‹ Jeux et exercices des jeunes fillesChapitre 9 sur 22 · L'AVOINE.

L'AVOINE.

[Musique:

A-voine, a-voine, a-voi-ne, Que le bon Dieu t'a-mè-ne. A-voine, avoine, a-voi-ne, Que le bon Dieu t'a-mè-ne. Qui veut sa-voir Et qui veut voir Comment on sè-me l'a-voi-ne? Mon pèr' la se-mait ain-si, Puis il se re-po-sait ain-si. A-]

EN CHOEUR:

Avoine, avoine, avoine, Que le bon Dieu t'amène. Qui veut savoir Et qui veut voir Comment on sème l'avoine? Mon pèr' la semait ainsi.

Une des jeunes filles de la ronde fait le geste de semer, que les autres imitent: ensuite elle se croise les bras en ajoutant:

Puis il se reposait ainsi.

CHOEUR.

Avoine, avoine, avoine, Que le bon Dieu t'amène.

Qui veut savoir Et qui veut voir Comment on coupe l'avoine? Mon pèr' la coupait ainsi, Puis il se reposait ainsi.

CHOEUR.

Avoine, avoine, avoine, Que le bon Dieu t'amène.

Qui veut savoir Et qui veut voir Comment on doit battre l'avoine? Mon pèr' la battait ainsi, Puis il se reposait ainsi.

CHOEUR.

Avoine, avoine, avoine, Que le bon Dieu t'amène.

Qui veut savoir Et qui veut voir Comment on vanne l'avoine! Mon père la vannait ainsi, Puis il se reposait ainsi.

CHOEUR.

Avoine, avoine, avoine, Que le bon Dieu t'amène.

On imite ainsi toutes les opérations de la moisson; puis on termine en disant: «Mon père la mangeait ainsi.»

On prononçait autrefois aveine, ce qui rendait la rime plus exacte.

[Illustration: deco.]

SAVEZ-VOUS PLANTER DES CHOUX?

[Musique:

Sa-vez-vous plan-ter des choux, A la mo-de, à la mo-de, Sa-vez-vous plan-ter des choux, A la mo-de de chez nous? ]

Savez-vous planter des choux, A la mode, à la mode, Savez-vous planter des choux, A la mode de chez nous?

On les plante avec le pied, A la mode, à la mode, On les plante avec le pied, A la mode de chez nous.

Savez-vous planter des choux, etc.

On les plante avec la main, A la mode, à la mode, On les plante avec la main, A la mode de chez nous.

Savez-vous planter des choux, etc.

On les plante avec le doigt, A la mode, à la mode, On les plante avec le doigt, A la mode de chez nous.

Savez-vous planter des choux, etc.

On les plante avec le nez, A la mode, à la mode, On les plante avec le nez, A la mode de chez nous.

Savez-vous planter des choux, etc.

On peut nommer ainsi l'oreille, le coude, les cheveux, le front, les genoux, etc., et il faut faire l'action de planter avec la partie désignée, à mesure que l'on chante.

[Illustration: deco:]

LA MISTENLAIRE.

[Musique:

Di-tes nous, mes-sieurs, que sa-vez-vous fai-re? Savez-vous jou-er de la misten-lai-re, Lai-re, lai-re, lai-re, De la mis-ten-lai-re? Ah! Ah! Ah! que sa-vez-vous fai-re? ]

P'tit bonhomm' que sais-tu donc faire? Sais-tu jouer d'la mistenlaire? Laire, laire, laire, Laire, laire, laire. Ah! ah! ah! que sais-tu donc faire?

P'tit bonhomm' que sais-tu donc faire? Sais-tu jouer d'la mistenflûte, Flûte, flûte, flûte, Flûte, flûte, flûte, De la mistenlaire, Laire, laire, laire, Ah! ah! ah! que sais-tu donc faire?

