CHAPITRE XVII
LE 12 FÉVRIER
John s'habitua vite à l'existence du camp, moins désagréable en somme qu'on aurait pu le croire, car les ennuis en étaient un peu compensés par le charme de la nouveauté. Quoiqu'il fût officier dans l'armée anglaise, il préféra, voyant que ses services en cette qualité n'étaient pas indispensables, s'engager comme volontaire dans la compagnie des carabiniers de Prétoria, avec le rang modeste de sergent, que lui octroya le commandant des troupes. Il était actif et ses devoirs militaires lui donnaient une occupation très suffisante. Le soir, quand il revenait au chariot près duquel il couchait, afin de protéger Jess en cas de danger, il la trouvait toujours prête à le bien recevoir et à lui donner tout le confort que permettaient les circonstances. Peu à peu, ils trouvèrent plus commode de faire leur petit ménage en dehors de celui de leurs amis, et de prendre leurs repas sur une petite table confectionnée au moyen d'une caisse d'emballage. Ils avaient l'air d'un jeune ménage jouant au pique-nique, pendant leur lune de miel! Tout cela n'était pas parfaitement commode et pourtant ne manquait pas d'un certain charme. D'abord Jess, quand on arrivait à la bien connaître, était, pour un homme tel que John Niel, la plus délicieuse compagnie qu'il pût imaginer. Jamais, avant ce long tête-à-tête, il n'avait deviné toute la richesse et l'originalité de son intelligence, et encore moins à quel point elle pouvait être spirituelle, quand elle le voulait. Il y avait en elle une véritable veine humoristique et le plaisir qu'éprouvait John en l'écoutant, était d'autant plus vif, qu'il s'aperçut promptement du privilège qu'on lui accordait. Personne, parmi les parents et les amis de Jess, n'avait jamais soupçonné chez elle ce côté d'esprit. Une autre chose le frappa au bout de quelque temps. Jess devenait belle! Maigre et plus pâle que jamais, à l'arrivée du capitaine, elle était, un mois après, positivement rondelette et elle y gagnait d'une façon extraordinaire. Une teinte rosée se jouait capricieusement sur son visage pâle, et ses beaux yeux devenaient encore plus beaux et plus profonds.
«Qui dirait que c'est la même personne!» s'écria Mme Neville, un jour qu'elle regardait Jess gravement occupée à faire griller une côtelette; «la pauvre petite créature chétive est aujourd'hui réellement belle. Et cela, au milieu d'une existence qui me réduit à l'état d'ombre et qui a déjà tué à moitié ma pauvre chère fille.
--C'est peut-être l'effet du grand air», répondit John, qui, dans sa simplicité, ne songeait pas un instant que le remède merveilleux agissant sur Jess, pouvait être le bonheur.
Et pourtant ce n'était pas autre chose! Tout d'abord il y avait eu lutte, puis apaisement et enfin une idée lui était venue.
Pourquoi ne jouirait-elle pas de la société de John, pendant qu'elle le pouvait? Il avait été jeté sur sa route, sans qu'elle le voulût. Elle n'avait aucun désir de le détacher de Bessie. Il était, lui, parfaitement innocent; pour lui elle était la jeune personne qui se trouvait être la soeur de celle qu'il allait épouser; pas autre chose. Pourquoi ne cueillerait-elle pas les roses qui s'offraient à elle? Elle oubliait que la rose a un parfum dangereux, qui peut troubler les sens et faire tourner la tête. Elle se donna donc libre carrière et fut, pendant quelques semaines, plus près de connaître le vrai bonheur, qu'elle ne l'avait jamais été. Quelle chose merveilleuse que l'amour d'une femme, dans sa force et sa simplicité! Comme il idéalise les choses les plus banales de la vie et met de la joie dans les services les plus infimes! Plus la femme est fière, plus elle se réjouit de s'abaisser devant son idole. Peu de femmes savent aimer comme Jess, et, quand elles aiment, elles commettent généralement quelque fatale erreur, grâce à laquelle leur trésor d'affection gaspillé devient une cause de honte ou de douleur, pour elles-mêmes et pour d'autres.
