‹ Jeux et exercices des jeunes fillesChapitre 15 sur 22 · IX.

IX.

Il faut aller chercher le diable, Et le diable veut bien venir, L' boucher veut bien tuer le veau Et le veau veut bien boire l'eau, L'eau veut bien éteindre le feu, Le feu veut bien brûler l' bâton, L' bâton veut bien battre le chien, Le chien veut bien japper au loup, Le loup veut bien sortir du bois. Ha, j' te promets, compèr' Brocard, Tu sortiras de ce lieu-là.

LA PREMIÈRE SYLLABE.

Pendant que nos jeunes filles sont assises, elles peuvent commencer un autre jeu qui demande encore de la rapidité dans l'exécution. Celle qui est en tête jette à sa voisine un mouchoir roulé en boule, et lui dit la première syllabe d'un mot à son choix. Il faut que l'autre réponde par une seconde syllabe pouvant s'ajouter à la première pour former un mot. Par exemple on dit: «ba,» elle répond «teau,» et elle jette la balle à celle qui suit, en disant «dé;» l'autre répond «mon;» et on continue jusqu'à la dernière du cercle; ensuite on recommence sans s'arrêter, si on trouve que le jeu soit assez amusant. Lorsqu'on répète un mot déjà dit, on donne un gage, comme pour tous les jeux de la même espèce.

LA SYLLABE DEVINÉE.

[Illustration: La syllabe devinée.]

Pour ce jeu, il faut qu'une jeune fille sorte de la chambre, et en son absence, on fait choix d'une syllabe. Lorsqu'elle rentre, elle adresse une question à la première du rang, qui doit répondre par une phrase dont le dernier mot puisse s'ajouter après la syllabe choisie et former avec elle un mot. Il n'est pas nécessaire que l'orthographe soit juste. Pour rendre notre explication plus intelligible, nous reprenons la forme de dialogue. (Henriette sort).

MARIE. Si vous voulez, nous prendrons la syllabe ra.

TOUTES. Oui, c'est convenu. Viens, Henriette.

HENRIETTE, en rentrant. Pourquoi, Marie, es-tu venue si tard aujourd'hui?

MARIE. Parce que j'ai pris beaucoup de leçons qui m'ont occupée toute la journée; mais une autre fois je tâcherai de venir plus tôt (ra-teau).

HENRIETTE. Et toi, Mathilde, as-tu bien travaillé?

MATHILDE. Oui, mais je suis sortie de bonne heure et dans ma promenade j'ai rencontré une mendiante qui m'a fait bien de la peine; elle traînait par la main deux petits enfants, et elle en avait un troisième sur son dos (ra-deau).

HENRIETTE. Ton histoire est un peu longue, mais elle ne me fait pas deviner encore. Et toi, Émilie, commences-tu à bien jouer tes études?

ÉMILIE. Il y en a une que je joue encore mal parce qu'elle est difficile à cause des changements de tons (ra-ton).

HENRIETTE. Je ne devine pas encore. Louise, tu as une grande tache à ta robe.

LOUISE. Je le sais bien. C'est une robe qui a du malheur; je ne puis la mettre sans la tacher (rat-tacher).

HENRIETTE. Je ne devine pas. Ce sera toi, Hélène, qui me feras deviner. As-tu de jolis oiseaux dans ta volière?

HÉLÈNE. Oui, très-jolis, et j'en ai beaucoup aussi; j'en ai plus de vingt.

HENRIETTE. Ravin! C'est ra.

Nous ne donnons qu'un aperçu de ce jeu, qui est assez joli. Il faut souvent inventer une histoire très-longue pour pouvoir placer un mot à la fin.

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