P'tit bonhomm' que sais-tu donc faire? Sais-tu jouer d'la mistenviole? Viole, viole, viole, De la mistenflûte, Flûte, flûte, flûte, De la mistenlaire, Laire, laire, laire. Ah! ah! ah! que sais-tu donc faire?

P'tit bonhomm' que sais-tu donc faire Sais-tu jouer de la mistentrompe? Trompe, trompe, trompe, De la mistenflûte, Flûte, flûte, flûte, De la mistenviole, Viole, viole, viole, De la mistenlaire, Laire, laire, laire. Ah! ah! ah! que sais-tu donc faire?

On peut continuer en ajoutant au mot misten tous les noms d'instruments de musique que l'on veut.

Quand on dit mistenlaire, on agite en l'air les deux mains: pour mistenflûte, mistenviole, on imite la manière de jouer de ces différents instruments; enfin en disant: «Ah! ah! ah!» on tourne sur soi-même en frappant trois fois dans ses mains.

[Illustration: deco]

BIRON[13].

[Musique:

Quand Bi-ron vou-lut dan-ser, Quand Bi-ron vou-lut dan-ser, Sa per-ruqu' fit ap-por-ter, Sa perruqu' fit ap-por-ter, Sa per-ru-que à la turque, Ses souliers tout ronds. Vous danse-rez, Bi-ron.

(On répète ces deux mesures autant de fois qu'il est nécessaire.)]

[Note 13: On prétend que cette ronde a été composée à l'occasion du supplice du maréchal de Biron, condamné, sous Henri IV, pour crime de haute trahison.]

Quand Biron voulut danser (bis), Ses souliers fit apporter (bis), Ses souliers tout ronds. Vous danserez, Biron.

Quand Biron voulut danser (bis), Sa perruqu' fit apporter (bis), Sa perruque A la turque, Ses souliers tout ronds. Vous danserez, Biron.

Quand Biron voulut danser (bis), Son habit fit apporter (bis), Son habit De p'tit-gris, Sa perruque A la turque, Ses souliers tout ronds, Vous danserez, Biron.

Quand Biron voulut danser (bis), Sa veste fit apporter (bis), Sa bell' veste A paillettes, Son habit De p'tit gris, Sa perruque A la turque, Ses souliers tout ronds, Vous danserez, Biron.

Quand Biron voulut danser (bis), Sa culott' fit apporter (bis), Sa culotte A la mode, Sa bell' veste A paillettes, Son habit De p'tit gris, Sa perruque A la turque, Ses souliers tout ronds, Vous danserez, Biron.

Quand Biron voulut danser (bis), Ses manchett's fit apporter (bis), Ses manchettes Fort bien faites, Sa culotte A la mode, Sa belle veste A paillettes, Son habit De p'tit gris, Sa perruque A la turque, Ses souliers tout ronds, Vous danserez, Biron.

Quand Biron voulut danser (bis). Son chapeau fit apporter (bis), Son chapeau En clabot, Ses manchettes Fort bien faites, Sa culotte, A la mode, Sa bell' veste A paillettes, Son habit De p'tit gris, Sa perruque A la turque, Ses souliers tout ronds. Vous danserez, Biron.

Quand Biron voulut danser (bis), Son épé' fit apporter (bis), Son épée Affilée, Son chapeau En clabot, Ses manchettes Fort bien faites, Sa culotte A la mode, Sa bell' veste A paillettes, Son habit De p'tit gris, Sa perruque A la turque, Ses souliers tout ronds. Vous danserez, Biron.

Quand Biron voulut danser (bis), Son violon fit apporter (bis), Son violon, Son basson, Son épée, Affilée, Son chapeau En clabot, Ses manchettes Fort bien faites, Sa culotte A la mode, Sa bell' veste A paillettes, Son habit De p'tit gris, Sa perruque A la turque, Ses souliers tout ronds. Vous danserez, Biron.

[Illustration: deco.]

RAMÈNE TES MOUTONS, BERGÈRE.

