‹ Jadis et naguèreChapitre 1 sur 14 · Première partie JADIS

Première partie JADIS

En route, mauvaise troupe !

Partez, grimpés sur son dos,

Ma main tiède qui s’agite

Ma main vous bénit, petites

Petits espoirs, douleurs, joies,

A la louange de Laure et de Pétrarque.

Chose italienne où Shakspeare a passé

Elle, ta marraine, et Lui qui t’a pensé,

Ceux-là sont très bons et toujours vénérables,

Aux poètes fiers comme les gueux d’Espagne,

A Léon Valade.

Ce n’est plus le rêveur lunaire du vieil air

Et voici que parmi l’effroi d’un long éclair

Avec le bruit d’un vol d’oiseaux de nuit qui passe,

Ses yeux sont deux grands trous où rampe du phosphore,

A Germain Nouveau.

O ce cri sur la mer, cette voix dans les bois !

Dans cette rue, au cœur de la ville magique

Ce sera si fatal qu’on en croira mourir :

Des mots anciens comme des bouquets de fleurs fanées !

Qui flânent là, causant avec d’affreux moutards

Ce sera comme quand on rêve et qu’on s’éveille !

A grands plis sombres une ample tapisserie

Les meubles vieux, d’étoffe éclatante flétrie,

Ni livres, ni tableaux, ni fleurs, ni clavecins ;

Tristement sourirait — inquiétant témoin —

Je suis né romantique et j’eusse été fatal

Ami, le temps n’est plus des guitares, des plumes,

Voici venir, ami très tendre, qui t’allumes

Voici venir parmi les brumes d’Elseneur

C’est le spectre, le spectre impérieux ! Sa main

A Ernest Delahaye.

Ah ! vraiment c’est triste, ah ! vraiment ça finit trop mal.

Londres fume et crie. O quelle ville de la Bible !

Tout l’affreux passé saute, piaule, miaule et glapit

Non vraiment c’est trop un martyre sans espérance,

A Laurent Tailhade.

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