Ils étaient enfermés depuis un mois à Prétoria, lorsque John eut, à son tour, une idée magnifique. A un quart de mille environ du camp, s'élevait une petite maisonnette, appelée par plaisanterie: le Palais. Elle était abandonnée comme les autres et le maître en était même absent. Un jour, en se promenant, John et Jess traversèrent le petit pont jeté sur l'écluse du canal, pour aller examiner la maisonnette. Par une allée bordée des deux côtés de jeunes gommiers, ils arrivèrent au cottage couvert en zinc; il n'y avait que deux pièces: une chambre à coucher et un salon assez grand, où se trouvaient encore une table et quelques chaises; derrière le cottage étaient la cuisine et l'écurie. Ils entrèrent, s'assirent près de la porte et regardèrent.
Le jardin descendait en pente, jusqu'à une vallée verdoyante, bornée en face et sur la droite par des collines boisées. Ce jardin, planté de vignes chargées pour le moment de raisins mûrissants, était entouré d'une belle haie de rosiers du Bengale en pleine floraison; près de l'habitation était une corbeille de roses doubles, d'une beauté et d'une richesse inconnues en Europe. En somme, c'était un délicieux petit endroit, un vrai paradis, après le bruit et l'agitation du camp; ils y restèrent longtemps, causant beaucoup de Belle-Fontaine, de Silas Croft et un peu de Bessie.
«Qu'on est bien ici!» dit Jess, paresseusement appuyée, les deux mains derrière la tête, et embrassant d'un regard le paisible paysage.
«Oui, répondit John. Au fait, j'ai une idée! Si nous établissions notre quartier général ici, pendant le jour, bien entendu? Nous pourrions nous y installer pour nos repas; nous y serions parfaitement en sûreté, car ces braves Boers n'essayeront jamais de prendre la ville d'assaut, j'en réponds.»
Jess réfléchit et conclut très vite que ce serait un arrangement charmant, de sorte que, dès le lendemain, elle mit le petit cottage en aussi bon état que le permettaient les circonstances et se transforma en maîtresse de maison. Elle et John furent ainsi plus que jamais rapprochés l'un de l'autre. Le siège traînait en longueur; aucune nouvelle n'arrivait du dehors, mais les habitants, persuadés que Colley venait à leur secours, s'en préoccupaient assez peu et s'amusaient à faire des paris au sujet de l'arrivée des troupes. De temps en temps, une sortie avait lieu; généralement sans résultat. John sortait naturellement avec les autres et alors Jess endurait des tourments d'autant plus cruels, qu'il lui fallait les cacher! Toutefois rien de fâcheux n'arriva et les choses suivirent un cours uniforme jusqu'au 12 février. Ce jour-là, on attaqua un endroit appelé la Maison-Rouge, occupé par les Boers.
Le détachement, formé de troupes régulières et de volontaires, quitta Prétoria avant le point du jour. John en faisait partie. Il fut très surpris en s'approchant du chariot où couchait Jess, pour chercher un objet dont il avait besoin, de trouver la jeune fille, assise sur une malle, malgré la rosée de la nuit, tenant en main une tasse de café brûlant, qu'elle avait préparée pour lui.
«Qu'est-ce que cela signifie, Jess? dit-il sévèrement. Je vous défends de vous lever au milieu de la nuit pour me faire du café.
--Je ne me suis pas levée, répondit-elle avec calme; je ne me suis pas couchée.
--C'est encore pis!» répliqua John, tout en dégustant son café avec satisfaction, tandis qu'assise sur sa malle, elle le regardait.
«Mettez un châle, reprit-il, et couvrez-vous la tête; vous serez traversée par la rosée de la nuit. Tenez, vos cheveux sont tout mouillés.»