[Musique:

La plus ai-mable à mon gré. Je vais vous la pré-sen-ter. Nous lui f'rons pas-ser bar-riè-re. Ra-mèn' tes mou-tons, ber-gè-re, Ra-mèn', ra-mèn', ra-mèn' donc Tes mou-tons à la mai-son.]

La plus aimable à mon gré (bis), Je vais vous la présenter (bis). Nous lui f'rons passer barrière. Ramèn' tes moutons, bergère. Ramèn', ramèn', ramèn' donc Tes moutons à la maison (bis).

La jeune fille qui dirige la ronde chante seule les deux premiers vers; puis elle quitte la main de sa voisine (alors la ronde doit s'arrêter), et s'adressant à la compagne qu'elle a quittée, elle se place vis-à-vis d'elle, et l'engage à passer sous l'arc qu'elle forme avec son autre voisine, en élevant le bras. La jeune fille à qui l'on s'adresse doit passer suivie de toutes les autres, qui reviennent former le rond, en chantant le refrain: Ramèn' tes moutons, etc.

[Illustration: deco.]

J'AIMERAI QUI M'AIME.

[Musique:

Met-tez-vous à ge-noux, Met-tez-vous à ge-noux, Met-tez-vous y en-core un coup, A-fin que l'on vous ai-me. Ah! j'aime-rai, j'aime-rai, j'ai-me-rai Ah! j'ai-me-rai qui m'ai-me! ]

Mam'selle, entrez chez nous (bis), Mam'selle, entrez encore un coup, Afin que l'on vous aime; Ah! j'aimerai, j'aimerai, j'aimerai, Ah! j'aimerai qui m'aime.

Une ami' choisissez vous (bis), Choisissez-la encore un coup, Afin que l'on vous aime; Ah! j'aimerai, j'aimerai, j'aimerai, Ah! j'aimerai qui m'aime.

Mettez-vous à genoux (bis), Mettez-vous y encore un coup, Afin que l'on vous aime; Ah! j'aimerai, j'aimerai, j'aimerai, Ah! j'aimerai qui m'aime.

Faites-nous les yeux doux (bis), Faites-nous-les encore un coup, Afin que l'on vous aime; Ah! j'aimerai, j'aimerai, j'aimerai, Ah! j'aimerai qui m'aime.

Et puis embrassez-nous (bis), Embrassez-nous encore un coup, Afin que l'on vous aime; Ah! j'aimerai, j'aimerai, j'aimerai, Ah! j'aimerai qui m'aime.

Revenez parmi nous (bis), Revenez-y encore un coup, Afin que l'on vous aime; Ah! j'aimerai, j'aimerai, j'aimerai, Ah! j'aimerai qui m'aime.

Une jeune fille, placée au milieu du cercle, fait ce que lui indiquent les paroles de la ronde.

[Illustration: deco.]

FAUT QUE LE MAL CÈDE.

Sur l'air de la Boulangère.

[Musique:

Donn'-moi ton bras que j'te gué-risse, Car tu m'as l'air ma-la-de, Donn'-moi ton bras que j'te gué-risse. Car tu m'as l'air ma-la-de, Car tu m'as l'air ma-la-de. Lon la, Car tu m'as l'air ma-la-de, Lon la. Car tu m'as l'air ma-la-de.]

Donn' moi ton bras que j' te guérisse, Car tu m'as l'air malade, Lon la, Car tu m'as l'air malade.

Cueille la plante que voilà, C'est un fort bon remède, C'est un fort bon remède, Lon la, Il faut que le mal cède.

Danse sur le pied que voilà, C'est un fort bon remède, C'est un fort bon remède, Lon la, Il faut que le mal cède.

Frotte bien l'oeil que voilà, C'est un fort bon remède, C'est un fort bon remède, Lon la, Il faut que le mal cède.

Mon baiser te redressera, C'est un fort bon remède, C'est un fort bon remède, Lon la, Il faut que le mal cède.

Dans cette ronde, chacune des jeunes filles simule une infirmité, et celle qui dirige la ronde, en chantant, doit trouver un remède à cette infirmité, jusqu'au couplet de la Bossue, qui termine la ronde.

