‹ Journal d’un voyageur pendant la guerreChapitre 20 sur 114 · 5 octobre.

5 octobre.

Grâce au bain, à la belle vue et surtout aux excellents amis qui nous comblent de soins et d’affection, nous resterions volontiers ici à attendre la fin de l’épidémie, qui ne cesse pas à Nohant : les nouvelles que nous en recevons sont mauvaises ; mais nous avons un homme avec nous, un homme inoccupé qui veut retourner au moins à La Châtre pour n’avoir pas l’air de fuir le danger commun, puisque le danger approche. Il voulait nous mener, mère, femme et enfants, dans le Midi ; nous disions oui, pensant qu’il y viendrait avec nous, et attendrait là qu’on le rappelât au pays en cas de besoin. Par malheur, les événements vont vite, et quiconque s’absente en ce moment a l’air de déserter. Comme à aucun prix nous ne voulons le quitter avant qu’on ne nous y oblige, nous renonçons au Midi, et nous nous occupons, par correspondance, de louer un gîte quelconque à La Châtre.

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