Deuxième partie NAGUÈRE
Ce sont choses crépusculaires.
Si pâle dans l’ombre abhorrée
Ou si ces fantômes moroses
Du soleil et de la nature
A Villiers de l’Isle-Adam.
Dans un palais, soie et or, dans Ecbatane,
C’est la fête aux Sept Péchés : ô qu’elle est belle !
Des danses sur des rythmes d’épithalames
Et la bonté qui s’en allait de ces choses
Or le plus beau d’entre tous ces mauvais anges
En vain la fête autour se faisait plus folle,
Il résistait à toutes câlineries,
Il leur disait : « O vous, laissez-moi tranquille !
Le voyez-vous sur la tour la plus céleste
Qu’est-ce qu’il dit de sa voix profonde et tendre
« Nous avons tous trop souffert, anges et hommes,
« O vous tous, ô nous tous, ô les pécheurs tristes,
« Assez et trop de ces luttes trop égales !
« Et pour réponse à Jésus qui crut bien faire
La torche tombe de sa main éployée,
L’or fond et coule à flots et le marbre éclate ;
Et les satans mourants chantaient dans les flammes
Et lui, les bras croisés d’une sorte fière,
Il dit tout bas une espèce de prière,
On n’avait pas agréé le sacrifice :
Et du palais aux cent tours aucun vestige,
Et c’est la nuit, la nuit bleue aux mille étoiles ;
De froids ruisseaux courent sur un lit de pierre ;
La forme molle au loin monte des collines
Et tout cela comme un cœur et comme une âme,
A Armand Silvestre.
Un cachot. Une femme à genoux, en prière.
La Comtesse est debout, paumes épanouies.
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La tête est là, et dardant en l’air ses sombres yeux
A Catulle Mendès.
La petite marquise Osine est toute belle,
Vingt soupirants, brûlés du feu des meilleurs zèles
Elle le consola deux ans. Deux ans du monde !
Mais tout passe !
Si bien qu’un jour elle attendait
Comme elle relevait son front d’entre ses mains,
Et le Sauveur parla :
« Ma fille, le temps passe,
La vision cessa.
Oui certes, il est doux
Or cet amant était justement le deuxième
Un matin, elle était dans son jardin charmant,
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Marquis, pauvre marquis, qu’avez-vous à pleurer
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Un prêtre saluant les assistants des yeux,
Et le prêtre anxieux se penche à son oreille.
On l’enterrait hier matin. Pauvre petite !
A François Coppée.
Don Juan qui fut grand Seigneur en ce monde
Il a son front dans ses mains et paraît
Il songe. Dieu peut gagner, car le Diable
Mais lui, don Juan, n’est pas mort et se sent
Il résolut de se mettre en son lieu.
Le défiant, Lui, son Fils et ses saints ?
Il enseignait : « Juste, prends patience.
Au mendiant errant dans la forêt
« La chair est sainte ! Il faut qu’on la vénère.
A ce blasphème effroyable, voilà
Non pas son âme, on l’allait voir ! Et pâle
« Apprêtez-vous, vieillards et nouveau-nés,
Le sol qui tremble et la neige glacée
Dit du dehors Quelqu’un qui ricanait, « Contes prévus ! farces que l’on connaît !
A Stéphane Mallarmé.
Il parle italien avec un accent russe.
Cela s’adresse à la plus blanche des comtesses.
Hélas ! toute grandeur, toutes délicatesses,
Ce fut une banale et terrible aventure
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« Mia, je ne suis pas d’entre les irascibles,
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« Voyons, l’amour, c’est une phrase
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Ainsi de suite, et sa fade ironie
Il a disparu sans autre trace de lui
Elle ne savait pas que l’Enfer c’est l’absence.
Une édition
Achevé d'imprimer en France le 5 Novembre 2016.