[Illustration: deco.]

LA BONNE AVENTURE.

[Musique:

Je suis un pe-tit pou-pon De bel-le fi-gu-re, Qui ai-me bien les bon-bons Et les con-fi-tu-res; Si vous voulez m'en don-ner, Je sau-rai bien les man-ger. La bonne aventure, oh! gai! La bonne aventu-re. ]

Je suis un petit poupon De belle figure, Qui aime bien les bonbons Et les confitures; Si vous voulez m'en donner, Je saurai bien les manger. La bonne aventure, Oh! gai! La bonne aventure.

Lorsque les petits garçons Sont gentils et sages, On leur donne des bonbons, De joli's images; Mais quand ils se font gronder, C'est le fouet qu'il faut donner. La triste aventure, Oh! gai! La triste aventure.

Je serai sage et bien bon, Pour plaire à ma mère; Je saurai bien ma leçon, Pour plaire à mon père, Je veux bien les contenter, Et s'ils veulent m'embrasser, La bonne aventure, Oh! gai! La bonne aventure.

Nous n'aurions peut-être pas donné une place à cette ronde très-enfantine, si elle ne rappelait un vieil air sur lequel on a composé diverses chansons. Il paraît que la plus ancienne de ces chansons fut chantée par Antoine de Navarre, duc de Vendôme, qui résidait au château de la Bonnaventure, près le Gué-du-Loir; d'après cela, le refrain devrait être ainsi écrit: La bonne aventure au gué, et non Oh! gai! comme on le trouve souvent.

[Illustration: deco.]

LA MARGUERITE.

[Musique:

Où est la Margue-ri-te? Oh! gai! oh! gai! oh! gai! Où est la Margue-ri-te? Oh! gai! franc ca-va-lier]

Où est la Marguerite? Oh! gai! oh! gai! oh! gai! Où est la Marguerite? Oh! gai! franc cavalier.

Elle est dans son château, Oh! gai! etc. Elle est dans son château, Oh! gai! franc cavalier.

Ne peut-on pas la voir? Oh! gai! etc. Ne peut-on pas la voir? Oh! gai! franc cavalier.

Les murs en sont trop hauts, Oh! gai! etc. Les murs en sont trop hauts, Oh! gai! franc cavalier.

J'en abattrai un' pierre, Oh! gai! etc. J'en abattrai un' pierre. Oh! gai! franc cavalier.

Un' pierr' ne suffit pas, Oh! gai! etc. Un' pierr' ne suffit pas, Oh! gai! franc cavalier.

J'en abattrai deux pierres, Oh! gai! etc. J'en abattrai deux pierres, Oh! gai! franc cavalier.

Deux pierr's ne suffisent pas, Oh! gai! etc. Deux pierr's ne suffisent pas, Oh! gai! franc cavalier.

J'en abattrai trois pierres, Oh! gai! etc. J'en abattrai trois pierres, Oh! gai! franc cavalier.

Trois pierr's ne suffisent pas, Oh! gai! etc. Trois pierr's ne suffisent pas, Oh! gai! franc cavalier.

On continue ainsi autant qu'il y a de jeunes filles. Toutes les jeunes filles, à l'exception d'une, forment un groupe. Elles ont au milieu d'elles une de leurs compagnes dont elles tiennent la robe relevée, comme une cloche renversée. Le franc cavalier s'avance en chantant le premier couplet. Les autres répondent par le suivant, et ainsi jusqu'au cinquième: J'en abattrai un' pierre. Il emmène alors une des jeunes filles, et autant qu'il y en a autour de la Marguerite, autant de fois il enlève une pierre. Quand il n'y en a plus qu'une, qui tient à elle seule la robe de la Marguerite, le franc cavalier s'avance sans chanter et dit: Qu'y a-t-il là dedans? On répond: Un petit paquet de linge à blanchir. Il reprend: Je vais chercher mon couteau pour le couper. Alors on lâche la robe, la Marguerite s'enfuit et toutes courent après elle.