Alors elle parla.
«John, dit-elle, car elle l'appelait toujours John maintenant, je voudrais que vous fissiez quelque chose pour moi: voulez-vous me le promettre?
--Que c'est bien d'une femme, de demander une promesse avant de dire de quoi il s'agit!
--C'est pour l'amour de Bessie, reprit-elle.
--Eh bien! que demandez-vous, Jess?
--Que vous n'alliez pas à cette sortie. Vous savez que vous pouvez facilement en être dispensé, si cela vous convient.»
Il se mit à rire et répondit:
«Quelle petite folle! Et pourquoi cela?
--Oh! je ne sais pas. Ne vous moquez pas de moi, si j'ai peur que quelque chose ne vous arrive.
--Dame! répliqua John par manière de consolation, toute balle a son billet de logement et je n'y peux rien.» Jess insista.
«Pensez à Bessie, dit-elle.
--Voyons, Jess! répondit-il, avec un peu d'humeur, à quoi bon essayer de m'ôter tout mon courage? Si je dois être frappé, à la grâce de Dieu! Je ne tournerai certes pas casaque, même pour l'amour de Bessie; donc calmez-vous et laissez-moi partir.
--Vous avez parfaitement raison, John, répondit-elle tranquillement, et je n'aurais pas aimé vous entendre parler autrement, mais je n'ai pas pu me taire. Adieu, John; que Dieu vous garde!» Elle lui tendit une main qu'il serra; puis il partit.
«Ma parole! elle m'a tout remué, se disait-il, en marchant avec la troupe, dans le brouillard blanc de l'aube. Elle pense probablement que je vais à la mort. C'est possible. Comment Bessie prendrait-elle la chose? Elle aurait sans doute bien du chagrin, mais j'imagine qu'elle se consolerait. Quant à Jess, si elle venait un jour à perdre son fiancé, je ne crois pas qu'elle s'en consolerait jamais. Voilà précisément la différence entre les deux soeurs: l'une est tout fleur, et l'autre est tout racine.»
Ensuite il se demanda comment se portait Bessie, ce qu'elle faisait, si elle pensait à lui, puis sa pensée revint à Jess; quelle charmante compagnie que la sienne! Comme elle était bonne et prévenante! Et dans le secret de son coeur, il espéra qu'elle resterait près d'eux, quand ils seraient mariés. Sans s'en rendre compte et très innocemment, ils en étaient arrivés à ce degré d'intimité où deux personnes se deviennent réciproquement tout à fait nécessaires dans leur vie quotidienne. Il ne savait pas encore quelle place tenait, dans ses pensées habituelles, cette jeune fille aux yeux profonds, ni à quel point son individualité absorbait la sienne propre. Il savait seulement qu'elle avait le don de le rendre parfaitement heureux en sa société. Quand il lui parlait, ou même quand il restait silencieux auprès d'elle, il se sentait envahi par une sensation de repos et de confiance, qu'il n'avait jamais éprouvée auprès d'une autre femme.
C'était, il est vrai, l'hommage inconscient, rendu par la nature la plus faible à la nature la plus forte, mais il y avait quelque chose de plus; il y avait l'influence de cette entière sympathie, de cet accord parfait, qui sont les signes les plus certains de l'affection la plus élevée. Quand ils s'unissent à la passion proprement dite, ce qui est assez rare, car ils se rencontrent plutôt dans les relations d'individus du même sexe, ils donnent à la tendresse quelque chose de plus qu'humain, et l'amour fondé sur cette sympathie, qu'il existe entre une mère et son fils, entre deux époux, ou bien entre ceux qui, malgré leur désir, n'en espèrent rien, cet amour-là ne meurt jamais.
Les réflexions de John furent assez promptement interrompues par la nécessité de revenir aux détails pratiques et désagréables de la situation.
