8 février.
Dès le matin, les paysans des deux sections de la commune étaient réunis devant l’église. Les vieux et les infirmes voulaient se traîner au chef-lieu de canton, qui est à six kilomètres. Mon fils fait atteler pour eux un grand chariot qu’on accepte, et il s’en va à pied avec les jeunes. Sur la route, on rencontre les autres communes marchant en ordre avec leurs vieillards conduits par les voitures des voisins, qui, sans s’être concertés, ont tous eu l’idée de fournir des moyens de transport, et de se servir de leurs jambes plutôt que de laisser un électeur privé de son droit. Pas une abstention ! Ce vote au chef-lieu de canton a paru une espèce de défi qu’on a voulu accepter. – Dans la journée, on vient nous dire que tout est calme, qu’il n’y a pas eu l’ombre d’une querelle, et notre village rentre sans avoir manqué à sa parole.
Les journaux confirment la démission Gambetta, et annoncent l’arrivée à Bordeaux de plusieurs membres du gouvernement de Paris. – Je reçois de Paris une première lettre par la poste ; mais, comme les Prussiens veulent lire notre pensée, on ne se la dit pas et on est moins bien informé que par les ballons.
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