Cette ronde naïve est évidemment issue de celle qui célébrait Ogier le Danois:

Qui est dans ce château? Ogier! Ogier! Ogier! Qui est dans ce château? Beau chevalier.

Pendant la disgrâce et la captivité d'Ogier le Danois, Charlemagne avait menacé d'une mort honteuse quiconque prononcerait devant lui le nom d'Ogier. Trois cents cavaliers se donnent alors le mot; ils viennent devant le palais de Charlemagne crier, comme d'une seule voix: Ogier! Ogier! Ogier! et Charlemagne, n'osant punir la fleur de la chevalerie, aime mieux céder et pardonner à Ogier.

[Illustration: deco.]

MEUNIER, TU DORS.

[Musique:

Meu-nier, tu dors! Ton mou-lin va trop vi-te. Meu-nier, tu dors! Ton mou-lin va trop fort.]

Meunier, tu dors! Ton moulin (bis) va trop vite. Meunier, tu dors! Ton moulin (ter) va trop fort.

Les jeunes filles se divisent en deux bandes, formant un cercle. Les deux premières jeunes filles en tête de chaque bande se regardent et sont suivies chacune d'un nombre égal de leurs compagnes. Ces deux premières se donnent d'abord la main droite, puis se quittent en avançant en sens contraire, et prennent de la main gauche la main gauche de celle qui suit, et ainsi de suite la main droite et la main gauche alternativement, mouvement qui est successivement exécuté par chacune d'elles sur les paroles de la ronde, dont on accélère peu à peu le mouvement.

[Illustration: deco.]

LA VIEILLE.

[Musique:

A Pa-ris, dans u-ne ron-de Com-po-sée de jeu-nes gens. Il se trou-va u-ne vieil-le Qui a-vait qua-tre-vingts ans. Oh! la vieille, la vieille, la vieil-le, Qui croy-ait a-voir quinze ans. Qui croy-ait a-voir quinze ans.]

A Paris, dans une ronde Composée de jeunes gens, Il se trouva une vieille, Qui avait quatre-vingts ans,

Oh! la vieille, la vieille, la vieille, Qui croyait avoir quinze ans.

Il se trouva une vieille, Qui avait quatre-vingts ans. Elle choisit le plus jeune, Qui était le plus galant.

Oh! la vieille, etc.

Elle choisit le plus jeune, Qui était le plus galant. Va-t'en, va-t'en bonne vieille, Tu n'as pas assez d'argent.

Oh! la vieille, etc.

Va-t'en, va-t'en, bonne vieille, Tu n'as pas assez d'argent. Si vous saviez c' qu'a la vieille, Vous n'en diriez pas autant.

Oh! la vieille, etc.

Si vous saviez c' qu'a la vieille, Vous n'en diriez pas autant. Dis-nous donc ce qu'a la vieille? Elle a cent tonneaux d'argent.

Oh! la vieille, etc.

Dis-nous donc ce qu'a la vieille? Elle a cent tonneaux d'argent. Reviens, reviens, bonne vieille, Reviens ici promptement.

Oh! la vieille, etc.

Reviens, reviens, bonne vieille, Reviens ici promptement. On alla chez le notaire: Mariez-nous cette enfant.

Oh! la vieille, etc.

On alla chez le notaire: Mariez-nous cette enfant. Cette enfant, dit le notaire, Elle a bien quatre-vingts ans.

Oh! la vieille, etc.

Cette enfant, dit le notaire, Elle a bien quatre-vingts ans. Aujourd'hui le mariage, Et demain l'enterrement.

Oh! la vieille, etc.

Aujourd'hui le mariage, Et demain l'enterrement. On fit tant sauter la vieille, Qu'elle est morte en sautillant.

Oh! la vieille, etc.

On fit tant sauter la vieille, Qu'elle est morte en sautillant. On regarde dans sa bouche, Ell' n'avait plus que trois dents.