Il vit tomber mort, l'homme qui marchait à côté de lui, et lui-même fut atteint par une balle qui passa entre sa selle et sa cuisse. Nous n'avons pas à entrer ici dans les détails de cette rencontre, aussi peu glorieuse pour les armes anglaises, que presque tous les combats de cette malheureuse guerre, pendant laquelle la défense de quelques villes fut seule de nature à consoler un peu l'orgueil national. L'issue du combat fut désastreuse et quelques heures après son départ du camp, John revenait, ayant pris en croupe un homme grièvement blessé (car l'ambulance était tombée aux mains des Boers). Pendant ce temps, des rapports exagérés circulaient parmi la population et, entre autres choses, on racontait que le capitaine Niel avait été tué. Un homme affirma l'avoir vu tomber, frappé d'une balle à la tête.
Mme Neville, l'ayant entendu, partit toute bouleversée pour en faire part à Jess.
Aussitôt le jour venu, Jess, selon sa coutume, s'était rendue à la petite maison qu'elle habitait pendant la journée. D'abord elle voulut travailler et ne put y parvenir; alors elle prit un livre qu'elle avait apporté, mais cela ne lui réussit pas mieux. Ses yeux ne suivaient pas les lignes, et ses oreilles entendaient anxieusement le bruit sourd du canon répercuté par les collines. Elle ne pouvait échapper au pressentiment de malheur qui s'était emparé d'elle. La plupart des gens doués d'imagination ont souffert de ce mal et en ont reconnu la folie, mais cette fois Jess était bien près de la vérité; il ne s'en fallut que d'une ligne que John fût tué.
Ne trouvant pas Jess au camp, Mme Neville prit la route du «Palais» sans pouvoir retenir ses larmes, car la bonne dame s'était fort attachée au capitaine Niel. Jess, avec cette finesse particulière de l'ouïe qui accompagne souvent la surexcitation nerveuse, entendit le léger bruit de la petite grille qui se refermait au bout du jardin, et courut aussitôt à l'angle de la maison pour voir qui entrait.
Un seul regard jeté sur le visage inondé de larmes de son amie, lui suffit. Elle comprit ce qu'on allait lui dire et saisit un des jeunes gommiers qui bordaient l'allée, afin de ne pas tomber.
«Qu'y a-t-il? dit-elle d'une voix faible; est-il mort?
--Hélas! oui, chère enfant; frappé à la tête», dit-on.
Jess, sans rien répondre, se soutint au jeune arbre; il lui semblait qu'elle allait mourir aussi et elle l'espérait. Ses yeux égarés se portèrent du visage de Mme Neville au sol dévasté de la prairie. Devant la grille «du Palais» passait un chemin qui se trouvait être le plus court pour revenir du lieu du combat, et par ce chemin, s'avançaient quatre Cafres portant quelque chose sur une civière que suivaient quatre carabiniers à cheval. Un habit recouvrait le visage du corps étendu sur la civière, mais on voyait les jambes bottées, éperonnées et dont les pieds tombaient écartés, de cette manière flasque dont la signification n'est que trop claire.
«Regardez, dit Jess, en étendant la main.
--Ah! le pauvre homme! le pauvre homme! s'écria Mme Neville; on l'apporte ici pour l'ensevelir.»
Alors les beaux yeux de Jess se fermèrent et l'arbre cédant sous son poids, elle s'inclina avec lui; puis il se brisa et, avec un petit cri, elle tomba sans connaissance, au moment où le cadavre passait devant elle.
Deux minutes après, John, ayant appris qu'on faisait courir le bruit de sa mort, et craignant qu'il ne parvînt aux oreilles de Jess, arriva au galop, mit pied à terre aussi vite que sa blessure le lui permit et s'avança en boitant dans l'allée.
«Grand Dieu! capitaine Niel, dit Mme Neville à sa vue; nous vous croyions mort!
--Et voilà ce que vous lui avez sans doute conté», répondit-il sévèrement, les yeux fixés sur le visage mortellement pâle de Jess; «vous auriez pu attendre d'en être sûre. Pauvre enfant! Cela lui a donné un coup!»
