‹ IdyllesChapitre 1 sur 16 · Chapitre 1 À F. F. Henner.

Chapitre 1 À F. F. Henner.

Le maître des sources limpides
Où le ciel bleu se réfléchit
S’en va seul, par les prés humides
Que le crépuscule blanchit.

Au seuil des longues avenues,

Sous l’abri des arbres discrets,

Il voit passer les nymphes nues

Qui sont les âmes des forêts.

Comme des bêtes merveilleuses,

Elles vaguent en liberté

Sous l’œil du maître, insoucieuses

De leur auguste nudité.

Il peint ce qu’il voit, et son âme

Jette, ainsi qu’un manteau royal,

Sur la beauté d’un corps de femme

La vision de l’idéal.

C’est pourquoi je veux dans ce livre

Inscrire son nom près du mien ;

Et sa gloire me fera vivre

Lorsque je ne serai plus rien.

Henry Gréville.

Paris, 22 février 1885.

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