Oh! la vieille, etc.

On regarde dans sa bouche, Ell' n'avait plus que trois dents: Une qui branle, un' qui hoche, Une qui s'envole au vent.

Oh! la vieille, etc.

Une qui branle, un' qui hoche, Une qui s'envole au vent. On regarde dans sa poche, Ell' n'avait qu'trois liards d'argent.

Oh! la vieille, etc.

On regarde dans sa poche, Ell' n'avait qu'trois liards d'argent. Oh! la vieille, la vieille, la vieille, Qui avait trompé l' galant.

[Illustration: deco.]

MON PÈRE M'A DONNÉ UN MARI.

[Musique:

Mon pèr' m'a don-né un ma-ri, Mon Dieu! quel homm' quel pe-tit hom-me! Mon pèr' m'a don-né un ma-ri, Mon Dieu! quel homm', qu'il est pe-tit!]

Mon pèr' m'a donné un mari, Mon Dieu! quel homm'! quel petit homme Mon pèr' m'a donné un mari, Mon Dieu! quel homm'! qu'il est petit!

Je le perdis dans mon grand lit, Mon Dieu! quel homm'! quel petit homme! Je le perdis dans mon grand lit, Mon Dieu! quel homm'! qu'il est petit!

J'pris la chandelle et le cherchis, Mon Dieu! quel homm'! quel petit homme! J'pris la chandelle et le cherchis, Mon Dieu! quel homm'! qu'il est petit!

A la paillasse le feu prit, Mon Dieu! quel homm'! quel petit homme! A la paillasse le feu prit, Mon Dieu! quel homm'! qu'il est petit!

Je trouvai mon mari rôti, Mon Dieu! quel homm'! quel petit homme! Je trouvai mon mari rôti, Mon Dieu! quel homm'! qu'il est petit!

Sur une assiette je le mis, Mon Dieu! quel homm'! quel petit homme! Sur une assiette je le mis, Mon Dieu! quel homm'! qu'il est petit!

Le chat l'a pris pour une souris, Mon Dieu! quel homm'! quel petit homme! Le chat l'a pris pour un' souris, Mon Dieu! quel homm'! qu'il est petit!

Au chat! au chat! C'est mon mari, Mon Dieu! quel homm'! quel petit homme! Au chat! au chat! C'est mon mari, Mon Dieu! quel homm'! qu'il est petit!

Fillettes qui prenez mari, Mon Dieu! quel homm'! quel petit homme! Fillettes qui prenez mari, Ne le prenez pas si petit.

[Illustration: deco.]

RICHE ET PAUVRE.

[Musique:

Ri-che, ri-che que je suis. Se-rai-je tou-jours ri-che? Je ma-rie-rai mes fil-les, A-vec-que cinq cents li-vres; Et mes pau-vres gar-çons, A-vec cent coups d'bâton. Pauvre, pau-vre que je suis, Se-rai-je toujours pau-vre? Mam-zell' se-ra des nô-tres. ]

Riche, riche que je suis, Serai-je toujours riche?

Je marierai mes filles, Avecque cinq cents livres; Et mes pauvres garçons, Avec cent coups d' bâton.

Pauvre, pauvre que je suis, Serai-je toujours pauvre? Mamzell' sera des nôtres.

Dans cette ronde plus que naïve, les jeunes filles se mettent toutes d'un côté, à l'exception d'une seule, qui représente le pauvre. Les premières s'avancent en disant le premier couplet. Lorsque c'est au tour du pauvre à parler, celle qui est seule s'avance en portant son mouchoir ou sa robe à ses yeux comme pour essuyer ses larmes, et elle va prendre une de celles du groupe, ainsi de suite jusqu'à la dernière qui, restée seule, chante le couplet du pauvre, pendant que le groupe nouvellement formé reprend celui du riche.

[Illustration: deco.]

LE RAT DE VILLE ET LE RAT DES CHAMPS.

