de ce nouveau pont et le nomma le pont aux Oiseaux, parce qu’on avait peint, sur la façade de chacune des maisons élevées de chaque côté dudit pont, un oiseau différent pour servir d’enseigne.
La rue du Chaudron, dans le faubourg Saint-Martin, devait son nom à une enseigne qui existait encore en 1816.
* La rue de la Clef, dans le quartier Saint-Médard, avait pris ce nom d’une enseigne de maison à la fin du XVIᵉ siècle.
Le passage de la Croix-Blanche, dans la rue Saint-Denis, était ainsi nommé à cause d’une enseigne.
* La rue de l’Éperon, quartier Saint-André-des-Arts, avait porté successivement plusieurs noms, avant le dernier, qui lui vint d’une enseigne, en 1636.
La place des Trois-Maries, sur le quai de l’École, portait ce nom, dès 1554, à cause de l’enseigne d’une maison.
Le passage de la Marmite, dans la rue des Gravilliers, avait le nom d’une enseigne, qu’on voyait encore, en 1816, rue Phelipeau, en face de ce passage.
* La rue du Petit-Lion-Saint-Sauveur, dans la rue Saint-Denis, avait subi de nombreuses variations de nom, dans lesquelles le lion se trouvait toujours, pour rappeler l’enseigne d’une maison, qui subsiste encore au nº 4 et représente un lion sculpté au-dessus de la porte.
Le passage du Panier-Fleuri, dans le cul-de-sac des Bourdonnais, portait le nom de l’enseigne d’un marchand de vin voisin.
* La rue Servandoni, quartier Saint-Sulpice, eut d’abord deux noms, provenant l’un et l’autre de deux enseignes: rue du Pied-de-biche et rue du Fer-à-cheval.
La rue du Pot-de-fer, quartier Saint-Sulpice, devait aussi son nom à une enseigne, comme une autre rue du quartier Saint-Marceau, laquelle avait pris, en 1586, le même nom, à cause d’une enseigne analogue.
Le passage et la cour du Puits-de-Rome, dans la rue des Gravilliers, étaient ainsi nommés, parce que l’enseigne d’une maison voisine leur avait donné ce nom-là. C’est ainsi que, dans la rue Montorgueil, le passage du Saumon conserve encore le nom de l’ancienne enseigne de la maison qui lui sert d’entrée.
Il y avait, au XIVᵉ siècle, dans la rue Saint-Denis, une ruelle de l’Ane-Rayé, qui devint le cul-de-sac des Peintres. L’enseigne de l’Ane rayé représentait un zèbre.
* La rue Cloche-Perce, qui devait son nom, comme nous l’avons dit, à l’enseigne de la Cloche percée, eut à subir, pendant huit ou dix ans, du temps de Sauval, un changement de nom, par le fait d’une autre enseigne de la Grosse Margot, «qu’avoit mis là un tavernier fameux pour son bon vin»; on l’avait nommée rue de la Grosse-Margot[63].
Au reste, les rues de Paris, au moyen âge, changeaient si souvent de noms, par suite de changement d’enseignes qui avaient la vogue à tour de rôle, qu’il est maintenant bien difficile de constater topographiquement la place de ces rues. Il en est une que Hurtaut et Magny n’ont pas mentionnée et qui ne figure pas, à son ordre alphabétique, dans le Dictionnaire de J. de La Tynna, quoique ce dernier l’ait citée, sans aucun détail, à l’article de la rue de la Petite-Truanderie, dans le quartier Montorgueil. C’est, en effet, le nom de cette rue de la Petite-Truanderie, qui fut métamorphosé, à cause d’une enseigne, vers le milieu du XVIIᵉ siècle, et qui devint, tant que dura l’enseigne, la rue du Puits-d’Amour. Ce puits public existait encore, dans cette rue, quoique à demi ruiné, du temps de Sauval, qui dit y avoir vu tirer de l’eau. On lisait, sur la margelle, cette inscription en lettres gothiques:
Amour m’a refait En 525 tout à fait.
C’était quelque amoureux, sans doute, qui avait fait réparer le vieux puits, en souvenir de la triste aventure qui rendit ce puits célèbre, sous le règne de Philippe-Auguste, quand Agnès Hellebic s’y précipita par désespoir d’amour. Depuis lors, les amants se donnaient rendez-vous au Puits d’Amour. «Avec le temps, dit Sauval, son nom a passé à une maison proche de là, et comme ce nom a paru galant à un marchand qui la loue, il a fait repeindre l’enseigne et l’a rehaussée de couleurs fort vives, et même, afin de mieux représenter la fable, il y a figuré un puits, tout entouré de belles filles et de jeunes garçons, avec un petit Amour qui décoche des flèches sur eux, et ces paroles au bas: Au Puits d’Amour. Or, comme d’autres marchands ont trouvé cette enseigne fort à leur gré, et d’autant plus qu’ils s’imaginent que les enseignes plaisantes, ou qui se font remarquer, attirent les chalands, les uns l’ont tout à fait copiée, les autres se sont contentés de l’imiter[64].»