1 LE CLOWN
Bobèche, adieu ! bonsoir, Paillasse ! arrière, Gille !
Plus souple qu’Arlequin et plus brave qu’Achille,
Ils luisent bleus parmi le fard et les onguents,
Puis il sourit. Autour le peuple bête et laid,
Des yeux tout autour de la tête
Sculpteur, musicien, poète
Ses cheveux, noir tas sauvage où
Ayant vu cet ange pervers,
A Albert Mérat.
Deux reîtres saouls, courant les champs, virent parmi
La tête, intacte, avait ce rictus ennemi
Qu’ils avaient bu, que tout vin bu filtre et s’égoutte,
Mais comme il ne faut pas insulter au Néant,
A Albert Mérat.
Et nous voilà très doux à la bêtise humaine,
Pauvres gens que les gens ! Mourir pour Célimène,
L’Ambition, l’Orgueil, des tours dont vous tombez,
C’est pourquoi, mon très cher Mérat, Mérat et moi,
A Charles Morice.
De la musique avant toute chose,
Il faut aussi que tu n’ailles point
C’est des beaux yeux derrière les voiles,
Car nous voulons la Nuance encor,
Fuis du plus loin la Pointe assassine,
Prends l’éloquence et tords-lui son cou !
O qui dira les torts de la Rime !
De la musique encore et toujours !
Que ton vers soit la bonne aventure
Le tréteau qu’un orchestre emphatique secoue
Le plâtre de son front et le fard de sa joue
Ses boniments de cœur et d’âme, approuvons-les.
Mais ce qui sied à tous d’admirer, c’est surtout
A Jules Valadon.
Despotique, pesant, incolore, l’Été,
L’alouette, au matin, lasse n’a pas chanté.
L’âpre engourdissement a gagné les cigales
Une rotation incessante de moires
A Jean Moréas.
Murs blancs, toit rouge, c’est l’Auberge fraîche au bord
Ici l’on fume, ici l’on chante, ici l’on dort.
La salle au noir plafond de poutres, aux images
Entendez-vous ? C’est la marmite qu’accompagne
A Gaston Sénéchal.
Donne ta main, retiens ton souffle, asseyons-nous
Immobiles, baissons nos yeux vers nos genoux.
Oublions d’espérer. Discrète et contenue,
Restons silencieux parmi la paix nocturne :
A Charles Vignier.
Ce jour je m’étais penché sur ton sommeil.
Qu’on vive, ô quelle délicate merveille,
Ah ! misère de t’aimer, mon frêle amour
O bouche qui ris en songe sur ma bouche,
A Léor Trézenik.
Chair ! ô seul fruit mordu des vergers d’ici-bas,
Amour ! le seul émoi de ceux que n’émeut pas
Amour, tu m’apparais aussi comme un beau pâtre
Et la fileuse, c’est la Chair et l’heure tinte
A Gorges Hall.
Les choses qui chantent dans la tête
Écoutez ! c’est notre sang qui pleure
Frère du sang de la vigne rose,
Chantez, pleurez ! Chassez la mémoire
A Léon Dierx.
De toutes les douleurs douces
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