[Musique:

Au-tre-fois le rat de vil-le In-vi-ta le rat des champs, D'u-ne fa-çon fort ci-vi-le, A des re-liefs d'or-to-lans. Sur un ta-pis de Turqui-e Le cou-vert se trou-va mis: Je laisse à pen-ser la vi-e Que fi-rent les deux a-mis.]

Nous avons vu danser en rond par des jeunes filles la fable de la Fontaine, «le Rat de ville et le Rat des champs.» Elles peuvent la mettre en action selon les paroles, que nous rapportons ici, pour celles qui ne s'en souviendraient pas.

Autrefois le rat de ville Invita le rat des champs, D'une façon fort civile, A des reliefs d'ortolans.

Sur un tapis de Turquie Le couvert se trouva mis. Je laisse à penser la vie Que firent les deux amis.

Le régal fut fort honnête, Rien ne manquait au festin: Mais quelqu'un troubla la fête Pendant qu'ils étaient en train.

A la porte de la salle Ils entendirent du bruit; Le rat de ville détale; Son camarade le suit.

Le bruit cesse, on se retire; Rats en campagne aussitôt; Et le citadin de dire: «Achevons tout notre rôt.

«--C'est assez, dit le rustique; Demain vous viendrez chez moi, Ce n'est pas que je me pique De tous vos festins de roi.

«Mais rien ne vient m'interrompre, Je mange tout à loisir. Adieu donc. Fi du plaisir Que la crainte peut corrompre!»

[Illustration: deco]

CHANSON DE LA MARIÉE.

[Musique:

Nous som-mes v'nus ce soir. Du fond de nos bo-ca-ges, Vous fai-re com-pli-ment De vo-tre ma-ri-a-ge; A mon-sieur votre é-poux Aus-si bien comme à vous. ]

Nous sommes v'nus ce soir, Du fond de nos bocages, Vous faire compliment, De votre mariage, A monsieur votre époux, Aussi bien comme à vous.

Vous voilà donc liée Madame la mariée (bis), Avec un lien d'or Qui ne déli' qu'à la mort.

Avez-vous bien compris C' que vous a dit le prêtre? A dit la vérité, Ce qu'il vous fallait être; Fidèle à votre époux Et l'aimer comme vous.

Quand on dit son époux, Souvent on dit son maître; Ils ne sont pas toujours Doux comme ont promis d'être: Car doux ils ont promis D'être toute leur vie.

Vous n'irez plus au bal, Madame la mariée: Vous n'irez plus au bal, A nos jeux d'assemblées; Vous gard'rez la maison. Tandis que nous irons.

Quand vous aurez chez vous Des boeufs, aussi des vaches, Des brebis, des moutons, Du lait et du fromage, Il faut, soir et matin, Veiller à tout ce train.

Quand vous aurez chez vous Des enfants à conduire, Il faut leur bien montrer Et bien souvent leur dire Car vous seriez tous deux Coupables devant Dieu.

Si vous avez chez vous Quelques gens à conduire, Vous veillerez sur eux; Qu'ils aillent à confesse, Car un jour devant Dieu, Vous répondrez pour eux.

Recevez ce gâteau Que ma main vous présente. Il est fait de façon A vous faire comprendre Qu'il faut pour se nourrir, Travailler et souffrir.

Recevez ce bouquet Que ma main vous présente. Il est fait de façon A vous faire comprendre Que tous les vains honneurs Passent comme les fleurs.

La chanson de la mariée est un exemple de ces rondes qui se rattachent à une coutume locale avec toute la grâce naïve des anciennes traditions. Celle-ci se chante aux noces bretonnes et n'a subi aucun changement depuis le temps de Mme de Sévigné, qui l'écoutait avec plaisir. Les jeunes filles viennent offrir un gâteau et des bouquets à la mariée, en lui donnant les conseils sérieux qui s'appliquent à son nouvel état. Nous croyons que cette ronde pourrait encore s'ajouter à celles que dansent habituellement nos enfants.

[Illustration: deco.]

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