‹ J’accuse !Chapitre 5 sur 17 · LES NIDS DE VIPÈRES

LES NIDS DE VIPÈRES

En dehors des organisations purement militaires : l’Union Générale Militaire, les Ecoles militaires, les Etats-Majors, la Mobilisation de la Jeunesse — en dehors de tout un réseau organisations culturelles et financières — dont je renonce, faute de place, à donner ici la liste complète (et ce ne serait du reste nullement une révélation), les Gardes Blancs dispont de tout un réseau d’organisations ayant ce but : L’ACCOMPLISSEMENT D’ACTES TERRORISTES ET D’ACTES DE SABOTAGE VIS-A-VIS DE L’U.R.S.S.

Ces organisations agissent en liaison étroite avec l’Etat-Major du général Miller, et jouissent de l’amitié généreuse des pouvoirs nationaux.

D’abord, voici l’Union Centrale Russe. Elle filtre et centralise. Elle organise le recrutement de toutes les forces anti-soviétiques de l’émigration, et la distribution des tâches.

A la tête de l’Union Centrale se trouve l’ex-pétrolier Goukassov, directeur du journal pogromiste La Renaissance dans lequel Gorguloff faisait paraître ses appels.

L’Union Centrale et son organe La Renaissance faisaient grand bruit, depuis des années, dans le concert mené par tous les journaux blancs d’Europe, en faveur d’une agitation terroriste et de la provocation d’un conflit avec l’Union Soviétique.

Voici ensuite le Comilé National Russe. Son but avoué « la fidélité aux principes de la lutte armée et une liaison constante avec l’armée blanche ». Son animateur est le professeur Kartachev, guide des cléricaux russes de la bonne espèce — l’espèce expéditive et sans scrupules — inspirateur attitré de la terreur blanche là où elle a sa griffe, intime collaborateur de Denikine, de Wrangel et de Koutiépov.

Et voici Bourtsev, ex-révolutionnaire, traître de mélodrame, odieusement lâché dans la réalité, tripatouilleur des archives de Tsarskoïé Selo, ami d’Isvolsky, de lugubre mémoire, apôtre de la terreur blanche, qui a pris part à tout une série de conspirations antisoviétiques, et au travail soutenu de la Préfecture de Police et de la Sûreté Générale comme un employé qu’il est de ces institutions. Quant M. Fedorov, il se trouve à la tête de toutes les œuvres d’ « éducation » de la jeunesse émigrée subventionnées par Deterding, qui a avoué publiquement qu’il consacrait un partie de ses colossaux revenus à aider le pullulement d’institutions blanches ayant pour but l’égorgement du pouvoir soviétique et le triomphe définitif du capitalisme dans le monde. Fedorov est l’un des directeurs du journal la Lutte pour la Russie, qui prêche les pogroms et la terreur. P. Strouvé, lui, avant d’être directeur de la Russie et le Monde Slave qui préconise, toutes les semaines, la terreur blanche et le sabotage, était ministre des Affaires étrangères de Wrangel. Il est resté étroitement lié avec Millerand et autres personnages du même genre, et son journal est commandité par le chef des fascistes tchèques Kramarz.

Le Torgprom, organisation des anciens industriels russes, après avoir lutté violemment contre la reconnaissance des Soviets, lutte pour l’intervention armée contre l’U.R.S.S. et le rétablissement de l’ancien régime. Ses têtes sont : Dentssov, Tretiakov, Isnar, prince Mestchersky, Riabouchinsky, Goukassov, Manlachev, Nobel, Lianosov, anciens industriels et pétroliers.

La Banque du Crédit Mutuel, en liaison avec le Torgprom et avec l’Union des Zemsivos, s’occupe de placement des Blancs et du financement de leur organisation.

Ces gens-là ne songent qu’à reconquérir leurs usines et leurs puits de pétrole (d’ailleurs magiquement perfectionnés) dans le sang d’un peuple. Ils subventionnent largement l’armée blanche, les groupements et la presse contre-révolutionnaire et antisémite, incendiaires, meurtriers et destructeurs. LE GOUVERNEMENT FRANÇAIS, ET NOTAMMENT M. POINCARE, A TOUJOURS ETE AU COURANT DE LEURS MENEES ET DE LEURS COMPLOTS. Au cours du procès du Parti Industriel à Moscou, tous les agents des actes sinistres de sabotage mis en çause par la justice soviétique, ont reconnu formellement la liaison étroite de ce parti avec le gouvernement et l’Etat-Major français. Le Torpgrom a distribué 750.000 couronnes aux institutions blanches. Dans son budget actuel figurent 7 millions pour soutenir les gardes blancs terroristes.

Ce n’est pas tout. La liste est encore longue :

Le Comité National Monarchiste, l’Icône, l’Union Impériale de la Jeunesse, dont le président Ruzki est un agent appointé de la Préfecture de Police. L’Office des Réfugiés Russes, rue Guénégaud, président Maklakov, ambassade officieuse, le Patronage de la Jeunesse Universitaire que Deterding subventionne « pour préparer les cadres d’une Russie capitaliste future ».

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