Chapitre 1 À F. F. Henner.
Le maître des sources limpides
Où le ciel bleu se réfléchit
S’en va seul, par les prés humides
Que le crépuscule blanchit.
Au seuil des longues avenues,
Sous l’abri des arbres discrets,
Il voit passer les nymphes nues
Qui sont les âmes des forêts.
Comme des bêtes merveilleuses,
Elles vaguent en liberté
Sous l’œil du maître, insoucieuses
De leur auguste nudité.
Il peint ce qu’il voit, et son âme
Jette, ainsi qu’un manteau royal,
Sur la beauté d’un corps de femme
La vision de l’idéal.
C’est pourquoi je veux dans ce livre
Inscrire son nom près du mien ;
Et sa gloire me fera vivre
Lorsque je ne serai plus rien.
Henry Gréville.
Paris, 22 février 1885.
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