John se baissa, passa ses bras sous le corps de la jeune fille, la souleva, non sans peine, la porta, toujours boitant, dans la maison, où il la déposa sur un divan et, avec l'aide de Mme Neville, fit de son mieux pour la ranimer; mais son évanouissement était si profond, que leurs efforts restèrent infructueux; alors Mme Neville, effrayée, courut au camp chercher de l'eau-de-vie, laissant à John le soin de lui frictionner les mains et de lui asperger le visage d'eau froide.
La bonne dame n'était partie que depuis trois ou quatre minutes, lorsque tout à coup Jess ouvrit les yeux et crut, en apercevant John, qu'elle allait s'évanouir de nouveau; car ses lèvres devinrent toutes blêmes et elle fut saisie d'un tremblement convulsif qui la secoua des pieds à la tête.
«Jess! Jess! s'écria-t-il, calmez-vous, au nom du ciel! Vous me faites peur!
--Je croyais que vous étiez..., je croyais que vous....» Elle ne put achever, éclata en sanglots et tomba sur la poitrine de John, qui sentit sur son visage, la caresse de ses boucles brunes.
Comment ne pas être ému? John n'était qu'un homme, et la vue de cette femme étrange, à laquelle il s'attachait davantage chaque jour, plongée dans une émotion violente à son sujet, devait, à n'en pas douter, lui remuer le coeur profondément. Une corde vibra en lui, dont il ne se rendit pas compte tout d'abord, mais qui l'effraya et le charma en même temps. Que signifiait-elle?
«Jess! chère Jess! ne pleurez plus, je vous en prie; cela me fait trop de mal.»
Elle leva la tête et resta debout devant lui, appuyée d'une main sur la table. Elle le regardait. Son visage, inondé de larmes, ressemblait à un lis couvert de rosée, et dans ses yeux si beaux, brillait une flamme que jamais John n'avait vue dans des yeux de femme. Elle ne dit rien, mais sa physionomie était plus éloquente que toutes les paroles du monde, car les traits peuvent parfois traduire une pensée dans un langage à eux, plus subtil que tous ceux qu'on parle. Elle était là, devant lui, la poitrine soulevée par l'émotion, comme les flots par la tempête, incarnation vivante de l'amour le plus profond qu'une femme pût ressentir. Soudain quelque chose sembla passer devant ses yeux et l'aveugler; une puissance supérieure s'empara d'elle, absorbant tous ses doutes et toutes ses craintes; elle céda à une force qui, tout en faisant partie d'elle-même, la maîtrisait; et pour la première fois, son amour étant en cause, elle mit en jeu toute sa force. Elle savait, elle avait toujours su qu'elle pourrait dompter Niel, si elle le voulait. Comment le savait-elle? Elle l'ignorait, mais cela était, et, maintenant, cédant à une impulsion irrésistible, elle voulut.
Elle resta muette et immobile, le regard fixé sur John. Il balbutia:
«Pourquoi avez-vous eu si peur pour moi?»
Elle ne répondit pas; il sembla au jeune homme qu'une puissance invincible le dominait. Tout disparut devant l'intensité surhumaine de ce regard qui ne le quittait pas. Bessie, honneur, promesse, tout fut oublié; le feu qui couvait, jaillit en flamme et il comprit qu'il aimait cette femme, comme jamais il n'avait aimé créature vivante. Si fort qu'il fût, il trembla comme une feuille devant elle et, d'une voix étranglée, il murmura:
«Jess! que Dieu me pardonne, car je vous aime!»
Et il s'inclina vers elle, pour lui donner un baiser. Elle levait son visage vers lui, quand, tout à coup, elle s'arrêta et, posant une main sur la poitrine de John:
«Vous oubliez, dit-elle, que vous allez épouser Bessie.»
Accablé de honte et de douleur, le capitaine se détourna et sortit en trébuchant.