1er décembre 19..
— Jean Tréville, M. le Directeur vous fait demander, me dit un confrère que je rencontrais dans un passage. Je me rendis chez le Directeur, un peu inquiet. Avait-il de mauvaises nouvelles pour moi ?
— Jean Tréville, me dit-il, en entrant, votre évêque vous appelle aux ordres. Vous allez commencer à vous préparer à l’instant. Vous serez ordonné sous-diacre, diacre, prêtre pendant trois jours consécutifs, pour finir le 21 décembre, fête de saint Thomas.
— C’est, M. le Directeur, que je ne sais rien de rien.
— Comment ! vous ne savez rien de rien, et vous êtes au Grand Séminaire depuis quatre ans. Qu’avez-vous fait ?
— Je ne croyais pas que cela dût finir si tôt. J’étais assuré de rester ici jusqu’au printemps.
— Vous êtes un de ceux qui remettent à demain ce qu’ils peuvent faire aujourd’hui, dans l’espoir qu’on le fasse pour eux. Or, comme personne ne pouvait se préparer pour vous, vous êtes surpris. Allez.
Je m’en allai fort bouleversé. Que me restait-il au juste à apprendre ? D’abord la récitation du Saint Office, la célébration de la Sainte Messe, l’administration des sacrements, l’étude d’un peu de rubriques où je n’ai jamais brillé, la revue des principaux traités de théologie morale, la retraite préparatoire.
Et j’ai vingt jours pour tout cela.
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